1. PACES : le redoublement en moins, un oral en plus
Décryptage

PACES : le redoublement en moins, un oral en plus

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Fin du concours PACES dès la rentrée 2020 // © Virginie Bertereau
Fin du concours PACES dès la rentrée 2020 // © Virginie Bertereau

Quatre universités parisiennes vont expérimenter, à partir de septembre 2018, un nouveau processus de sélection pour les études de santé appelé "PACES 1". L'entrée en deuxième année se fera via un écrit et un tout nouvel oral de rattrapage. Le redoublement sera quant à lui remplacé par le dispositif AlterPACES.

Aujourd'hui, tous les étudiants ne peuvent pas doubler la PACES. Le seuil de redoublement, fixé par chaque université dans le cadre de la loi, est compris entre 2,5 et 3 fois le numérus clausus. Dès la rentrée prochaine, quatre universités parisiennes (Paris-Descartes, Sorbonne université, Paris-Diderot, Paris-Est-Créteil), et très probablement les universités de Lille et de Bretagne occidentale, vont expérimenter un nouveau processus de sélection intitulé "PACES 1".

Deux principaux changements : le dispositif AlterPACES (rejoindre la deuxième année des études de santé après une deuxième ou troisième année de licence) va être généralisé pour se substituer au redoublement. Par ailleurs, un oral permettra de repêcher les candidats recalés de justesse à l'écrit.

Plusieurs voies d'accès, plusieurs profils

Auront accès à la deuxième année des études de santé, les étudiants issus d’AlterPaces et de la PACES. Parmi ces derniers, entre 70 et 80 % auront réussi les écrits, quand les 20 à 30 % restants seront passés par l’oral de repêchage. Pour le dire autrement, une faculté qui disposerait d'un numérus clausus de 100 places, et qui en consacrerait 20 au dispositif AlterPACES, offrirait 80 places aux étudiants issus de la PACES, 70 après l'écrit et 10 après l'oral.

Le nombre d'étudiants en PACES autorisés à passer cet oral d'une durée de 30 à 40 minutes oscillera entre deux et trois fois le nombre de places offertes à l'oral. Le jury s’appuiera sur des grilles d’évaluation précises, qui prendront en compte les connaissances, les compétences, la motivation et le projet professionnel des candidats. Ces derniers suivront une formation à l'université pour se préparer à cet oral d'un genre particulier. Par ailleurs, une UE (unité d'enseignement) préparation du projet professionnel devrait également voir le jour.

AlterPACES, la deuxième chance

Les étudiants qui auront échoué en PACES auront la possibilité, comme c'est déjà le cas dans certaines universités, de s'inscrire en deuxième année de licence et de rejoindre le dispositif AlterPACES, qui va être généralisé pour représenter jusqu'à 30 % du numérus clausus (nombre de places disponibles en deuxième année). Ces étudiants recalés pourront ainsi retenter leur chance après une deuxième ou troisième année de licence, selon les universités. Une possibilité qui présente l'avantage d'éviter les redoublements et le stress d'une deuxième année de concours, tout en validant des années de formation.

Un super-numérus clausus en 2018

Certains enseignants alertent sur le risque de rupture d'égalité entre les candidats lors de l'année de transition. En effet, en 2018–2019, les promotions parisiennes des quatre universités accueilleront à la fois des doublants et des primants qui n'auront qu'une seule et unique chance au concours PACES.

Afin que les primants aient, d'un point de vue mathématique, autant de chances que les doublants, les ministères pourraient notamment décider d'augmenter le numérus clausus de manière significative (de l'ordre de 25 %) cette année-là.

Quels que soient les résultats de cette expérimentation la PACES devrait faire l'objet d'une réforme de son contenu pour la rentrée 2019. Avec, pour objectif principal, moins de bachotage.