1. Un Frenchie à Oxford : Hugo, doctorant à 17 ans
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Un Frenchie à Oxford : Hugo, doctorant à 17 ans

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Hugo Sbai, soutient sa première thèse à 17 ans, à l'Université de Lille. // © Samuel Pruvost
Hugo Sbai, soutient sa première thèse à 17 ans, à l'Université de Lille. // © Samuel Pruvost

IL VA FAIRE LA UNE. Après un bac S obtenu à 12 ans, Hugo Sbai a intégré l’école polytechnique fédérale de Lausanne. À 17 ans, il vient d’obtenir un premier doctorat en informatique à l’université de Lille et en commence un second à Oxford, en Angleterre.

Bachelier S à seulement 12 ans, avec mention "très bien", Hugo Sbai a sauté en tout six classes pendant son parcours scolaire. "J’ai fait le CP et le CE1 la même année, puis sauté la classe de CM2, la 5e, la 4e, la 3e et la 1re. Mes tantes, doctorantes en biologie, m’ont aidé à ne pas avoir de lacunes. On voit souvent la même chose dans les programmes scolaires, mais de manière plus approfondie d’année en année, ce qui a rendu les choses moins compliquées", explique-t-il.

L’écart d’âge avec ses camarades de classe n’a pas été un frein pour lui. "Je ne l’ai pas vraiment ressenti à l’école primaire, mais plutôt à l’arrivée au lycée, en seconde, où l’écart était assez important. Mais ma classe était bienveillante, j’étais un peu la mascotte !", se souvient l’ancien élève du lycée Claude-Bernard à Paris. Il obtient ainsi le bac en même temps que sa sœur, Marion, avec qui il poursuit ses études supérieures dans le même établissement.

Après le bac, direction la Suisse

"Je n’avais pas envie d’aller en classe prépa, le programme est trop concentré sur les maths et la physique, j’avais envie de concret !" Avec sa sœur, passée par le lycée Henri-IV, il entre à l’école polytechnique fédérale de Lausanne. "C’est une partenaire sur qui j’ai pu compter pendant ces cinq années de cours", confie-t-il.

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Si Hugo a choisi l' EPFL, c'est pour la "reconnaissance internationale" dont jouit cette école d'ingénieurs suisse, mais aussi pour sa passion pour l’informatique : "Mes deux parents travaillent dans ce secteur, cela m’a toujours attiré, d’autant plus qu’il y a plein de domaines d’application". En master informatique, il en profite pour faire en parallèle un M1 de droit de l’université Paris 1, à distance. "Le droit est une matière utile, c’est important de connaître ce qu’on a le droit de faire, comment éviter certains pièges…", justifie le jeune homme, qui a un moment pensé aussi à devenir avocat.

Thésard dans l’informatique

Une fois diplômé de l’EPFL après son projet de recherche en master, Hugo a encore soif de connaissances et décide de continuer en doctorat à l’université de Lille. Sa thèse, soutenue en avril 2018, portait sur la cybersécurité : "Système de vidéosurveillance intelligent et adaptatif, dans un environnement de type FOG/CLOUD". "La sécurité est un enjeu important en France actuellement, il est nécessaire de créer des systèmes de vidéosurveillance intelligents, qui analysent les images." Si Hugo a mis un peu plus d’un an seulement pour finir sa thèse, "ce n’était pas pour la bâcler, c’est un travail de trois ans qui a été réalisé, grâce notamment au bon encadrement que j’ai eu avec mon directeur de thèse, Samy Meftali", précise-t-il.

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Le choix géographique de Lille, était aussi stratégique : "Je n’étais pas loin de l’Angleterre, où j’avais envie d’aller à l’université". C’est désormais chose faite, avec une nouvelle thèse, cette fois-ci à la prestigieuse université d’Oxford, dans un laboratoire dédié à la cybersécurité. Il travaille sur les "screen loggers", qui filment ce qui se passe à l’écran. Il continue aussi son M2 de droit à Paris 1 pour valider son master à distance.

Pour la suite, Hugo ne veut "pas se fermer de portes". "J’aime la recherche pour la liberté qu'elle nous donne, de pouvoir creuser les solutions qui existent et essayer de les adapter à notre problème. Je deviendrai peut-être enseignant-chercheur ou je travaillerai peut-être plutôt dans le monde de l’industrie. J’ai envie d’être là où on a besoin de moi, apporter ma pierre à l’édifice". À 17 ans, il lui reste encore du temps pour se décider.