1. Quel avenir pour les métiers de l'immobilier ?
Interview

Quel avenir pour les métiers de l'immobilier ?

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Environnement, finance, droit… les métiers de l’immobilier nécessitent d’avoir des compétences dans de multiples domaines. Nos experts vous conseillent sur les meilleurs choix à faire dès aujourd’hui pour s’intégrer et évoluer au mieux dans ce secteur.

Nicolas Tarnaud, titulaire de la chaire immobilier et société à Reims Management School.


"Il y a beaucoup d’opportunités au niveau européen"

"Chaque année, l’immobilier a besoin de plus de 1.000 diplômés titulaires au minimum d’un bac+5. Avec la financiarisation de nos métiers, la prime est aujourd’hui à ceux qui ont une double compétence en immobilier et en finance. Je conseille aux étudiants de soigner leur formation de base, qui doit être solide (culture générale, économie, finance), et de la compléter ensuite par une spécialisation en immobilier. Il ne faut surtout pas oublier l’anglais, parce qu’il y a beaucoup d’opportunités au niveau européen, sans compter que les acteurs étrangers investissent également en France. Si l’immobilier tertiaire attire les investisseurs, il y a aussi de belles opportunités dans le résidentiel ou dans le secteur social. C’est un choix à faire dès le départ, car les secteurs restent hermétiques. Enfin, il faut évoquer le métier d’expert immobilier, un métier qui ne connaît pas la crise, accessible avec un bac+2 suivi d’une formation sur le terrain (un stage long, par exemple). Les grands groupes en recrutent très régulièrement et c’est un excellent tremplin pour évoluer."


Jérôme Dauchez, membre de l’UNIS (Union des syndicats de l’immobilier) et vice-président du Groupe Dauchez (gestion de copropriétés et transactions)


"Gérer un bien immobilier fait intervenir des aspects juridiques, comptables, fiscaux et techniques"

"Notre secteur a constamment du mal à recruter, que ce soit dans la transaction ou la gestion. Outre les cursus dédiés, BTS (brevets de technicien supérieur) et masters d’école comme à l’ESPI [École supérieure des professions immobilières], il y a également de la place pour des diplômés issus de cursus spécialisés. En effet, gérer un bien immobilier fait intervenir des aspects juridiques, comptables, fiscaux et techniques, avec une législation et une réglementation changeantes et croissantes. Nous avons ainsi une pénurie notoire de comptables pour la gestion d’immeubles, de juristes ayant une double spécialité en immobilier et de techniciens capables de valoriser les immeubles tout en intégrant les nouvelles dimensions liées aux économies d’énergie. Ces métiers très variés peuvent s’exercer en tant que salarié ou à son compte."


Florence Darmon, directrice générale de l’ESTP (École spéciale des travaux publics, du bâtiment et de l’industrie)


"Nous formons de plus en plus de jeunes avec des profils multifonctions"

"À la demande des entreprises, nous formons de plus en plus de jeunes avec des profils multifonctions : actuellement les recruteurs mettent l’accent sur le génie et l’efficacité énergétique, des spécialités qui peuvent s’acquérir sous forme de spécialisation de fin d’études. D’autres évolutions des métiers sont liées à l’introduction d’équipements qui permettent de gérer au mieux les bâtiments, et donc au besoin en collaborateurs capables de les exploiter. Pour toutes ces fonctions qui demandent des connaissances approfondies, je conseille plutôt des études longues. Bien sûr, le secteur a aussi besoin de bac+2. On y forme encore beaucoup “sur le tas” et la formation continue est bien développée, mais la progression sera forcément plus rapide avec un diplôme initial d’un niveau plus élevé. À l’ESTP, nous avons ainsi développé une série de mastères spécialisés, accessibles après un bac+5, en management immobilier et service, management de l’immobilier tertiaire…"