Mes études à l'étranger : "Les étudiants canadiens sont beaucoup plus sérieux que nous"

Par Pauline Bluteau, publié le 24 Octobre 2022
6 min

Deux mois que Dana, 21 ans, s'est installée à Edmonton dans l'ouest canadien. Un rêve devenu réalité pour cette étudiante qui arrive à profiter de la nature et des grands espaces malgré un emploi du temps un peu chargé et des cours en anglais qu'il ne faut pas négliger.

Décalage horaire oblige, il est tout juste neuf heures du matin lorsque Dana décroche son téléphone. Aujourd'hui, elle n'a pas cours, c'est un jour férié. À Edmonton, il fait beau : "Les Canadiens disent qu'on a de la chance, il fait encore 20 degrés dehors !" Au bout du fil, on entend les oiseaux chanter. "Il y a un écureuil juste en face de moi, c'est trop mignon, je ne m'en lasse pas !" s'exclame l'étudiante.

Arrivée fin août en Alberta, Dana profite du mieux possible de sa nouvelle vie canadienne. Il faut dire qu'elle est bien loin de la région parisienne et de sa troisième année de licence d'anthropologie à l'université de Nanterre. Celle qui rêvait de découvrir ce grand pays depuis ses 16 ans semble conquise.

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Les parcs de Jasper et Banff à proximité d'Edmonton

"Mon objectif en arrivant ici, c'était de trouver quelqu'un qui a une voiture pour aller faire des randonnées dans les parcs", s'amuse Dana. Ce n'est en effet pas vraiment par hasard que l'étudiante en anthropologie a choisi le Canada. Les lacs, les forêts, la nature ont fait d'elle une passionnée du pays. "Je savais que l'université de Nanterre proposait un échange avec Edmonton. La ville est à proximité des parcs de Jasper et Banff donc j'étais ravie", poursuit-elle.

Dès son arrivée, elle a l'opportunité de partir trois jours en pleine nature. "On a fait dix heures de voiture. Ici, on n'a pas du tout la même notion des distances", estime l'étudiante. Par chance et sans rien demander, elle se fait prêter chaleureusement du matériel pour camper.

Elle découvre les couleurs automnales des immenses forêts de sapins. "Les Canadiens sont trop gentils, très amicaux, ça m'a fait bizarre au début, ajoute-elle. La fac a aussi aidé à l'intégration en organisant plein d'activités et des excursions dans les parcs. Certains sont même partis à Toronto, il y a quelques semaines."

Plusieurs excursions sont proposées par l'université pour découvrir les parcs nationaux de Banff et Jasper.
Plusieurs excursions sont proposées par l'université pour découvrir les parcs nationaux de Banff et Jasper. // © Photo fournie par le témoin

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Pas le temps de "niaiser" pendant les études

Une école investie, c'est aussi ce qui a séduit Dana. Au fur et à mesure, elle s'adapte au rythme canadien et à son nouvel emploi du temps. "Le fonctionnement est différent de la France : il n'y a pas de niveau, les étudiants choisissent des mineures et des majeures. Au début, je pensais donc suivre des cours qui m'auraient été proposés en L3 à Nanterre mais je me suis rendu compte que je les avais parfois déjà suivis. Alors, deux semaines après mon arrivée, j'ai complètement changé mon emploi du temps. J'ai pris des cours que je n'aurais pas suivi en France notamment en sciences, des cours aussi qui n'ont rien à voir avec l'anthropologie."

Tous les cours de Dana sont en anglais, une langue qu'elle maitrisait déjà assez bien. Les séances durent entre 50 minutes et 1h20. La journée commence au plus tôt à 8 heures et se termine au plus tard à 21 heures. "Ici, tout le monde est très à l'heure. Quand on a des trous, on va à la bibliothèque, c'est un peu comme en France. Moi qui pensais quand même que le rythme serait tranquille, je me suis bien trompée !" avoue-t-elle.

En effet, pour chaque matière, Dana doit suivre un "text book" d'environ 400 pages. "On doit lire le chapitre avant le cours puis, pendant la séance, on est invité à participer donc si on n'a pas travaillé, on ne sait pas de quoi on parle. Ce n'est pas comme en France où on travaille pour les partiels seulement", détaille-t-elle.

L'université d'Edmonton est située à proximité d'un grand parc.
L'université d'Edmonton est située à proximité d'un grand parc. // © Photo fournie par le témoin

En parlant, de partiels, en octobre, ce sont déjà les examens de mi-semestre, avant le rendu de leur projet en décembre. "Les Canadiens paient cher leurs études alors ils sont très sérieux, ils ne viennent pas pour se faire des amis. Et comme on a toujours des rendus en vue du projet de fin d'année, on a toujours beaucoup de travail."

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Un pays et des habitants pas comme les autres

Mais ce qui lui plait par-dessus tout, ce sont les rencontres qu'elle a déjà pu faire à Edmonton. Dana a préféré se mélanger aux autres étudiants internationaux : des Indiens, des Japonais et des Allemands notamment. "J'ai aussi trouvé une colocation avec six Canadiennes dans une grande maison. D'ailleurs, je suis la seule à cuisiner !" admet-elle en riant.

Trouver un logement a tout de même été sa principale difficulté : le coût de la vie est onéreux et la ville très étendue (près de six fois la superficie de l'Île-de-France). Dana prend donc le bus pour se rendre à l'université. "J'ai un peu peur de ce que ça va donner durant l'hiver avec la neige… Surtout que les bus, eux, ne sont jamais à l'heure. Mais bon, les chauffeurs sont toujours sympas, c'est plus relax ici."

Devenir bilingue, se faire de nouveaux ami(e)s et découvrir un autre mode de vie, aucune ombre au tableau, le contrat est rempli. Ne reste plus qu'à admirer les aurores boréales. "Qu'est-ce que cela m'apporte d'être ici ? Oh bah, j'ai quand même réalisé mon rêve…", conclut-elle.

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