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Coronavirus : les étudiants "acteurs éminents de la santé publique" vont au combat

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En cette période de crise, les internes participent aux soins des malades au sein des équipes médicales. // © Gorodenkoff / Adobe Stock
En cette période de crise, les internes participent aux soins des malades au sein des équipes médicales. // © Gorodenkoff / Adobe Stock

Face à l'épidémie de coronavirus qui continue de se propager en France, les formations en santé devraient passer à l'enseignement à domicile. Mais hors de question pour les étudiants de déserter les hôpitaux, leur terrain de stage. Les internes en médecine et en pharmacie, comme tous les étudiants paramédicaux et médicaux, sont appelés à rejoindre la réserve sanitaire.

Même en ces temps de coronavirus, hors de question pour les étudiants en santé de déserter les hôpitaux. Ils iront aussi au combat. "L’activité au lit du malade, essentielle pour leur formation, l’est aussi pour la communauté médicale et soignante et pour les malades eux-même. Dans ces moments de crise sanitaire, ils sont des acteurs éminents de la santé publique, c’est l’une des compétences qu’ils doivent acquérir au cours de leurs études", explique le président de la Conférence des doyens des facultés de médecine, Patrice Diot.

Il estime que "la solidarité est au cœur de la vocation médicale et soignante. Les enseignants de médecine, eux-mêmes totalement investis, sont fiers de l’engagement de leurs étudiants au service de nos concitoyens".

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Externes et internes, tous mobilisés à leur niveau

Les externes (deuxième cycle), doté d’un statut d'étudiants hospitaliers vont continuer d’effectuer des stages au sein des hôpitaux, malgré la crise sanitaire. "Il faut être vigilant à bien les former aux mesures d’hygiène. Ils doivent savoir quel type de masques porter et quand, comment s’habiller pour se rendre dans la chambre d’un patient potentiellement affecté par le coronavirus…", prévient Sébastien Villard vice-président chargé des études médicales à l'Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF).
Des étudiants de médecine, y compris en premier cycle, sont déjà mobilisés à faire de la régulation au SAMU.

Les internes (étudiants de troisième cycle), quant à eux, participent aux soins des malades au sein des équipes médicales. Et sont amenés à intervenir auprès de patients infectés par le coronavirus. Ce qui suscite des craintes légitimes auprès de leurs syndicats. "Ils sont déjà habituellement sur-sollicités par l’hôpital, avec un temps de travail avoisinant les 58 heures hebdomadaires, alors que le maximum légal est de 48 heures, explique Léonard Corti, secrétaire général de l'InterSyndicale Nationale des Internes (ISNI). Nous craignons une explosion du temps de travail. Avec ce que cela peut comporter de risques psychosociaux liés à la fatigue, au stress."

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Les étudiants paramédicaux et médicaux appelés à rejoindre la réserve sanitaire

Les internes en médecine et en pharmacie, comme tous les "étudiants paramédicaux et médicaux, peuvent aussi devenir réservistes sanitaires", écrit Santé publique France. Ils sont ainsi appelés à rejoindre le corps, composé de soignants (médecins, infirmiers, aides-soignants…) et de non-soignants (secrétaires médicaux, psychologues…), qui intervient en cas de crise sanitaire ou de catastrophe naturelle. Dans un communiqué commun publié mardi 10 mars, l'Ordre des médecins, l'Ordre des infirmiers et Santé publique France ont en effet appelé les soignants "qui le peuvent à rejoindre la réserve sanitaire".

Les étudiants en pharmacie répondront aussi présents l’hôpital ou en officine. "L'Association nationale des étudiants en pharmacie de France (ANEPF) se mobilise à ce sujet pour créer un espace permettant de mettre en lien les officines dans le besoin avec les étudiants volontaires afin de pallier le potentiel manque de professionnels de santé ou de surcharge de patients", explique explique Kevin Bouchenak, en charge de l'enseignement supérieur à l'ANEPF. Ils apporteront leurs compétences au service de la santé publique que ce soit dans la prise en charge des patients, la pharmacie clinique ou le dépistage".