Écoles d'art : le book, une "carte d’identité artistique" à créer

Par Mersiha Nezic, publié le 26 Juin 2019
5 min

Le book doit refléter la technicité mais aussi la personnalité et les aspirations des étudiants en art. Il est indispensable pour décrocher un stage et un emploi. Tout au long des cursus, c’est l’objet de toutes les attentions dans les écoles.

C’est une pièce maîtresse à construire tout au long de vos études d’art. Que ce soit pour décrocher un stage, approcher un client, une galerie, un commissaire d’exposition… un bon book ou portfolio est devenu un "must". Cette "carte d’identité artistique" doit refléter votre technicité, mais aussi votre personnalité et vos aspirations. L’enjeu, c’est de "sortir du lot au milieu du flot de portfolios réceptionnés chaque semaine par les professionnels", explique Mike Lévy, directeur de la majeure design mobilité à la Strate École de design de Sèvres.

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Un travail suivi par des pros

Tout au long des cursus, le book reste l’objet de toutes les attentions dans les écoles. "Dès l’année préparatoire puis durant les études, les étudiants sont encadrés par des professionnels en activité dans la construction de leur book", confirme Virginie Grümmer, responsable du cursus design de l’ECV Paris. Chaque élève est suivi individuellement. Ce qui est "indispensable pour mettre en exergue le profil et la personnalité de l’étudiant afin de le rendre compétitif et attractif", reprend Mike Lévy.

"C’est ce que je veux montrer de ma vision du monde"

Concrètement, les étudiants apprennent à se présenter, à rédiger des synopsis clairs et percutants, sans faute. Ils réalisent ainsi "un condensé de leurs projets mais aussi, et c’est important pour les designers, de leurs expériences en entreprise", explique Séverine Nomdedeu, directrice de l'École supérieure de design de Troyes.

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Un travail de fourmi, comme en témoigne Tea, étudiante en deuxième année à l’École supérieure d’art et de design de Valenciennes. Son book est "le résultat d’un archivage régulier et précis" depuis ses années lycée. "Ce sont de petits carnets avec un calque pour couverture. J’ai choisi de n’y incorporer que des photographies des projets finis. Les petits carnets se regroupent dans une boîte". Tea y met beaucoup d’elle-même. "C’est ce que je suis et ce que je veux montrer de ma vision du monde".

Le book de Tea, étudiante à l'École supérieure d’art et de design de Valenciennes.
Le book de Tea, étudiante à l'École supérieure d’art et de design de Valenciennes.

Instagram ringardise tout?

Mais à l’heure du digital, les réseaux sociaux bousculent tout, notamment Instagram, devenu "une sorte de book moderne, juge Aurélien Bambagioni, artiste et enseignant des arts connectés à l’École européenne supérieure de l’image d’Angoulême – Poitiers. L’aspect ludique, la découverte, le suivi en direct… C’est intéressant pour les étudiants et les artistes et moins compliqué que d’écrire un long courriel pour envoyer un dossier en pièce jointe".

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"Instagram est au service du book ou du portfolio, juge plutôt de son côté Valérie Deflandre, conseillère au CIDJ (Centre d'information et de documentation jeunesse). Un cyberfolio, c’est une valeur ajoutée, en particulier dans les domaines du graphisme, de la photographie et du game design sur Internet". Mais, rappelle la conseillère d’orientation, dans les écoles d’art qui exigent également la réalisation d’un book à tous les candidats dès l’entrée, les jurys sont composés de personnalités hétérogènes. "Mon conseil est de trouver une bonne formule uniquement papier ou uniquement numérique ou un mix en fonction de sa discipline". À vous de faire preuve de créativité !

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