Comment je suis devenue juge des enfants

Par Florian Dacheux, publié le 19 Mars 2020
5 min

À 25 ans, Pauline est juge des enfants à Evreux dans l’Eure. Un métier pour lequel la Nantaise a pris le temps de se former au bout d’un parcours académique très riche.

Jeune fille à la fois réservée et curieuse, Pauline Poitevineau, qui a pratiqué la danse pendant près de quinze ans, a suivi un parcours scolaire classique lui permettant d’aborder la question de son orientation en toute sérénité.

Sensibilisée très tôt au secteur de la protection de l’enfance en étant au contact de sa maman qui travaillait dans le médico-social, elle affine son choix dès le collège. "J’ai pu effectuer mon stage de 3e dans un cabinet d’avocats, confie-t-elle. Cela m’a permis de confirmer que le droit correspondait à mes centres d’intérêt. Je n’ai pas eu beaucoup à m’interroger par la suite. Je me suis laissé porter par mes envies."

Lire aussi

De la licence à l’École nationale de la magistrature de Bordeaux

Après avoir décroché son baccalauréat littéraire en 2011 au lycée Notre-Dame-de-Toutes-Aides à Nantes (44), Pauline prend la direction de l’Institut Catholique d’Etudes Supérieures de La Roche-sur-Yon (85) pour y réaliser une licence en droit privé général.

Lire aussi

Forte de ces trois années enrichissantes sur le plan théorique, Pauline s’oriente dans la foulée vers une première année de master en droit pénal et sciences criminelles. Alors étudiante à l’Université de Poitiers (86), elle poursuit avec un M2 carrières judiciaires pour préparer le concours d’entée à l’École nationale de la magistrature. Les choses sérieuses commencent.

"Le concours a lieu au mois de juin avec des épreuves écrites d’admissibilité sur une semaine, avant les épreuves techniques et les oraux d’admission qui ont lieu entre septembre et décembre, décrit-elle. Lors du grand oral, on se retrouve devant un jury pour parler de sujets d’actualité, de culture générale et de son parcours personnel."

Juge des enfants : "une fonction très rythmée"

C’est en janvier 2017 qu’elle fait son entrée à l’ENM de Bordeaux pour y suivre un cursus commun à tous les métiers de la magistrature sur une durée de 31 mois. Après un an de stage en juridiction à Niort (79), elle sort diplômée après un dernier concours de classement, permettant à chaque fonctionnaire stagiaire de choisir son poste.

Liée au tribunal de grande instance d’Evreux (27) depuis septembre dernier en tant que juge des enfants, Pauline ne regrette en aucun cas son choix. "C’est une fonction très rythmée, explique-t-elle. Le matin, nous avons des audiences d’assistance éducative et parfois des audiences pénales pour mineurs délinquants. J’aime cette double casquette. Et l’après-midi, on passe à la rédaction des jugements, au traitement des courriers et à la préparation des audiences du lendemain."

Lire aussi

Un certain nombre de dossiers sensibles à gérer peuvent parfois bousculer le quotidien. Jusqu’ici, Pauline n’a pas encore connu de lourds soubresauts. "Certaines situations vont me toucher plus que d’autres, surtout quand les enfants sont délaissés par leurs parents. Je connaîtrai certainement des moments plus difficiles. Nous avons à faire à des personnes aux parcours de vie complexes. Il est parfois difficile de prendre du recul et de s’en détacher le soir quand on rentre chez soi. Mais ça fait partie du métier."

Encore au tout début de sa carrière, Pauline envisage pour l’heure d’engranger de l’expérience avant de se projeter. "L’avantage, c’est que l’on peut changer de poste en moyenne tous les trois ans. C’est totalement ouvert à la mobilité fonctionnelle et géographique. Je peux très bien imaginer à terme être juge d’instruction ou substitut du procureur." Et ainsi remettre le cap vers l’Ouest pour se rapprocher de ses attaches familiales et amicales.

Articles les plus lus

A la Une portraits métiers

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !