1. Aline Muyle étudie le sexe des palmiers
Portrait

Aline Muyle étudie le sexe des palmiers

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Aline Muyle travaille sur la sexualité du palmier Chamaedorea tepejilote. // © Fondation L’Oréal
Aline Muyle travaille sur la sexualité du palmier Chamaedorea tepejilote. // © Fondation L’Oréal

LES JEUNES ONT DE L'AVENIR – Aline Muyle, 27 ans, post-doctorante à l'université Lyon 1, mène ses recherches sur les chromosomes sexuels des palmiers. Elle vient de remporter la bourse "L’Oréal-Unesco pour les femmes et la science".

"Je travaille sur la sexualité des palmiers". D'emblée, Aline Muyle, 27 ans, attire la curiosité. En post-doctorat au laboratoire de biologie et biométrie évolutive de l'université Lyon 1, elle a consacré sa thèse de doctorat et ses travaux actuels à étudier les chromosomes sexuels de différentes espèces de palmiers. "Je trouve fascinant la façon dont vivent les plantes, les stratégies qu'elles mettent en place pour grandir et se reproduire", justifie Aline.

Le goût de la recherche

Après une prépa BCPST au lycée-du-Parc à Lyon, elle intègre l'ENS Lyon. "J'étais bonne élève, ma seule idée d'orientation était l'enseignement car j'aime apprendre et transmettre", se souvient-elle. En 2012, après quatre ans dans cet établissement, la jeune femme obtient son agrégation sciences de la vie – sciences de la Terre et de l'univers.

Elle enchaîne ensuite avec un doctorat à Lyon 1. "Mes stages en laboratoire pendant mon cursus à l'ENS Lyon m'ont donné envie de continuer dans la recherche. Je suis très curieuse, j'adore résoudre les problèmes, apprendre en continu, développer de nouvelles compétences", confie-t-elle. Son goût pour la recherche est lié à celui pour les études.

Le sexe des palmiers déterminant pour l'agriculture

Aline est intarissable sur son sujet de thèse : "Chez certaines plantes, comme les dattiers, l'identification du sexe met plusieurs années, car on attend que les fleurs poussent. Les producteurs ne sont intéressés que par les plantes femelles, car ce sont elles qui portent les fruits. Il y a un gros gaspillage de ressources avec ces plantes mâles que l'on prend le temps de faire pousser avant de les enlever de la plantation dès que l'on connaît le sexe." Grâce à une méthode de détection génétique mise au point avec un programme informatique, Aline parvient à connaître le sexe de ces plantes beaucoup plus en amont.

En première année de post-doctorat, elle envisage déjà d'en mener un deuxième, à l'étranger : "Australie, Californie... la destination n'est pas encore arrêtée". La bourse "L'Oréal-Unesco pour les femmes et la science" qu'elle vient de remporter en octobre 2016 va notamment lui permettre, avec sa dotation de 20.000 €, de faire le tour des labos pour la prochaine étape de sa jeune carrière de chercheuse biologiste.