Comment je suis devenu motion designer

Par Juliette Chaignon, publié le 17 Septembre 2020
5 min

À 23 ans, Victor est motion designer, spécialisé dans le video mapping. À son compte depuis la fin de ses études, il anime des images pour créer des fresques vidéo projetées sur des monuments historiques.

Depuis un mois, Victor s’est installé à San Francisco. Là-bas, il travaille comme motion designer, en indépendant. "Je suis graphiste, mais ma spécialité c’est le video mapping, la création d'images animées pour être projetées sur des monuments historiques", précise le jeune homme de 23 ans qui a conçu les animations d’un spectacle projeté sur la cathédrale de Nîmes (30) en décembre dernier.

"Je n’étais pas un bon dessinateur"

Cette voie, Victor n’y aurait peut-être pas pensé sans l’aide d’une conseillère d’orientation. "J’étais un élève plutôt moyen, j’ai eu un bac ES. Je n’avais rien d’un artiste ni d’un bon dessinateur et je ne savais pas trop quoi faire en terminale", se souvient-il. Sur les conseils de cette professionnelle, il est admis en 1e année à l’école SupCréa de Grenoble (38), une école privée, pour laquelle il faut passer un entretien. "Je n’avais aucune compétence technique mais j’ai montré que j’étais très motivé", raconte-t-il.

Durant cette première année d’arts appliqués, il touche à tout : sculpture, peinture, dessins… Un an pour apprendre "à se concentrer des dizaines d’heures sur un projet". À la fin de l’année, Victor sait que l’animation l’intéresse.

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Trois ans, trois écoles

Direction donc Bordeaux (33) pour une 2e année à E-Artsup. La formation y est "plus axée sur le graphisme, ce qu’on nous demande en milieu professionnel comme du packaging, des logos". Dix heures par semaine sont consacrées à l’animation. Au bout d’un an, il déménage encore : sa 3e année se fera à LISAA, une école parisienne, en spécialité "motion design", c’est-à-dire animation.

Quand il y repense, cet attrait ne vient pas de nulle part : "Petit, je filmais les vacances au ski et je faisais des montages sur l’ordinateur. C’était pas terrible mais déjà j’aimais mettre les mains dans l’ordinateur. L’art, c’est subjectif, même si l’on nous juge de manière très professionnelle. Tous les ans, j’ai rencontré de nouveaux profs, d’autres professionnels et de nouveaux camarades. J’ai beaucoup appris comme ça", assure Victor, qui, pour autant, "ne conseille pas ce parcours à tout le monde".

En parallèle des études, le jeune homme se déclare en auto-entrepreneur pour organiser des projections dans de petits événements privés. Il gagne peu d’argent mais "apprend à se débrouiller". Une expérience qui l’aidera à décrocher un stage de fin d’études de 6 mois dans les studios Holymage, en banlieue parisienne. C’est là qu’il découvre le video mapping. "Ça m’a fait mettre un pied dans le milieu, j’ai retravaillé pour eux par la suite", ajoute Victor.

Un video mapping réalisé sur la cathédrale de Nîmes.
Un video mapping réalisé sur la cathédrale de Nîmes. // © Photo fournie par le témoin

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"Je pourrais gagner plus d’argent"

Aujourd’hui freelance, Victor se sent "libre" de gérer son emploi du temps. Il alterne les périodes de travail intense avec des moments plus calmes. "Je pourrais gagner plus d’argent mais je préfère utiliser mon temps libre pour mes loisirs", explique-t-il.

Ses journées sont rythmées : 2 heures par jour à entretenir son réseau ; une à deux heures de formation en ligne car "il y a toujours de nouveaux logiciels à découvrir" ; et cinq heures de production. Quand Victor réalise des projets plus conséquents, comme un video mapping sur la cathédrale de Nîmes, le rythme s’intensifie : deux semaines "à fond", 10 heures de travail par jour, dans les studios du client, prêtés pour l’occasion.

La crise sanitaire a ébranlé l’économie du secteur événementiel et les commandes de video mapping n’affluent pas. Mais grâce à ses bases solides en graphisme, il décroche des contrats plus classiques qui lui permettent de gagner sa vie en attendant d’animer à nouveau des illustrations sur des monuments historiques.

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