Élèves ingénieurs : choisir une spécialité "santé"?

Par Mersiha Nezic, publié le 21 Octobre 2019
7 min

Le nombre de formations d’ingénieurs mettant l’accent sur des domaines d’application dans la santé progresse avec le développement de nouvelles technologies. Ce qui amènent les ingénieurs et les médecins à collaborer de plus en plus ensemble. Comment vous former ? Quels sont les débouchés ?

Aider les malades à être mieux soignés et rééduqués, analyser des protocoles de santé, faire de la recherche génétique, concevoir de nouvelles prothèses… Cela vous tente de travailler dans le secteur de la santé, mais sans passer par le rouleau compresseur de la PACES (première année commune aux études de santé si sélective et menant notamment à la médecine) ?

Une spécialité "santé" en école d'ingénieurs : pour quels profils et quels débouchés ?

Si vous êtes bon(ne) en sciences dures, maths et physique, sachez que les écoles préparant au diplôme d’ingénieur (en cinq ans après le bac ou en trois ans après un bac+2) proposent des majeures "santé", mettant l’accent sur la biologie, la chimie, la pharmacie… "Mais d’abord, interrogez-vous sur votre motivation, détectez le fil conducteur qui vous aidera à construire votre future mission professionnelle, préconise Valérie Deflandre, conseillère au CIDJ (Centre d'information et de documentation jeunesse). Vous pourrez jouer un rôle dans le secteur de la médecine, sans être médecin. Et n'oubliez pas que l’industrie pharmaceutique est également porteuse d’opportunités professionnelles."

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La robotique, le traitement d’images et de données, les réseaux de télécommunication pour la e-santé… tous ces domaines trouvent leur application dans le secteur de la santé. "Avec notamment le vieillissement de la population, il va falloir développer des solutions technologiques pour permettre aux personnes âgées d’être autonomes le plus longtemps possible", explique Véronique Bonnet, directrice générale déléguée de l’ESME Sudria.

Et les biotechnologies, qui jouent un rôle clé dans le secteur des industries de la santé, sont un domaine en plein boom. D'ici à 2030, elles pourraient générer un chiffre d'affaires de 40 milliards d'euros et plus de 100.000 emplois supplémentaires !

Biomécanique, robotique, numérique… des domaines de l’ingénierie qui concernent aussi la santé

Si le diplôme de l’Esme Sudria reste généraliste, l’école propose un parcours "biotech et santé" en partenariat avec l'école d'ingénieurs Sup'Biotech. Les étudiants peuvent choisir entre deux voies. En biomécanique et robotique médicale, les futurs ingénieurs apprennent à concevoir des outils capables de reproduire le fonctionnement des systèmes biologiques. En numérique et santé, les étudiants cherchent à améliorer des outils de diagnostic et des moyens thérapeutiques, apprenant à collecter et à analyser des données médicales. Ils deviennent ensuite ingénieur en biomécanique, en robotique médical, ingénieur hospitalier ou ingénieur big data en santé.

Si vous êtes tentés, sachez que nombre d’autres possibles s’offrent à vous. Ainsi l’ENSTBB, Bordeaux Institut National Polytechnique qui délivre un diplôme d'ingénieur en biotechnologie, forme ses étudiants à la recherche et au développement en industrie, essentiellement pharmaceutiques et biotechnologiques, à la production de biomédicaments, de vaccins, ou d'actifs variés, au métier de consultant, spécialiste en assurance qualité, et à la recherche académique.

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Outre à la science de l’ingénieur (physique, génie des procédés informatique), les élèves travaillent sur des disciplines comme la culture cellulaire, la purification, l’immunologie, la biologie de synthèse. "À côté des enseignements de cours ou de travaux dirigés, les travaux pratiques occupent une place essentielle. Ils sont réalisés avec des équipements modernes et fréquemment renouvelés, et correspondant à ceux que le/la diplômé(e) aura à utiliser en entreprise ou en laboratoire, explique Bruno Cardinaud, directeur des études à l'ENSTBB. De nombreuses études de cas et pédagogies par projets viennent en plus de ces enseignements. Un total de onze à douze mois de stages, un à deux mois en première année, trois à quatre mois en deuxième année, six mois en troisième année, complète la formation. Au moins un des stages se déroule à l'étranger. Une partie de la promotion réalise sa troisième année en alternance".

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