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Décryptage

Chirurgie dentaire : le troisième cycle passe sous le bistouri

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Les études de santé se réforment et celles d'odontologie ne sont pas en reste avec la mise en place de nouveaux diplômes spécialisés. // © plainpicture/Anke Tillmann
Les études de santé se réforment et celles d'odontologie ne sont pas en reste avec la mise en place de nouveaux diplômes spécialisés. // © plainpicture/Anke Tillmann

Initialement prévue pour la rentrée 2019, la réforme du troisième cycle d’odontologie (à partir de la sixième année d’études) devrait être repoussée d’un an. Le temps que le gouvernement transforme totalement la PACES (première année commune aux études de santé). L’Etudiant vous dévoile les principaux changements envisagés.

Après la cinquième année d’études, les étudiants en chirurgie dentaire ont le choix entre un troisième cycle court, d’une durée d’une année, et un cycle long sur trois ou quatre ans. La réforme à venir porte sur ces deux parcours.

L’écrasante majorité des étudiants en odontologie optent pour le cycle court, qui mêle cours à la fac et exercice de la profession. Il comprend un "stage actif" en cabinet libéral, d’une durée minimum de 250 heures. À l’issue de cette sixième année d’études, les étudiants ont un an et demi pour soutenir une thèse et décrocher le diplôme d’État.

Un cycle court uniformisé

Le programme du cycle court est aujourd’hui très hétérogène d’une faculté à l’autre. Ces disparités concernent notamment le matériel médical mis à disposition, ainsi que le nombre d’enseignants et d’heures de cours. Globalement, les enseignements de droit, gestion et comptabilité préparant à l’exercice libéral sont insuffisants.

Les modalités du stage actif, qui peut être suivi à temps plein ou partiel sur une durée de trois mois ou deux semestres, varient également grandement.

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La dernière année d’études devrait être harmonisée à l’échelle nationale, comme le demande l’Ordre national des chirurgiens-dentistes, la Conférence des doyens d’odontologie et l’UNECD (Union nationale des étudiants en chirurgie dentaire). Un référentiel de formation, que les facs seraient libres d’appliquer, verra certainement le jour dès la rentrée 2019.

L’UNECD souhaite également que le troisième cycle débouche sur un diplôme d’études spécialisées. Ce DES sans statut d’interne (contrairement aux étudiants en médecine), accessible sans concours après la cinquième année, vous permettrait notamment de vous lancer dans une carrière hospitalo-universitaire, en devenant chef de clinique assistant.

Un cycle long, plusieurs concours

L’accès à l’internat en odontologie se fait aujourd’hui via un concours commun organisé en cinquième et sixième année (vous avez deux chances). Les candidats les mieux classés choisissant leur spécialité et lieu d’affectation en premier. À l'avenir, ce classement général pourrait laisser place à un classement propre à chaque DES ou spécialité. Des coefficients ou des épreuves spécifiques pourraient donc être créés.

Test : Êtes-vous fait(e) pour devenir dentiste ?

À l’heure où nous écrivons ces lignes, trois spécialités sont proposées : "orthodontie dento-faciale", "médecine bucco-dentaire", toutes deux d’une durée de trois ans, et "chirurgie orale" (chirurgies complexes) en quatre ans.

La médecine bucco-dentaire dans le viseur

Le principal changement concernerait la "médecine bucco-dentaire". L’objectif initial de ce diplôme de spécialisation (former des praticiens hospitalo-universitaires à la prise en charge de patients à besoins spécifiques) est aujourd’hui largement détourné par les étudiants qui souhaitent approfondir leurs connaissances avant d’exercer en tant que chirurgien-dentiste généraliste, c’est-à-dire sans spécialité.

Le syndicat étudiant et la profession demandent la disparition de ce DES. Il pourrait être remplacé par quatre nouvelles spécialités en trois ans, à savoir : "endodontie", "odontologie pédiatrique", "parodontologie", et "réhabilitation oro-faciale complexe". Des discussions sont notamment en cours concernant cette mesure.