Gabriel Bordier, un étudiant en médecine sur la route des JO de Tokyo

Par Florian Dacheux, publié le 15 Juillet 2021
5 min

VOUS FAITES L'ACTU. Étudiant en médecine à l’université d’Angers, Gabriel Bordier est également un sportif de haut niveau. Champion de France de marche athlétique, il s’apprête à participer aux Jeux olympiques de Tokyo. Rencontre avec un jeune homme qui mène de front deux carrières ambitieuses.

À 23 ans, Gabriel Bordier n’est pas tout à fait un étudiant comme les autres. Alors qu’il a passé le concours de l’internat en médecine en juin dernier, il s’apprête à s’envoler pour Tokyo pour participer aux Jeux olympiques, du 23 juillet au 8 août 2021, sur l’épreuve du 20 km marche.

Originaire de Saint-Berthevin en Mayenne (53), le jeune homme côtoie en effet les pistes d’athlétisme depuis sa plus tendre enfance. Une passion entamée dès l’âge de six ans qu’il perpétue aujourd’hui au plus haut niveau national.

"Je suis toujours licencié dans mon club d’enfance de l’US Saint-Berthevin, confie le Mayennais. La piste est à 200 mètres de la maison de mes parents et j’ai toujours beaucoup d’amis là-bas. J’y ai tout appris. Les premières années, on touche à tout : du saut en longueur, de la course, du lancer. J’ai commencé à me spécialiser en marche athlétique à mes 15 ans avant de participer à mes premiers championnats de France à 16 ans."

Pour l'heure, Gabriel Bordier, au centre de la photo, ne souhaite pas choisir entre la médecine et le sport.
Pour l'heure, Gabriel Bordier, au centre de la photo, ne souhaite pas choisir entre la médecine et le sport. // © KMSP/FFA

Un étudiant mobilisé pendant la crise sanitaire

En parallèle, son profil scientifique l’amène tout naturellement vers l’obtention d’un bac S option SVT. Inscrit depuis à l’université d’Angers (49), il est à l’aube de sa sixième année de médecine. Autant dire qu’il est loin de s’ennuyer. "J’ai dû étaler ma cinquième année sur deux ans afin d’avoir un semestre libre pour m’entraîner, puis finalement il y a eu le Covid-19 et beaucoup de compétitions ont été annulées", explique-t-il.

Pour s’occuper et poursuivre sa formation, Gabriel est allé de lui-même proposer ses services à ses collègues du CHU d’Angers confronté dès le printemps 2020 à la crise sanitaire. "Au lieu de rester à ne rien faire, j’ai préféré prêter main forte. Je me suis retrouvé dans le service gériatrie où j’avais déjà réalisé un stage."

Alors qu’il vise comme premier vœu une spécialisation en rhumatologie, le triple champion de France doit pour l’heure se concentrer sur Tokyo. "Ma préparation ressemble beaucoup à celle d’un coureur sur semi-marathon. Je fais 100 km en moyenne par semaine. J’alterne la marche, la course, le vélo et un peu de natation."

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Objectif Paris 2024

Considéré comme un grand espoir de l’élite mondiale, Gabriel ne se fixe pas pour autant des objectifs précis pour Tokyo. Conscient de son potentiel, il souhaite surtout emmagasiner de l’expérience pour être performant aux JO de Paris 2024. "J’y vais sans pression tout en allant chercher tout ce que je pourrais grapiller, commente-t-il. L’an prochain, j’aurais également les championnats du monde qui me permettront de savoir où j’en suis réellement."

Fan du Français Yohann Diniz, la référence de la discipline, Gabriel n’entend pas non plus faire un choix définitif concernant sa carrière professionnelle. "Depuis la terminale, je me donne à fond dans les deux. Le sport me permet de penser à autre chose, de souffler, de décompresser, et inversement. J’ai besoin des deux pour vivre. Pour le moment, j’arrive à trouver les aménagements qu’il faut pour concilier les deux, donc je ne vois pas pourquoi j’arrêterai l’un ou l’autre."

Prêt pour sa première aventure olympique, Gabriel rejoindra Tokyo le 26 juillet prochain. Avant de prendre la route vers l’île montagneuse d’Hokkaido, située au nord du Japon, où se déroulera le 5 août l’épreuve du 20 kilomètres marche masculin en plein cœur du Parc Odori de Sapporo.

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