Deux étudiantes parcourent le Cambodge à vélo pour une association humanitaire

Par Amélie Petitdemange, publié le 05 Mai 2021
5 min

VOUS FAITES L'ACTU. Partir six mois sur les routes du Cambodge et de la France en vélo. C’est le défi de deux étudiantes lilloises pour aider l'association de parrainage scolaire Enfants du Mékong.

Flavie et Clotilde, 22 ans, sont amies de longue date. Flavie étudie la médecine à Lille (59) et Clotilde est en master de marketing à l’IESEG (Lille). Depuis janvier, les deux jeunes femmes ont mis leurs études en pause pour vivre une aventure humanitaire.

Elles ont proposé à l’association de parrainage scolaire Enfants du Mékong de partir en vélo à la rencontre des enfants. Objectif de ce projet baptisé "Happy'Cyclette" : réaliser un documentaire pour montrer aux parrains l’utilité de leur don et en recruter davantage. Un challenge sportif et logistique pour ces deux étudiantes pas particulièrement sportives, en pleine pandémie de Covid-19.

"Il faut se battre et s’adapter"

"On avait prévu de faire toute l’Asie du Sud en six mois mais c’était impossible avec les restrictions sanitaires. On a donc choisi de partir trois mois au Cambodge, car la situation sanitaire y était la meilleure. Les trois autres mois seront dédiés à rencontrer des parrains en France. Je veux montrer aux étudiants qu’il y a des moyens de rebondir. Ce n’est vraiment pas facile mais il faut se battre et s’adapter", témoigne Clotilde.

Quant au vélo, leurs mollets se sont rapidement habitués, et aucun problème mécanique ne les a arrêtées. "Un miracle !" rit Clotilde. "C’est un super moyen de voyager, ça permet d’atteindre des endroits inaccessibles en voiture et d’être au contact de la population. Les personnes étaient ouvertes à la rencontre car ils voyaient qu’on faisait des efforts pour venir".

 Clotilde et Flavie ont pédalé sur près de 2.000 kilomètres au Cambodge de janvier à avril.
Clotilde et Flavie ont pédalé sur près de 2.000 kilomètres au Cambodge de janvier à avril. // © Photo fournie par le témoin

"Des cas de Covid sont arrivés"

La situation sanitaire a, elle, empirée au fil de leur voyage, obligeant les étudiantes à s’adapter. "Les deux premiers mois, c’était tranquille. Nous avons juste été en quarantaine en arrivant. Il y avait très peu de cas au Cambodge. On allait faire nos courses sans masque, c’était très étrange ! Puis des cas de Covid sont arrivés de l’étranger et ça a pris de grosses proportions", se souvient Clotilde.

Le périple de 2.500 kilomètres devient alors impossible car l’est du pays est inaccessible. Certaines provinces ferment. "Les mesures sont mises en place dès le lendemain des annonces. Un matin, on est restées coincées dans une ville !" Clotilde et Flavie ont donc aidé l’association sur place au niveau administratif, le temps de pouvoir quitter la province. Elles ont tout de même réussi à voir tous les filleuls prévus.

Écoles fermées

"Le dernier filleul m’a particulièrement touché", raconte Clotilde. “Il s’appelle Sivpav et il a douze ans. Son papa est décédé et sa maman travaille à Phnom Penh, à huit heures de route de son village. Il vit donc seul avec sa grand-mère qui est aveugle. C'est lui qui tient la maison, qui fait les tâches ménagères, mais à côté de ça, il est premier de sa classe… J’étais tellement impressionnée !"

Quand les deux compagnonnes de route arrivent à sa rencontre, les écoles venaient de fermer. "Il n’avait pas les moyens d’avoir un téléphone portable et ses copains qui en avaient étaient loin. Il était tellement bien parti et maintenant, il ne peut suivre aucun cours. J’espère que l’association va trouver un moyen de l’aider".

Flavie (à gauche) et Clotilde (à droite) avec l'un des filleuls rencontrés au cours de leur voyage.
Flavie (à gauche) et Clotilde (à droite) avec l'un des filleuls rencontrés au cours de leur voyage. // © Photo fournie par le témoin

2.500 kilomètres de vélo en France

L’entente entre les deux jeunes femmes était aussi au beau fixe. "Quand on pédale sous 40° avec beaucoup de circulation, on peut être vite énervée. Mais on savait se laisser de l’espace pour respirer", assure Clotilde. Avant leur départ, elles s’étaient écrit une lettre avec leurs attentes personnelles et professionnelles du projet. "Je pense que ça nous a beaucoup aidé d’avoir le point de vue de l’autre", souligne Clotilde.

Après avoir pédalé sur près de 2.000 kilomètres au Cambodge de janvier à avril, Clotilde et Flavie sont donc de retour en France. Elles ont prévu un nouveau parcours en vélo de 2.500 kilomètres pour rencontrer des donateurs à Lyon, Marseille, Montpellier, Toulouse, Bayonne, Bordeaux, Nantes, Paris et Lille. Elles pensent aussi donner des conférences pour raconter leur expérience et recruter de nouveaux parrains. Le confinement étant levé depuis le lundi 3 mai, elles s’apprêtent à enfourcher leurs vélos pour cette seconde partie de leur aventure.

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