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Décryptage

Médecine : les internes franciliens obligés de choisir à nouveau leur stage

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La procédure concerne 490 internes de médecine générale. // © Richard DAMORET/REA
La procédure concerne 490 internes de médecine générale. // © Richard DAMORET/REA

La procédure de choix des stages des internes de médecine en Île-de-France, de deuxième et troisième années, est relancée, à quelques jours de la rentrée. En cause : une erreur administrative qui tombe à pic. Une nouvelle répartition de postes est en train d'être élaborée pour éviter une crise sanitaire dans les hôpitaux de la grande couronne parisienne.

"Manque de respect", "grand n'importe quoi"… Sur les réseaux sociaux la colère des internes franciliens ne retombe pas. Ils sont "affligés" de devoir à nouveau choisir leur stage du prochain semestre. À la suite d'une irrégularité, l’ARS, (Agence Régionale de Santé), vient de décider de relancer la procédure de choix les 28 et 29 octobre, pour des stages débutant vers le 6 novembre.

L'ARS invoque une atteinte au principe d'égalité

"Il est apparu ce jour, à l’occasion d’un nouveau contrôle de conformité de la procédure engagée depuis début octobre, qu’un interne avait pu choisir un poste alors qu’il avait d’ores et déjà validé ses six semestres d’internat de médecine générale, fait savoir l’ARS dans un communiqué. Le choix de ce poste, intervenu au tout début de la procédure et ayant mécaniquement privé un autre interne de cette possibilité, est constitutif d’une atteinte au principe d’égalité."

La relance de la procédure de choix concerne 490 internes de médecine générale dits "ancien régime et en phase d’approfondissement", c’est-à-dire en train d’effectuer leurs deuxième et troisième années d’internat.
"Le fait que cette erreur ait été détectée aussi tardivement chamboule les internes qui s’étaient organisés, treize jours avant leur rentrée, proteste Anna Di Giuseppe du SRP-IMG, syndicat représentatif parisien des Internes en médecine. Un changement de lieu de stage n’est pas anodin. Cela contraint à reconsidérer nombre de paramètres, dont les transports".

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Une erreur qui tombe à pic

Par ailleurs, les résultats de la procédure de choix des internes, "laissaient craindre des tensions très fortes dans certains services de pédiatrie, du fait d’une répartition qui n’était pas en adéquation avec les besoins de fonctionnement de ces services", fait savoir l’ARS. En clair, une erreur dans la répartition initiale des postes risquait de laisser les hôpitaux de petite et de grande couronne parisienne en sous-effectif. Une trentaine de chefs de service de pédiatrie franciliens disaient craindre une "crise sanitaire", dans un communiqué publié récemment. L’ARS annonce qu’une commission se réunit aujourd’hui, mardi 22 octobre, afin d’élaborer une nouvelle proposition de répartition.

Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, s’est dite "extrêmement en colère", la veille sur LCP/Public Sénat . Elle a indiqué qu’une prime de 500 euros par mois sera allouée "aux internes qui accepteraient d’aller travailler dans la grande couronne plutôt que dans un service dans Paris intra-muros".
Mobiliser des étudiants pour que soit évitée une crise sanitaire, ce n’est pas du goût des syndicats. "Nous tenons à rappeler que les internes sont en formation et qu’ils ne devraient pas être indispensables au bon déroulement d’un service", reprend Anna Di Giuseppe.