1. Avec "Combat", cette étudiante de Sciences po veut démuseler l'information
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Avec "Combat", cette étudiante de Sciences po veut démuseler l'information

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Charlotte Meyer a pour modèle de journaliste Albert Camus. // © Photo fournie par le témoin
Charlotte Meyer a pour modèle de journaliste Albert Camus. // © Photo fournie par le témoin

ELLE VA FAIRE LA UNE. À seulement 18 ans, Charlotte Meyer, en deuxième année à Sciences po Paris, a lancé son propre site d’information, "Combat". Son but : inciter la jeunesse à prendre la parole, à provoquer le débat.

Charlotte Meyer, 18 ans, se bat pour que les jeunes s'emparent de l'information. En septembre 2016, cette étudiante en deuxième année à Sciences po Paris a créé le site Internet "Combat". "Une référence au journal du même nom fondé par Albert Camus [en 1941]", confie-t-elle.

Journaliste lycéenne ou lycéenne journaliste

Tout est parti d'un journal lycéen auquel Charlotte participait. Une aubaine pour celle qui "écrit depuis qu'elle sait tenir un crayon". Après avoir réussi l'examen d'entrée de Sciences po Paris, la bachelière quitte son Alsace natale pour rejoindre la capitale. S'enchaînent alors plusieurs stages et des piges qui la confortent dans son envie de devenir journaliste et de créer son propre média.

"Début septembre 2016, j'ai quitté la rédaction pour laquelle je pigeais. J'ai parlé de mon projet à certains collègues qui travaillaient avec moi et ils ont été très enthousiastes. Nous nous sommes réunis à dix pour développer la structure du site et le statut d'association. Aujourd'hui, huit autres personnes nous ont rejoints", se félicite Charlotte.

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Oser prendre la parole

Combat, c'est avant tout la rencontre de jeunes aux univers et aux idées variés, réunis autour de passions communes pour Albert Camus ou pour l'information. "Nous avons des styles d'écriture très différents. Chacun, avec ses idées et ses opinions, peut écrire dans notre média et s'exprimer librement", poursuit Charlotte.

Les divergences donnent souvent lieu à des débats houleux, mais toujours dans le respect des opinions de l'autre. La force du site, c'est justement cette confrontation d'idées. Pour Charlotte, "le métier de journaliste est aujourd'hui trop muselé et le style journalistique est trop plat dans les médias traditionnels. Nous voulons inciter les jeunes à oser prendre la parole, à ce qu'ils donnent leur avis sur l'information sans forcément rentrer dans l'excès".

Un certain mépris pour la jeunesse

L'étudiante regrette également "le procès" que certains intentent à la jeunesse. "On m'a reproché mon jeunisme sur un site Internet où je pigeais de temps en temps. On a tenté de me remettre à ma place. Je l'ai pris personnellement mais finalement, ces réactions étaient somme toute caractéristiques de l'image négative que véhicule la société d'aujourd'hui sur les jeunes."

Pourtant, Charlotte sait qu'elle a encore beaucoup à apprendre. "Je ne me considère pas comme une professionnelle. Je me perçois encore comme une journaliste en devenir. Mais de nouveaux médias alternatifs se développent et c'est une bonne chose car la jeunesse s'exprime de plus en plus à travers eux", poursuit celle qui se voit plus tard journaliste politique.

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Provoquer le débat

Charlotte et son équipe foisonnent d'idées pour faire évoluer leur site. "Nous souhaitons organiser des conférences-débats un peu partout en France en invitant des personnalités du journalisme ou du monde artistique." La première aura lieu à Limoges : elle réunira principalement "des associations et des syndicats étudiants" et aura pour thème "L'engagement chez les jeunes".

Aujourd'hui, Charlotte n'a plus une minute à elle. Elle donne énormément de son temps libre pour poursuivre son projet. "Cela me permet de m'évader du quotidien des cours. En réalité, c'est plutôt un moteur. En plus, le projet prend forme bien plus vite que je ne l'espérais ! Il rentre parfaitement dans la lignée du débat que nous voulons provoquer. Cela crée une réelle dynamique et resserre les liens dans l'équipe !", se réjouit-elle.