Infirmier en pratique avancée, un nouveau métier entre infirmier et médecin

Par Martin Rhodes, Mersiha Nezic, publié le 06 Juin 2018 - Mis à jour le 21 Novembre 2019
5 min

Depuis la rentrée 2018, les infirmiers qui ont trois années d’activité peuvent accéder au diplôme d'État d'IPA (infirmier en pratique avancée), et ainsi acquérir plus de responsabilités. Voici ce qu’il faut savoir sur ce nouveau métier et la formation de deux ans qui y mène.

Commençons les présentations. L’infirmier en pratique avancée, ou IPA, est un nouveau professionnel de santé, à mi-chemin entre l’infirmier et le médecin. Son expertise dans un domaine précis, comme par exemple les "pathologies chroniques stabilisées" (diabète, épilepsie, maladie d'Alzheimer…), lui confère une plus grande autonomie. Il réalise des actes jusqu’ici réservés aux médecins, comme la prescription d’examens complémentaires (un bilan sanguin, par exemple), ou le renouvellement de prescriptions médicales.

Seule une poignée d’établissements ont dispensé la formation dès la rentrée 2018. Parmi ceux-ci, figurent l’université Aix-Marseille et l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, qui possédaient déjà un master en pratique avancé. Les premières formations ont donc vu le jour à partir de septembre 2018, mais le diplôme s'est réellement déployé sur tout le territoire l’année suivante. A la rentrée 2019, une formation au minimum a été ouverte par région.

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Trois ans de métier, deux ans de formation

Le diplôme d’infirmier en pratique avancée s’adresse avant tout aux infirmiers diplômés pouvant justifier d’au moins trois années d’activité professionnelle. Ainsi, cette formation à temps plein d'une durée de deux ans et conférant le grade de master, ne peut globalement pas être suivie dans la foulée du diplôme d’Etat d’infirmier, d’une durée de trois ans.

Malgré cette priorité qui est donnée à la formation continue, le diplôme d’infirmier en pratique avancée se présente comme une poursuite d’études intéressante après un IFSI (instituts de formation en soins infirmiers) et une première expérience professionnelle, comme l’explique Lucie Léon, la vice-présidente en charge de l’enseignement supérieur à la FNESI (Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers) : "Les jeunes diplômés peuvent aujourd’hui intégrer un master de santé publique, de sciences de l’éducation, de management de la santé, ou un diplôme d’université hyper spécialisé ["plaies et cicatrisation", par exemple]. Les choix ne sont pas infinis, et les infirmiers ne sont généralement pas prioritaires". Précisons que, dans le cadre du processus d'intégration des formations en santé à l'université, d'autres cursus de deuxième cycle destinés aux IDE pourraient voir le jour prochainement.

Des mentions pour se spécialiser

La première année de formation, en tronc commun, comprend des cours d’anglais médical, de santé publique, de sciences infirmières et de pratique avancée. Les futurs praticiens se forment aussi à l'examen clinique d'un patient, aux outils numériques, aux principes éthiques et juridiques, au travail de recherche.

À l’issue du deuxième semestre, ils choisiront l’une des trois mentions proposées, correspondant aux trois domaines d’intervention de l’IPA, à savoir : " oncologie et hémato-oncologie ", "maladie rénale chronique, dialyse, transplantation rénale", "pathologies chroniques stabilisées ; prévention et polypathologies courantes en soins primaires". Certaines facultés dispenseront uniquement cette dernière mention.

Deux stages, d'une durée minimum de deux et quatre mois, sont obligatoires au deuxième et au quatrième semestres de formation. Le tout dernier semestre est également celui du mémoire de fin d'études, qui peut prendre la forme d'un mémoire bibliographique fondé sur une analyse critique de la littérature, d'une analyse des pratiques professionnelles ou d'un travail de recherche. Le mémoire donne lieu à une soutenance devant un jury.

CV et lettre de motivation à prévoir

Le calendrier des inscriptions, les frais de scolarité ainsi que les modalités de recrutement, sont librement fixés par chaque université. De manière générale, les professionnels peuvent déposer un dossier de candidature auprès de l'établissement d'enseignement supérieur de leur choix, en précisant bien la mention qu’ils souhaitent suivre. Ce dossier, qui peut donner suite à un écrit et/ou un oral, devra notamment comporter un CV (formation initiale et expériences professionnelles) et une lettre de motivation mentionnant le projet professionnel visé. La taille des promotions oscille entre 20 et 60 étudiants. Le ministère des Solidarités et de la Santé devrait établir une grille de rémunération prochainement.

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