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Comment je suis devenu photographe de mode

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Comment votre passion pour la photo est-elle née ?
Pour mes 15 ans, j’ai reçu un appareil photo en cadeau. Très vite, j’ai commencé à photographier toutes les belles filles de mon lycée. Mon cousin faisait lui aussi de la photo. Un jour, il m’a proposé de venir travailler avec lui en labo pour développer mes clichés. Quand j’ai vu apparaître l’une de mes photos dans le bac révélateur, j’ai eu un déclic. Je savais que j’allais en faire mon métier.

Et pourtant, vous avez pris une autre voie…
À l’époque, je pensais que ce métier s’apprenait sur le tas. Après mon bac, j’ai donc enchaîné avec un BTS (brevet de technicien supérieur) action commerciale pour entrer très vite dans la vie active et continuer la photo en parallèle, afin de faire mon trou. Après avoir obtenu mon diplôme, j’ai été embauché dans une agence de pub en tant que media planner. Mais au bout d’un an, je m’ennuyais. Or mon père avait plusieurs magasins spécialisés en hi-fi et vidéo. J’ai donc pris la direction d’un magasin pendant trois ans, puis un jour, j’ai dit stop !

Et vous devenez stagiaire…
Grâce à mes connaissances dans la pub, j’ai réussi en effet à intégrer un studio photo en tant que stagiaire. Et là, il a fallu faire preuve de beaucoup d’humilité, car, je me suis retrouvé à servir le café, à balayer, à repeindre les murs… mais j’étais enfin dans mon élément ! Je devais rester une semaine. Au bout d’un mois, je suis devenu assistant de plateau, assistant studio, puis assistant chauffeur pour les camions-loges. Là, j’ai découvert la réalité du travail de photographe en extérieur avec toutes ses contraintes.

Comment avez-vous réussi à vous faire une place ?
J’ai eu finalement beaucoup de chance grâce à mes amis qui travaillaient dans la pub et qui ont pensé à moi. Ils m’ont mis sur des gros budgets, alors que je n’avais pas de book. Pour m’aider, j’ai sollicité des personnes au sein du studio qui m’avaient tout appris et qui devenaient donc mes assistants. Les rôles s’inversaient. Au départ, c’était assez déstabilisant…

Quel a été votre premier budget ?
C’était pour Philips, une commande pour de la PLV [publicité installée sur les lieux de vente, NDLR] en magasin. J’avoue que cela m’a procuré une petite émotion lorsque j’ai découvert cette photo dans la boutique de mon père. Mais mon souvenir le plus fort reste ma première photo 4 x 3 affichée partout dans la rue. C’était une commande pour une marque d’autoradios. J’étais très fier.

Vous avez pu en vivre rapidement ?
J’ai mis dix ans avant d’arriver à un certain confort financier. Il y a beaucoup de concurrence dans ce secteur. Je me suis très vite spécialisé dans la photo de mode, et deux événements ont boosté ma carrière. En 2001, j’ai fait des photos avec Adriana Karembeu, pour une marque de fourrures, et ce pendant trois ans. Et il y a deux ans, j’ai travaillé pour une marque de bijoux avec Noémie Lenoir. Fashion TV a réalisé un reportage sur moi pendant cette campagne. Cela m’a fait beaucoup de pub. 

Comment travaillez-vous au quotidien ?
Je fais beaucoup de photos de lingerie. Je travaille donc en studio avec un assistant et un retoucheur. Ce genre de photos, ça ne pardonne pas. Je photographie aussi des enfants. Je collabore notamment au magazine Parents. C’est très déstabilisant de photographier un jour des jeunes femmes en string et le lendemain des gamins qui courent partout.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui veut se lancer ?
Faites un book, et si vous êtes attiré par la photo de mode, démarchez les agences de mannequins, allez dans les salons de prêt-à-porter ! Dites que vous voulez faire des tests. Les agences sont preneuses de ça, notamment pour les jeunes mannequins qui débutent.

Biographie express
1962 : naissance le 14 juillet.
1988 : intègre le studio de photo "Top model studio" comme stagiaire.
1990 : réalise une photo pour une marque d’autoradio avec un affichage 4 x 3 dans les rues de Paris.
2001 : photographie pendant trois ans Adriana Karembeu, pour la marque de fourrures Sam-Rone.
2006 : travaille pour la marque de bijoux "Les perles de Noa" avec Noémie Lenoir pour modèle.


Crédit photo : Magid Salmi
Propos recueillis par Séverine Tavennec