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Décryptage

Mastères spécialisés en apprentissage : un (grand) pas de plus vers l'entreprise

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Les mastères spécialisés s'ouvrent à l'apprentissage. // © Adobe Stock/Monkey Business
Les mastères spécialisés s'ouvrent à l'apprentissage. // © Adobe Stock/Monkey Business

Le mastère spécialisé en apprentissage demeure une voie peu empruntée. Rares sont les établissements à développer ce type de formation. CESI École d'ingénieurs franchit un nouveau cap en proposant sept mastères spé pour la rentrée prochaine.

CESI École d'ingénieurs renforce son offre de formations avec l’ouverture de sept mastères spécialisés en apprentissage à la rentrée 2019. Ces parcours d'un an s’adressent aux titulaires d’un bac+5 ou aux étudiants pouvant justifier d’un bac+4 avec trois années d’expérience professionnelle. Pas moins de 550 places au total sont offertes, avec pour cible principale des étudiants ou des personnes en recherche d’emploi.

"Nous sommes très vigilants à laisser la chance aux talents d’aller le plus loin possible", explique Jean-Louis Allard, directeur de CESI École d'ingénieurs. Numérique, big data, usine du futur, ces formations sont essentiellement tournés vers les métiers en tension. L'objectif : acquérir un savoir-faire et un savoir-être "directement employable", une fois le diplôme validé.

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Dans le sillage de la réforme de l'apprentissage

Ces mastères spécialisés s’inscrivent pleinement dans la réforme de l’apprentissage menée par le gouvernement. Ce dispositif est désormais ouvert aux jeunes jusqu’à 30 ans (au lieu de 26 ans). Par ailleurs, tous les contrats d’apprentissage seront financés : la formation est par conséquent gratuite pour l’apprenti.

"Il y a un enjeu national de développer l’apprentissage. La réforme a des vertus pour les jeunes et l’économie", soutient Jean-Louis Allard, qui est par ailleurs responsable du dossier apprentissage à la Commission des titres d'ingénieurs (CTI). Cette dernière a d'ailleurs pour ambition de porter à 25% le nombre d'élèves ingénieurs en apprentissage, contre 15,5% en 2017.

Ce format d'études, très exigeant, puisqu'il faut alterner des périodes en entreprise avec des cours théoriques, intéresse un nombre croissant d'employeurs. CESI École d'ingénieurs a travaillé en étroite relation avec elles pour concevoir ses nouveaux mastères. "Les formations sont adaptées à l’environnement professionnel afin que le jeune soit rapidement opérationnel", confirme Jean-Louis Allard. Même les écoles les plus prestigieuses développent l’apprentissage. Il va être banalisé comme une voie d’excellence."

Quelques établissements ont été précurseurs dans l'offre de mastères spécialisés en apprentissage, comme l'ESSEC BS ou l'EISTI (École internationale des sciences du traitement de l’information). Une formule qui séduit visiblement de nombreux étudiants. Attention, l'apprentissage demande néanmoins beaucoup d'investissement personnel même si un système de tutorat est mis en place tant dans l'école que dans l'entreprise accueillante.

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Une année enrichissante sous le statut d'apprenti

Manon, étudiante de 25 ans en mastère spécialisé Intelligence économique à l’EISTI, s’est tournée vers un mastère spé en apprentissage, après un master en stratégie des organisations à l’université Paris Dauphine. Une année marquante pour la jeune femme, qui a navigué durant un an entre l'EISTI et le ministère des Solidarités et de la Santé. "Je ne voulais pas avoir qu’une expertise théorique", explique la jeune femme.

L’apprentissage permet en effet d’être opérationnel dès la fin de la formation et facilite l’insertion professionnelle. "C'est une vraie valeur ajoutée, confirme Manon. Par contre, il faut avoir un projet professionnel costaud et être bien motivé."

Si l’apprentissage est, en théorie, adapté à tous les profils, il nécessite de la maturité et de l'organisation. À ce niveau d'études, les postes confiés demandent généralement de l'autonomie et la capacité à endosser des responsabilités. Une première mise en condition qui permet de lever une partie des appréhensions au moment de la recherche de travail.