1. Orientation en fin de troisième : la réforme du lycée facilite le rattrapage des erreurs

Orientation en fin de troisième : la réforme du lycée facilite le rattrapage des erreurs

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QUESTION AU MÉDIATEUR - Un lycéen qui regrette son choix d'orientation vers une seconde professionnelle peut-il se réorienter vers un lycée général ? Adrien s'est vu refuser cette possibilité alors que ses résultats de troisième lui permettaient d'accéder à une seconde générale. Il a fait appel au médiateur de l'Éducation nationale et de l'Enseignement supérieur.

Adrien, qui avait la possibilité de poursuivre sa scolarité en seconde générale, s’est orienté par erreur dans la voie professionnelle. L’élève avait rencontré des difficultés personnelles après le divorce de ses parents pendant son année de troisième. Il a regretté son choix mais s’est vu refuser sa réorientation en seconde générale. La mère d’Adrien a fait appel au médiateur.

Le problème posé


À la suite du divorce de ses parents au début de l’année, Adrien avait fait une troisième moins réussie que ses années de collège précédentes. Il éprouvait des difficultés de concentration, était souvent en retard et assez souvent absent. Cependant, même si ses résultats étaient en nette baisse, ils restaient acceptables et suffisamment bons pour autoriser son passage en seconde générale.
En fin de troisième, Adrien a pourtant émis le vœu de rejoindre l’enseignement professionnel. La perspective de rentrer au plus vite dans la vie active lui semblait être un moyen de prendre de la distance par rapport à son environnement familial dégradé. Le conseil de classe a émis un avis favorable et il a pu rejoindre l’année suivante un lycée professionnel, en section vente. Pourtant, au cours de sa seconde professionnelle, Adrien s’est rapidement rendu compte qu’il regrettait son choix. À la fin de l’année, il a demandé à revenir vers un lycée général et technologique. Il s’est vu opposer un refus du lycée de son lieu de résidence. Sa mère a alors fait appel au médiateur.

Qu’a fait le médiateur ?


Le médiateur est intervenu auprès du chef d’établissement. Il a mis en avant le changement introduit par la réforme du lycée en 2010, qui a notamment pour objectif de faciliter les passerelles entre les différentes filières d’enseignement. Insistant pour que la décision de refus soit réexaminée, le médiateur a obtenu que le chef d’établissement consulte le principal de l’ancien collège d’Adrien. Ce principal a lui-même accepté de réunir les enseignants qui composaient le conseil de classe de fin de troisième. Les enseignants ont indiqué qu’ils auraient bien autorisé le passage en seconde générale et technologique si Adrien avait exprimé ce vœu. C’est sur la base de cet avis que le rectorat à décidé d’accepter l’inscription d’Adrien en lycée général et technologique. En accord avec le médiateur et avec l’assentiment de l’élève, un redoublement en seconde a été jugé préférable pour faciliter une mise à niveau.

Que faut-il retenir ?


La réforme du lycée a notamment pour objectif de faciliter les réorientations lorsqu’une erreur a été commise. Si le dossier scolaire le permet et si l’élève montre une réelle motivation, il est désormais possible d’intégrer un lycée général après avoir effectué une année de seconde en lycée professionnel. Auparavant, l’élève qui souhaitait se réorienter vers l’enseignement général ne pouvait rejoindre une première d’adaptation qu’après le BEP. En pratique, ces premières d’adaptation n’étaient que rarement suivies d’une intégration au lycée général. Désormais, les réorientations sont traitées par les académies selon des modalités souples, adaptées au cas de chaque élève concerné. L’académie peut, par exemple, organiser un stage de remise à niveau en fin d’année scolaire.

Il faut ajouter que, dans le cas présent, le médiateur a regretté la décision que le conseil de classe de fin de troisième avait prise. Certes, l’orientation en seconde professionnelle correspondait au choix exprimé par l’élève. Mais le profil d’Adrien, les bons résultats qu’il obtenait jusque-là dans les matières générales et l’existence des difficultés personnelles qu’il avait rencontrées cette année-là auraient pu conduire le conseil de classe à entamer avec lui un dialogue, amenant peut-être l’élève à modifier sa décision.

L’orientation vers l’enseignement professionnel doit en effet résulter d’un choix conscient de l’élève, motivé par les caractéristiques de cet enseignement : entrée progressive dans la vie active, métiers manuels et techniques, contact précoce avec le monde de l’entreprise et le monde des adultes au travail. Il est évidemment dommageable, aussi bien pour l’institution de l’Éducation nationale que pour les jeunes concernés, que l’orientation professionnelle soit le résultat d’une situation d’échec scolaire, ou, comme dans le cas d’Adrien, d’une décision inadaptée liée à des difficultés personnelles. De façon générale, il est souhaitable que les avis du conseil de classe concernant l’orientation soient rendus de façon individualisée, en prenant en compte tous les éléments personnels à l’élève, sans se fonder seulement de façon mécanique sur les vœux et sur les résultats scolaires.


Contacter le médiateur de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur
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