Elles ont décidé de partir étudier à l’étranger malgré la crise sanitaire

Par Pauline Bluteau, publié le 26 Mars 2021
8 min

Depuis la France, en Europe ou de l’autre côté de l’Atlantique, les mobilités internationales sont loin d’être à l’arrêt. Si certains étudiants ont dû annuler leur séjour à l’étranger en raison de la crise sanitaire, Julie, Lucie, Ludivine et Victorya ont sauté le pas. Elles racontent.

Crise sanitaire ou non, les mobilités à l’étranger n’ont pas pris de congés ! Comme le confirme d’ailleurs l’agence Erasmus+, la majorité des départs à l’étranger ont même été maintenus en 2020. Mais aussi en 2021 : Julie, Lucie, Ludivine et Victorya suivent actuellement leurs cours en Irlande, en Espagne, en Suède et aux Etats-Unis… pour leur plus grand plaisir.

Lire aussi

Une mobilité confinée en Irlande pour Julie

Après avoir décroché un BTS relations et négociations clients à Albertville (73) Julie, 25 ans, a eu des envies d’ailleurs. "Je ne savais pas ce que je voulais faire. J'ai tenté de poursuivre mes études dans le domaine de la santé et du social, j’ai fait un service civique mais mon objectif, depuis très longtemps, c’était de devenir bilingue en anglais… alors même que j’étais vraiment nulle", raconte-t-elle. Depuis presque trois ans, elle a donc posé ses valises à Dublin, en Irlande, d’abord comme fille au pair puis comme commis dans un restaurant jusqu’au début de la crise sanitaire en mars 2020.

"Je voulais travailler pour me payer mes études ici, détaille-t-elle. En septembre, je me suis donc inscrite au Griffith College où je suis des études en marketing." Mais depuis le début de l’année, tous les cours se déroulent par écrans interposés. De quoi dégoûter l’étudiante. "Franchement, les cours sont top, les profs très intéressants mais avec la classe c’est difficile…"

Avec les confinements, le couvre-feu et la distance, difficile de créer du lien entre étudiants. "C’est ma plus grosse déception : je pensais rencontrer des gens, profiter de ma vie d’étudiante mais le Covid ne facilite pas les choses." Julie parvient tout de même à rester motivée pour suivre ses cours : "J’ai envie d’avoir mon diplôme, je veux réussir !" L’étudiante continue aussi de profiter des pubs et de la vie nocturne irlandaise. "Les gens sont très ouverts et très curieux ici, ça fait partie de leur culture et désormais, je ne veux plus quitter cette île !"

Julie profite des rues animées de Dublin, en Irlande, "une tradition" selon l'étudiante.
Julie profite des rues animées de Dublin, en Irlande, "une tradition" selon l'étudiante. // © Photo fourni par le témoin

Lire aussi

Des cours en présentiel aux Canaries pour Lucie

Lucie, 22 ans, a aussi pris la direction d’une île. En quatrième année à l’École supérieure d’arts et médias (ESAM) de Caen (14), l’étudiante a eu l’opportunité de partir six mois en Erasmus à l’EASD (École supérieure d'art et de design) à Las Palmas de Gran Canaria. Depuis janvier dernier, elle suit donc des cours en sculpture appliquée au spectacle, un bon moyen de compléter sa formation. "J’avais très envie d’enrichir mes compétences et apprendre d’autres techniques venant d’ailleurs", précise-t-elle. Avec quelques mots d’espagnol en poche, et malgré la crise sanitaire, Lucie s’envole donc pour les Îles Canaries.

"J’avais quelques doutes au moment de partir mais aujourd’hui je n’ai aucun regret : tous mes cours sont en présentiel car il y a beaucoup de pratique… La plage est à 50 mètres de l’école, je profite des bars et des restaurants, j’ai visité plein d’expositions… Je vis presque normalement. C’est royal d’être ici !"

Seul léger point noir, le cadre "très scolaire" et "strict" des cours. "La pédagogie est assez différente de la France où il y a plus de place pour la créativité mais je sais que toutes les techniques vont me servir par la suite." L’étudiante a d’ailleurs déjà commencé à mettre en place quelques projets en lien avec la protection de l’environnement et son cursus artistique… Affaire à suivre !

Lucie suit des cours en sculpture appliquée au spectacle à Las Palmas de Gran Canaria.
Lucie suit des cours en sculpture appliquée au spectacle à Las Palmas de Gran Canaria. // © Photo fourni par le témoin

La Suède depuis la France pour Ludivine

Étudiante en dernière année de bachelor à l’IAE de Montpellier (34), Ludivine, 20 ans, a eu le choix : partir ou rester. Si la Thaïlande était sa première option, c’est finalement la Suède qui lui a permis d’effectuer sa mobilité. "Avec la crise, il valait mieux se concentrer sur l’Europe. Mais j’avais quand même peur que ce soit annulé au dernier moment et la vie à Stockholm était aussi bien plus chère donc j’ai préféré opter pour la mobilité à distance", confie la jeune femme. Un choix que l’étudiante ne regrette pas du tout, notamment sur le plan pédagogique. "Les matières sont super intéressantes, on doit apprendre par nous-même, on a beaucoup de choses à lire -d’ailleurs je suis en retard sur des lectures !- et on fait beaucoup de travaux de groupe."

Depuis janvier, Ludivine suit donc les cours en anglais de l’université de Malardalen derrière son écran mais cela ne change rien à son apprentissage : "Au contraire, je peux m’organiser et interagir avec la classe comme en présentiel." Mais en suivant un cursus orienté "international", l’étudiante avoue tout de même être un peu déçue. "Quand on travaille à plusieurs, je suis la seule à distance. C’est difficile de pouvoir partager des choses, j’aimerais beaucoup les rencontrer !" Ludivine assure également avoir plus progressé en expression écrite qu’en expression orale. Une chose est sûre : après son master, l’étudiante compte bien partir à l’étranger, et pourquoi pas, en volontariat international en entreprise.

Lire aussi

Les joies d’un campus français aux États-Unis pour Victorya

Plus chanceuse, Victorya, étudiante en cinquième année à SKEMA, a pu prendre la direction des États-Unis en janvier dernier. La jeune femme de 24 ans revient de loin : en 2020, sa mobilité en Chine avait été annulée au bout d’un mois en raison de la crise sanitaire. "J’avais peur de revivre la même chose cette année, alors j’ai attendu le second semestre pour me lancer", explique-t-elle. Pour obtenir son diplôme, l’étudiante doit en effet valider huit mois de mobilité à l’étranger. Un préalable facilité par son école de commerce qui possède un campus à Raleigh en Caroline du Nord. "Les États-Unis, c’était un rêve pour moi. Je savais que le campus était épargné par le Covid et que les conditions étaient plutôt favorables alors je suis partie et je ne regrette absolument pas !"

Toutes les semaines, Victorya se fait tester gratuitement pour pouvoir suivre certains cours en présentiel. "Ici, tout est ouvert, on peut aller en cours et rien que ça c’est une vraie chance parce qu’on peut rencontrer plein de gens", assure-t-elle. En profitant de la vie de son campus, l’étudiante se sent en immersion dans la culture américaine. Cette dernière année d’étude est d’ailleurs pour elle une étape importante pour trouver un emploi aux États-Unis. "On vit cet 'American Dream' ('rêve américain', NDLR), on sent aussi qu’on est privilégié de pouvoir voyager donc on ne veut plus partir !"

Lire aussi

Articles les plus lus

A la Une étudier à l'étranger

Partagez cet article sur les réseaux sociaux !
Human road Human road