Dans les écoles de théâtre et de danse, une rentrée bouleversée par le coronavirus

Par Maya Baldoureaux-Fredon, publié le 24 Septembre 2020
4 min

Contacts proscrits, distances à respecter, masques obligatoires… pour les étudiants en théâtre ou en danse, cette rentrée scolaire avec distanciation physique prend une autre dimension. Dans ces formations où l’on se touche, où l’on transpire, où l’on postillonne, parfois, comment respecter les gestes barrières ? Des étudiants racontent.

Des carrés individuels dessinés au sol pour délimiter l’espace de danse, des cours par zoom… Pour Marie, étudiante en dernière année de danse contemporaine au Conservatoire de Paris (75), cette reprise à un goût "très étrange". "C’est ça la danse en 2020 ?", se désole-t-elle.

Avec le coronavirus, de nombreuses dispositions ont été prises pour la rentrée : "Les médecins du sport présents à l’école ont donné leur feu vert pour la pratique de la danse avec le masque. Du coup on fait plus souvent des pauses, on aère", explique Cédric Andrieux, directeur des études chorégraphiques au Conservatoire de Paris.

"On danse avec le masque et on se lave beaucoup les mains. Comme on reprend des pièces de répertoire, on se touche, on porte, on ne pouvait pas changer la choré", justifie Marie. L’école privée Millenium Dance Center à Cagnes-sur-Mer (06), dans les Alpes-Maritimes, a fait le choix inverse : "On évite les chorégraphies où il y a des contacts, les élèves restent à un ou deux mètres de distance quand ils dansent : ils peuvent enlever le masque", détaille Bruno Caprioli, professeur de modern jazz et directeur de la formation professionnelle.

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En école de théâtre aussi, il faut composer avec les gestes barrières. "On a changé certaines mises en scène : dans la pièce Cyrano de Bergerac, le personnage de Christian devenait hypocondriaque et passait son temps à désinfecter les mains de Cyrano", se réjouit Iris, étudiante à l’École de théâtre de Lyon (69), dont la rentrée a été avancée de deux semaines pour rattraper les cours manqués pendant le confinement.

Mais sans public, c’est tout une dimension de l'enseignement théâtral qui est perdue. "Pour les restitutions publiques les conditions sont les mêmes que dans les spectacles professionnels : 70% des places seulement sont remplies", explique Dominique Lecoyer, directrice des études du Théâtre national de Strasbourg (67). L’École de théâtre de Lyon a carrément fermé ses portes aux public pour les restitutions de fin de cycle.

Sarah, étudiante dans l'établissement lyonnais, regrette l’ambiance habituelle des troupes de théâtre : "Normalement, à la fin d’une représentation, quand on est applaudis, on est tous ensemble sur scène bras dessus, bras dessous. Là, on doit rester à distance. On n’a plus trop l’impression d’être une troupe soudée. Ça m’a mis les larmes aux yeux."

Quant à Antoine, élève metteur en scène du Théâtre national de Strasbourg, il tente de rester positif : "Le travail sous la contrainte se révèle toujours assez productif. Tant qu’on peut faire du théâtre, on en fera et on en sortira grandi."

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