Écoles de commerce : panorama des aides d'urgence déployées pendant la crise

Par Agnès Millet, publié le 12 Juillet 2021
8 min

INFOGRAPHIE. Avec la crise sanitaire et les confinements qui se sont succédé depuis mars 2020, les écoles de commerce ont voulu soutenir leurs étudiants. Elles sont nombreuses à avoir mis en place des dispositifs d'aides financières pour les jeunes les plus fragiles. L’Etudiant fait le bilan.

Si les études en école de commerce sont chères, des efforts sont faits pour adoucir la facture. Et avec la crise sanitaire, de nombreux établissements ont renforcé ou instauré des dispositifs de soutien financier pour leurs élèves, souvent dès mars ou avril 2020. Que ce soit en raison de la perte de leur job alimentaire, ou parce que leur famille avait été fragilisée, beaucoup d’étudiants se sont retrouvés en difficulté.

Sur les 28 écoles de commerce ayant un programme Grande école grade de master et qui ont répondu à notre sondage, 25 ont lancé ou renforcé un fonds d’aide financière en raison de la situation exceptionnelle. D’autres ont doublé leur action : comme l’Essca qui a renforcé son fonds d'aide à hauteur de 900.000 euros et créé, en parallèle, un dispositif d’urgence complémentaire de 60.000 euros.

Plus de cinq millions d’euros distribués

Au total, c’est près de 5.717.885 euros qui ont été distribués par les écoles ayant répondu. En moyenne, les établissements ont investi 272.280 euros pour accompagner les étudiants les plus précaires. Un montant qui varie énormément en fonction de la taille, des ressources et du nombre d’étudiants de l’école. Ainsi, si le montant maximum grimpe à 750.000 euros pour l’ESCP BS, le minimum est à 10.000 euros pour PSB (Paris School of Business).

Dix d’entre elles déclarent avoir fait appel à leurs alumni pour récolter des financements dont l'ESCP, l'emlyon, Audencia BS, Rennes SB, ICN, TBS (Toulouse Business School), EM Normandie et La Rochelle BS. Pour chaque don, Skema et l’Edhec ont même choisi d’abonder la somme du même montant. D’autres se sont aussi appuyées sur leur Fondation, comme Neoma. Plus singulier, les collaborateurs de l’emlyon et EM Normandie ont donné pour plusieurs milliers d’euros de tickets restaurant.

Lire aussi

Des étudiants en difficulté face aux dépenses de la vie quotidienne

En tout, ce sont 4.634 étudiants qui ont été aidés selon les déclarations, sur près de 200.000 étudiants au total, soit 2,32%. Audencia déclare avoir ainsi aidé 150 étudiants sur ses 4.500 apprenants, contre 11 à PSB sur 3.000.

Pour repérer les personnes le plus dans le besoin, les écoles ont lancé des appels à manifestation. Certaines ont répondu à presque toutes les demandes, c'est le cas de l'Ieseg qui a pu aider 400 étudiants. Un chiffre que Jean-Philippe Ammeux, directeur de l'école, considère comme faible alors que son établissement aurait pu aider "au moins deux fois plus d’étudiants".

Mais la majorité des écoles ont retenu les dossiers des étudiants les plus fragiles, comme l’ESCP qui a mis en place des commissions de bourses sur critères sociaux. L’EMLV a également examiné ces critères de ressources : perte d’emploi du financeur, perte de jobs étudiants, analyse du contexte familial, prise en compte des événements tragiques intervenus (décès d’un membre de la famille, etc.). Kedge a intégré dans l’examen "les difficultés liées à l’expatriation à l’étranger ou aux contrats d’alternance". Après examen du dossier, la commission de l’ICN a souhaité rencontrer les étudiants concernés.

De son côté, Rennes School of Business a voulu "accompagner les étudiants les plus nécessiteux sans oublier les étudiants qui habituellement, ne bénéficient d’aucune aide car ils sont étrangers ou parce que les revenus du foyer sont au-dessus des critères du Crous par exemple. Nous avons voulu apporter une aide à la classe moyenne, qui, elle aussi, a été durement impactée par la crise sanitaire".

Lire aussi

Différents types d'aides

Si certaines écoles ont distribué le même montant à tous les bénéficiaires, comme à Audencia, d’autres ont préféré moduler en fonction des besoins, comme à TBS, dont les bourses d’urgence s’échelonnaient de 200 euros à 2.000 euros.

Les étudiants se sont vu prêter des ordinateurs ou donner des clefs 4G, ont reçu des virements bancaires, ou bien souvent, ont été exonérés de frais de scolarité comme à Audencia, l’EM Normandie ou à l’Esdes.

Quant à l’usage fait par les bénéficiaires, les établissements n’ont pas de retours chiffrés. Pour les écoles, l'essentiel était de participer aux frais de la vie quotidienne de ces étudiants (loyer, alimentation), normalement couverts par les parents ou les jobs étudiants. À Burgundy School of Business (BSB), l’aide a également servi à payer des billets d’avions pour revenir en France. Les étudiants partis en césure à l’étranger faisaient face à un quadruplement du prix des billets pendant le premier confinement.

Montpellier Business School a, de son côté, complété ses aides par une orientation systématique vers des dispositifs spécifiques, selon la nature de la difficulté (aide alimentaire, logement, aides à certaines démarches administratives Crous ou CAF).

Lire aussi

Épiceries solidaires et cellules d’écoute en complément

Les établissements ont également complété leurs aides financières par d’autres actions. Ainsi, à l’Esdes, une épicerie solidaire a donné l’accès à des denrées alimentaires et des produits d’hygiène. HEC a également proposé de reloger les élèves qui souhaitaient rester sur le campus, dans des hébergements plus confortables, avec cuisine individuelle.

D’autres dispositifs comme le soutien pédagogique, le mentorat entre étudiants, avec des alumni ou encore des activités faisant le lien (yoga, cuisine) ont été mis sur pied. Et beaucoup d’entre elles ont également proposé des cellules d’écoute, animés par des psychologues. Des dispositifs complémentaires aux programmes d’aides nationaux, comme le chèque psy, les aides des régions, ou visant des publics précis, comme les boursiers, ont également été mis en place.

Lire aussi

Des aides d'urgence provisoires ou prolongées

Certains fonds de soutien existaient déjà et ont donc vocation à perdurer, avec l’espoir qu’ils seront moins sollicités.

Quant aux fonds créés spécialement, l’EM Normandie le prolongera jusqu’au retour à la normale, tandis que l’ESCP a choisi de conserver les bourses d’urgence et précise que "la question sur les conséquences économiques du Covid-19 figurera bien dans les dossiers de demande de bourses à la rentrée académique prochaine".

À Skema, le fonds d’urgence a été clôturé dès septembre 2020, "au profit d’un programme de bourses plus vaste". Kedge va également pérenniser son fonds via sa Fondation, tandis que PSB pense, après la crise, orienter ces financements vers des bourses au mérite.

Retrouvez les dispositifs mis en place dans chaque école

Voici donc le panorama des dispositifs mis en place. Vous pouvez chercher votre école en particulier afin de voir ce qu'elle a mis en place.

Articles les plus lus

A la Une écoles de commerce

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !