1. Comment je suis devenu ingénieur en robotique
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Comment je suis devenu ingénieur en robotique

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Depuis sa tendre enfance, Thomas a toujours été curieux des systèmes. // © Photo fournie par le témoin
Depuis sa tendre enfance, Thomas a toujours été curieux des systèmes. // © Photo fournie par le témoin

A 33 ans, Thomas, ingénieur en robotique, passionné dès l’enfance par les systèmes, a suivi un cursus bien rodé pour décrocher un poste stable et dans l’air du temps.

8 heures, dans une entreprise de fabrication de cartes électroniques pour l’industrie, à Meyzieu (69), en région Auvergne-Rhône-Alpes. Après consultation de ses mails, Thomas analyse son cahier des charges pour ajuster la création de chacune des cartes aux besoins de ses clients. "La seconde étape, c’est la phase de tests. Je cherche obstinément où est le bug et par où il peut arriver", explique-t-il. Le reste de sa journée, qui s’achève à 18 heures, est répartie entre des rendez-vous fournisseurs (de circuits imprimés et de composants électroniques) et clients, et beaucoup de temps passé derrière son ordinateur.

La passion des systèmes et… des Lego

Ingénieur, Thomas pressentait qu’il le deviendrait, dès sa tendre enfance. Tout jeune déjà, outre l’influence de son grand-père, ancien ingénieur en hydraulique, il ressent le besoin de chercher à comprendre le pourquoi des systèmes. "Les Lego m’ont occupé une grande partie de mon enfance", sourit-il.
Au lycée public Ferdinand Buisson de Voiron (38), il excelle en 1ère scientifique SI (sciences de l'ingénieur), ainsi qu’en terminale. Son bac mention bien en poche, il file en prépa intégrée à l’ESISAR (École nationale supérieure en systèmes avancés et réseaux) de Valence (26), antenne du groupe (public) Grenoble INP, pour un cursus de trois ans après les deux années de prépa.
Boursier, il est logé en résidence étudiante, mais ses parents et ses grands-parents se cotisent pour lui donner le coup de main nécessaire pour vivre correctement. Une activité d’arbitre régional le week-end, sur des matches de handball, lui permet de compléter ses revenus.

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Une école dynamique et inspirante

En 1ère année, électronique, électricité, informatique, réseaux, maths, traitement du signal, anglais, gestion de projets et d’entreprise font partie des matières enseignées. "Dans cette filière, la régulation de l’automatique est un élément important. On est, en quelque sorte, des spécialistes du 'cerveau' du robot, et de la manière de le programmer", souligne Thomas.
Cette facette de son futur métier le passionne : "Être un peu le chef d’orchestre qui organise et pilote les équipes, de mécaniciens, d’électroniciens, et d’informaticiens, pour arriver à un produit final, c’est grisant !"

Un projet scolaire enrichissant

Dès la 2ème année, sa promo est embarquée sur l’un des projets industriels de l’école, qui propose un service d’ingénierie à des entreprises extérieures, en mode "bureau d’études". "C’est une mise en situation géniale, où tout est cadré ! J’ai adoré cette expérience, super enrichissante". En comparaison, ses six mois de stage de fin d’études, passés à faire du test de performance, chez Thalès, à Cholet, lui semblent un peu fades. Entre-temps, deux mois à Sidney et à Melbourne, payés sur ses économies de jobs d’été, l’aident à perfectionner son anglais.

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La rencontre avec les robots

Thomas décide d’aller plus loin que son diplôme et s’inscrit, après avoir contracté un prêt étudiant de 14.000 euros, en master en management de la technologie et de l’innovation à emlyon business school. Un investissement qu’il n’a jamais regretté : "j’étais très technique, donc cela m’a ouvert l’esprit, et permis d’enchaîner sur neuf mois de stage rémunéré au Smic dans un site web de vente de robots de service, basé à Lyon (69)."
Fort de son succès, il intègre en CDI Awabot, une start-up de robots d’apprentissage pour les passionnés de programmation, à Villeurbanne (69). "J’y ai passé cinq ans à développer des logiciels, sans jamais sortir de robots, du coup, j’ai démissionné et me suis retrouvé dans une entreprise française de robotique industrielle à Ambérieux (69) !".

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C’est en tant que responsable marketing cette fois, qu’il signe un CDI. Le monde de l’industrie et ses cadences infernales, qui l’entraînent en déplacements partout dans le monde, ne lui conviennent pas. Pour rester plus proche de sa famille, il démissionne et déniche une entreprise à taille humaine, qui fabrique des cartes électroniques pour l’industrie et conçoit des logiciels pour ces cartes, où il exerce actuellement. "Je suis revenu à mes compétences initiales. Ce que je fais est très normé, entre la sécurité et la fabrication. On passe beaucoup de temps à rédiger de la documentation pour expliquer sa stratégie."
En permanence à la pointe de la technologie, son métier s’articule autour de la veille, "une vraie contrainte", de nouveaux projets à développer, et d’échanges avec des clients issus de tous les horizons.
Intense, mais enrichissant. "Notre formation en robotique est tellement large qu’on a la chance de pouvoir intervenir dans un tas d’entreprises. Ingénieur, c’est le contraire d’un métier qui enferme", conclu Thomas.

Thomas Faguet en 6 dates
18 juin 1986 : Naissance à La Tronche (38)
Juillet 2004 : Bac S SI, mention bien
Juin 2009 : Décroche son diplôme d’ingénieur en systèmes embarqués à INP Grenoble (ESISAR)
Avril à décembre 2010 : Stage à Robopolis
2011 : Signe son 1er CDI dans la start-up Awabot
Depuis septembre 2016 : Ingénieur système chez EREE à Meyzieu

Formation :
Un bac scientifique SI (sciences de l’ingénieur) est hautement recommandé, suivi d’une classe prépa scientifique (en deux ans), est la clé pour une école d’ingénieurs, comme l’ENSTA (École nationale supérieure des techniques avancées) -Paristech ou Brest, voire l’ESITC à Caen, l’INSA ou encore Centrale à Lyon.
Salaire : De 2.800 € brut par mois (pour un débutant) à 6.000 € environ.