Comment je suis devenu expert-comptable

Par Nathalie Helal, publié le 17 Octobre 2019
6 min

À 34 ans, Florent, grâce à l’alternance et à un parcours atypique, a connu une trajectoire de huit années post-bac exemplaire.

9 heures, au sein du cabinet Camus Fiduciaire, à Lyon, Florent fait le point avec ses collaborateurs. Départs en retraite, création ou rachat d’entreprise, contrôle fiscal… : les dossiers de ses clients sont mis à jour avec les informations recueillies lors de ses nombreux rendez-vous. Sa définition du métier d’expert comptable ? "Il se doit d’être le meilleur partenaire et le confident du chef d’entreprise".
"Je ne voulais énerver ni mes parents, ni mes profs, ni mes camarades", déclare Florent. Une pirouette pour esquiver la sempiternelle question de la motivation, qui, reconnait-il, lui a fait défaut pendant ses années de collège.
Alors qu’il s’interroge sur son avenir, ses parents lui proposent l’internat, pour l’aider à se concentrer sur ses études. Au lycée privé Sainte-Marie de Lyon (69), un établissement religieux, sa vie prend un nouveau tournant. Bon dans les matières scientifiques, il néglige le domaine littéraire, et se voit déjà en première scientifique.

D'abord un BTS…

À sa grande surprise, le directeur de l’établissement, lui-même professeur de comptabilité, l’oriente vers un bac STT (actuel STMG). Durant son année de première, un stage de trois semaines dans un cabinet lyonnais d’experts-comptables, lui plaît. Son bac, mention assez bien en poche, il poursuit son parcours chez les Maristes, au lycée Saint-Paul, en BTS CGO (comptabilité et gestion des organisations). Cours de droit, de comptabilité, de fiscalité, de gestion, de finance mais aussi de statistiques et d’anglais rythment ses deux années. Sa réussite aux examens le conforte dans l’idée d’aller plus loin : "J’ai décidé de poursuivre mes études en alternance, et me suis lancé dans un DECF* (diplôme d’études comptables et financières) à Sciences U, une école privée lyonnaise, pour obtenir l’équivalent d’un bac +4."

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… Puis le choix de l'alternance

Trois jours par semaine, Florent travaille dans une holding de gestion, et passe les deux jours restants à l’école. À la fin de sa première année, il décide de passer toutes les épreuves d’un coup : un succès, qui lui donne l’élan nécessaire pour enchaîner sur un Master II DSCG (diplôme supérieur de comptabilité et de gestion). Entre-temps, il signe un CDD dans l’entreprise qui l’emploie. Puis intègre un cabinet d’expertise-comptable : "C’était une grosse structure, où j’ai passé deux ans, avant d’entamer un stage d’expertise-comptable chez In extenso, un cabinet d’envergure nationale. En réalité, il s’agit d’un statut particulier puisqu’on est en immersion à temps plein, un peu comme un interne en médecine !", explique le lyonnais.
Huit ans plus tard, Florent, désormais en CDI, ne s’arrête pas en si bon chemin. Il étudie à l’Ordre des experts-comptables, où le cursus de trois ans se compose de formations (20 jours/an), ainsi que de modules en e-learning à valider chez soi.

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Du CDI à la fonction d’associé

"C’était une vraie contrainte, un mémoire à rendre par semestre sur un thème abordé dans notre expérience professionnelle, comme la TVA dans le monde du spectacle, par exemple", se souvient-il. Après la rédaction d’un mémoire de fin d’études, l’infatigable Florent, qui a pris le temps de fonder une famille de trois enfants, s’inscrit au DEC (diplôme d’expertise comptable), l’équivalent d’un bac +8.
Officiellement diplômé il y a trois ans, après avoir passé deux épreuves écrites (technique et déontologie), puis un examen oral (soutenance d’un mémoire), il s’inscrit à l’Ordre des experts-comptables, condition sine qua non pour exercer, et rejoint le petit cabinet d’experts où il avait fait ses premières armes, comme associé cette fois. "Nous sommes deux associés, et nous employons huit collaborateurs", déclare Florent, avec une certaine fierté.
"Sans l’alternance, qui m’a boosté et permis de financer mes études, je n’en serai pas là aujourd’hui", conclut celui qui, désormais, enseigne la gestion sociale au lycée Sainte-Marie, là où tout a commencé pour lui.

*Ce diplôme n’existe plus aujourd’hui et a été remplacé par le DCG (diplôme de comptabilité et de gestion).

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