SNU : une expérience "intense et enrichissante" pour les volontaires

Par Pauline Bluteau, publié le 06 Avril 2020
7 min

Clara, Gwendoline et Arthur ont participé à la première édition du service national universel (SNU), en juin dernier. Ils reviennent, avec un peu de nostalgie, sur cette expérience qui les a marqué afin d’encourager les futurs volontaires à s’inscrire pour la session 2020.

Lancé en juin 2019 pour une phase test, le SNU avait rassemblé plus de 2.000 jeunes volontaires venant de 13 départements. Cette année, le dispositif, qui doit à terme remplacer l’actuelle journée de défense et de citoyenneté (JDC), concerne la France entière. Tous les jeunes âgés de 15 à 17 ans peuvent y participer. Que vous soyez lycéen, apprenti, jeune travailleur ou sorti du système scolaire, il n’y a pas de conditions à respecter, si ce n’est que vous devez être dans votre année suivant la classe de troisième.

Avec la pandémie de coronavirus, le gouvernement a décidé de prolonger le délai des inscriptions pour la session 2020. Aucune date n’a pour le moment été précisée. Vous avez donc encore quelques semaines pour postuler. En attendant, Clara, Gwendoline et Arthur reviennent sur l’expérience qu’ils ont vécu l’année dernière. Une aventure qu’ils ne sont pas près d’oublier.

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Une bonne ambiance assurée

"J’étais impatiente de participer au SNU mais au moment de partir, je n’avais plus du tout envie d’y aller. C’est quand même très stressant, on ne connait personne !" raconte Gwendoline, 17 ans. Des craintes qui ont disparu dès qu’elle est arrivée dans son unité, à Vannes, en Bretagne. Loin de leurs proches et sans téléphone pendant deux semaines, les volontaires n’ont pas d’autre choix que d’apprendre à se connaitre. "Au début, on n’a aucun repère, j’avais très peur de ne pas réussir à m’intégrer et puis, comme personne ne se connait, on va naturellement vers les autres et on se fait de très très bons amis", assure Arthur, 17 ans.

Les volontaires du SNU 2019, à Vannes, en Bretagne.
Les volontaires du SNU 2019, à Vannes, en Bretagne. // © Photo fournie par le témoin
Les activités sportives dans la forêt pour les volontaires en Guyane.
Les activités sportives dans la forêt pour les volontaires en Guyane. // © Photo fournie par le témoin

Toutes les activités contribuent également à favoriser cet esprit de solidarité. Défilé du 14 juillet, cérémonie du 18 juin, fête de la musique, secourisme en mer, match de la Coupe du monde de foot féminin, séances de sport avec des pompiers… Ce sont autant de moments qui ont marqué les volontaires.

De son côté, Clara, originaire du Puy-de-Dôme, a eu l’opportunité d’effectuer son SNU en Guyane, seul département d'Outre-mer concerné en 2019. "Le meilleur moment de mon séjour, c’est lorsque nous avons assisté au décollage d’une fusée, explique la lycéenne. Je me suis sentie extrêmement chanceuse. On a ensuite passé une nuit dans la forêt amazonienne. On a mangé des rations de combat, comme des militaires, on a fait un feu de camp, on a dormi dans des hamacs et nos tuteurs nous ont raconté plein d’anecdotes sur leur métier. C’était incroyable et cela a permis de créer des liens très forts."

En Guyane, les volontaires ont assisté au décollage d'une fusée.
En Guyane, les volontaires ont assisté au décollage d'une fusée. // © Photo fournie par le témoin

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Des règles strictes plutôt que "militaires"

D’après Gwendoline, ce nouveau cadre, en dehors de l’école, est un très bon moyen de faciliter les échanges. La lycéenne définit le SNU comme une "colonie de vacances très encadrée". "Tous les soirs, il y avait un temps pour se retrouver entre chambrées et discuter de la journée. Chacun respectait la parole de l’autre et personne n’hésitait à prendre la parole. Je crois que l’uniforme, même s’il ne m’emballait pas beaucoup, nous a permis d’être moins dans le jugement."

C’est d’ailleurs ce côté "militaire" qui a plu aux volontaires. Au départ réticents à l’idée d’être encadrés par des gendarmes, Gwendoline, Clara et Arthur ont très vite adopté leurs tuteurs. "On a essayé d’enfreindre quelques règles mais les sanctions sont tombées : on devait manger en dernier, faire le ménage et la vaisselle… Ils nous ont fait comprendre pourquoi le respect de ces consignes était nécessaire et ça a marché : on a fait nos lits au carré, on était ponctuels…", confie Arthur. "Finalement, ce n’est que lors de la cérémonie de levée des drapeaux, le matin, que les militaires étaient le plus présents", estime Gwendoline.

La cohésion de groupe : une valeur importante pour les volontaires.
La cohésion de groupe : une valeur importante pour les volontaires. // © Photo fournie par le témoin

La deuxième phase en ligne de mire

Pendant ces deux semaines, les volontaires ont aussi beaucoup appris sur eux. Pour Clara, le SNU lui a confirmé sa volonté de devenir gendarme et de s’engager en tant que réserviste. "Je me suis rendu compte que l’entraide était primordiale pour avancer dans la vie, qu’il faut respecter les anciens et que nous avons beaucoup de chance de vivre en France", admet-elle. Gwendoline a été séduite par cette volonté de transmettre des valeurs communes. "Aujourd’hui, je me sens plus ouverte d’esprit, je suis attentive aux autres et j’ai confiance en moi." Quant à Arthur, même s’il avoue avoir eu quelques "coups de mou" pendant les deux semaines, le SNU lui a permis de voir de quoi il était capable. "Il suffit de parler aux autres pour s’en sortir. Même si on craque, on est très bien entouré."

Tous pensent déjà à la deuxième phase du SNU : la mission d’intérêt général. Les volontaires ont un an pour la réaliser, au sein d’associations, de corps en uniforme… Arthur a déjà prévu d’être animateur pour les colonies de vacances avant d’effectuer son service militaire, "le vrai de vrai". "Il ne faut pas être inquiet pour la seconde phase. Là encore, on est très encadrés et les organisateurs nous aident à trouver une mission", prévient Clara.

Pour tous les trois, le SNU reste une expérience exceptionnelle. "Si je pouvais le refaire, je le ferais sans hésiter, c’est une aventure incroyable et unique…", conclut Clara.

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