1. L’apprentissage, de la Normandie à la Chine : la story de Justine
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L’apprentissage, de la Normandie à la Chine : la story de Justine

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 // © Ministère du Travail
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L’apprentissage peut mener loin. Il a mené Justine, jeune coiffeuse de 23 ans, jusque dans la province du Sichuan, dans un des huit salons ouverts par un grand coiffeur parisien en Chine. Pourtant, l’aventure avait commencé juste à côté de chez elle, dans un CFA à Flers en Normandie.

À 14 ans, la jeune Normande s’ennuyait au collège. « J’en avais marre de rester assise derrière un bureau, j’avais la bougeotte, se souvient-elle, et je ne l’ai pas perdue ! Je voulais travailler dans la coiffure, voir des clients, être dans la pratique. Mes parents ont eu du mal à comprendre. Mon premier stage dans un salon a confirmé mon choix : je suis très manuelle, j’avais besoin de pratiquer. Écrire sur du papier c’est bien, mais pas pour moi. »

« Je ne tremblais pas. »

Les enseignants de Justine l’encouragent à présenter un dossier de candidature dans une école publique de coiffure à Caen. « J’ai été prise… mais je ne voulais pas y aller : je voulais travailler ! Je suis donc allée démarcher tous les salons de coiffure de ma ville pour trouver un contrat d’apprentissage. » Là, Justine entre dans un salon. Un peu tard : la patronne avait déjà trouvé son apprentie pour la rentrée. « J’étais jeune, j’avais du bagout, je me suis vite entendue avec la directrice, on était sur la même longueur d’onde. Finalement, elle m’a prise. » Une fois le contrat signé, Justine trouve un CFA pour entamer sa formation en apprentissage. Elle commence donc à 14 ans, en CAP Coiffure, au Cifac (Centre interprofessionnel de formation de l’artisanat du Calvados) de Caen. « La directrice du salon était extraordinaire. Au bout d’un mois, je faisais des coupes de cheveux. Mon premier cobaye était ma mère qui me disait "mais, tu ne trembles pas !" Eh non : j’étais tellement contente d’avoir une paire de ciseaux entre les mains que je ne tremblais pas. »

Équipe de France de coiffure

Douée, Justine poursuit ses études, achève son CAP, puis son brevet professionnel, toujours en apprentissage. Parallèlement, elle s’inscrit à plusieurs concours de coiffure et décroche des titres, notamment avec l’équipe de France de coiffure. En 2015, à Sao Paulo, lors des Olympiades des métiers, elle reçoit la médaille d’argent. « Les concours apportent une reconnaissance professionnelle, estime-t-elle. Cela apporte beaucoup techniquement parce qu’on est entourés de plusieurs entraîneurs. Je n’aurais pas la place que j’ai aujourd’hui si je n’avais pas fait les concours. »

Pratique et théorie en même temps

Aujourd’hui, Justine a 23 ans. Elle est devenue l’assistante de Raphaël Perrier, un grand coiffeur parisien, créateur de plusieurs salons en Asie et très impliqué dans la transmission de son savoir, notamment à travers l’apprentissage. Elle est chargée, entre autres, d’organiser la formation professionnelle des jeunes. « Mon séjour dans ce salon en Chine a duré une dizaine de jours. Je forme des apprentis dans toute la France, des CAP, des BP, des formations en un an. L’apprentissage me donne du recul, me permet de me mettre à leur place. Je sais où ils en sont scolairement et psychologiquement. » Pour Justine, l’apprentissage est adapté à tous, grâce à l’hétérogénéité du dispositif. « Un profil plus intellectuel trouvera son bonheur car il aura la pratique et la théorie en même temps ; le profil manuel de son côté aura accès à la pratique plus rapidement. Être mis dans le bain très tôt nous fait gagner quelques années de maturité. » Une maturité visible. Même depuis la Chine.