Retour des maths au lycée : est-ce suffisant pour les études supérieures ?

Par Marine Ilario, publié le 23 Novembre 2022
6 min

Écoles de commerce, d’ingénieurs, licences d’économie, PASS, L.AS… L’ajout d’une heure et demie de mathématiques dans le tronc commun en première ne suffira pas toujours pour s'orienter dans ces filières. Explications.

Si le retour des maths dans le tronc commun en classe de première a engendré de nombreuses réactions d’enseignants de lycées, dans l’enseignement supérieur, on salue ce retour.

"Les maths sont importantes parce qu’elles apportent un raisonnement et une logique appréciés dans beaucoup de filières", explique Violaine Aubert, professeur de mathématiques en classe prépa ECG (économique et commerciale générale).

En licence d’économie, école de commerce ou d’ingénieurs, prépa scientifique ou économique, études de santé… les maths sont incontournables. Mais dans chacune de ces formations, elles n’ont pas le même poids. Alors, dans quelle mesure le retour des maths dans le tronc commun peut suffire à les intégrer ?

1 h 30 de maths : un bon début mais pas suffisant

Difficile de se prononcer sur cette question tant que le futur programme des cours de maths du tronc commun n’est pas totalement arrêté. Car si le retour des maths est vu comme une bonne chose, 1 h 30 semble trop peu pour intégrer les concepts de base.

Comme le rappelle David Choimet, président de l’UPS (union des professeurs de classes préparatoires scientifiques), "en maths, le temps d’enseignement est capital. Il y a une dimension technique qui nécessite un entraînement long et répétitif pour acquérir les bases".

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Incertitudes autour de l'option maths complémentaires

L'important pour de nombreuses filières du supérieur, c’est de faire des mathématiques jusqu'à la fin de la terminale. Ce qui est désormais possible pour tout lycéen général : après avoir suivi les cours du tronc commun en première, l’option maths complémentaires est ouverte en terminale.

Mais cela soulève une crainte concernant le niveau des élèves. Car l'option maths complémentaires accueillera à la fois des élèves ayant fait 4 h de maths en première (avec la spécialité), et ceux n'ayant fait qu'une 1 h 30 de tronc commun. Ce qui engendrera des inégalités et de nouvelles incertitudes.

En santé, la spécialité maths pas obligatoire

Par exemple, pour intégrer des études de santé, vous n’êtes pas obligé de choisir la spécialité maths. Malgré tout, suivre un enseignement en mathématiques jusqu'au bac est un plus, à travers l'option maths complémentaires.

Les lycéens n'ayant suivi que les maths du tronc commun en première devront alors s'assurer de pouvoir suivre en maths complémentaires l'année suivante. Au risque de ne pas avoir les acquis pour s'épanouir dans l'option et de se décourager pendant l'année, réduisant ainsi leurs chances de réussir en études de santé.

Pour l'économie, faire des maths jusqu'au bac

Même topo pour les licences d’économie. Le poids des maths y est important, mais pas au point de rendre la spécialité obligatoire en terminale. En revanche, "prendre l’option maths complémentaires est intéressant, car dans le programme, on retrouve beaucoup de probabilités et de statistiques, ce qui correspond à nos attendus" explique Sébastien Courtin, responsable de la licence économie et gestion de l’université de Caen.

Dérivations, fonctions logarithmes et exponentielles, probabilités, statistiques… Autant de notions que vous devez maîtriser pour suivre en licence, et qui sont présentes dans l'option maths complémentaires. Là encore, se passer de la spécialité en première ne tient que si le programme de tronc commun permet de suivre l'option en terminale.

Pour intégrer une école de commerce, "il n’y a pas d’obligations, mais si vous détestez les maths, ça va être compliqué", souligne Céline Verdrière, directrice du recrutement et des concours de l’Ieseg. L’option maths complémentaires est une alternative envisageable.

Sans oublier que "pour l’épreuve de maths du concours Accès (concours d’entrée dans trois écoles de commerce postbac, NDLR), le programme comporte surtout des questions du programme de maths complémentaires".

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Le tronc commun de maths insuffisant pour faire des sciences

Autant le dire tout de suite, les cours de maths du tronc commun ne suffiront pas pour intégrer une classe prépa ou une école d’ingénieurs. "Dans des prépas scientifiques comme MPSI, PSI… il y a 10 heures de maths !" rappelle David Choimet, qui précise tout de même que les dossiers sont examinés "au cas par cas".

Pour les formations scientifiques, la spécialité maths en première et en terminale est donc fortement conseillée. Tout comme en prépa ECG où "l’option maths complémentaires n’est pas suffisante, surtout si on souhaite intégrer la filière maths approfondies", selon Violaine Aubert.

Alors maths du tronc commun, option maths complémentaires ou spécialité maths ? Quoi qu’il en soit, et quelle que soit la formation que vous souhaitez intégrer après le bac, pour connaître leurs attendus, rendez-vous sur Parcoursup ou prenez contact directement avec les établissements.

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