1. Études de santé : ce qui va changer à partir de la rentrée 2018
Décryptage

Études de santé : ce qui va changer à partir de la rentrée 2018

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Les études de santé vont connaître plusieurs réformes dans les années à venir. // © Ian HANNING/REA
Les études de santé vont connaître plusieurs réformes dans les années à venir. // © Ian HANNING/REA

Du service sanitaire à l’expérimentation "PACES particulière", l’Etudiant fait le point sur les réformes en cours et à venir dans les formations médicales et paramédicales. D’importants chamboulements sont à prévoir dès la rentrée prochaine.

Vous êtes inscrit – ou projetez de vous inscrire – dans une formation médicale ou paramédicale ? Il y a de fortes chances pour que vous soyez concerné par les nombreuses réformes engagées par le gouvernement. Dans l'ensemble, celles-ci seront mises en place en 2019 et 2020.

Le gouvernement souhaite ajouter de la souplesse dans ces formations à la fois très régulées et cadrées, notamment par le numerus clausus. Il veut également plus de coordination entre les différents cursus (les professionnels de santé sont aujourd’hui formés séparément), et davantage d’implication de la part des étudiants dans le choix de leur métier.

Numerus clausus et service sanitaire

Dans le cadre d'une grande réforme du système de santé, plusieurs éléments pourraient être amenés à changer dès la rentée 2020. Parmi eux, le fameux numerus clausus, qui régule l'entrée en deuxième année de médecine, pharmacie, chirurgie dentaire et sage-femme. Le gouvernement promet d'étudier toutes les possibilités, à savoir : modifier, régionaliser, ou supprimer le numerus clausus.

Les ECN (épreuves classantes nationales), qui déterminent à elles seules l'affectation des futurs internes en médecine en sixième année, pourraient être supprimées. Elles serait alors remplacées par un contrôle continu des connaissances prenant en compte les notes obtenues tout au long des trois années d'externat.

Lire aussi : Un service sanitaire obligatoire dès la rentrée 2018

Mais des changements auront lieu dès septembre 2018. Le service sanitaire, quant à lui, invitera les étudiants en santé à réaliser des actions de prévention (dans un établissement scolaire, par exemple, concernant les risques liés aux drogues). Ce stage d'une durée de trois mois sera obligatoire dès la prochaine rentrée pour les étudiants en soins infirmiers, médecine, pharmacie, odontologie maïeutique et kinésithérapie.

PACES adaptée et universitarisation des formations paramédicales

En parallèle, "l’expérimentation de modalités particulières d’admission dans les études médicales, odontologiques, pharmaceutiques et de maïeutique" se poursuit. Cette expérimentation regroupe les dispositifs AlterPACES, PluriPASS et PACES particulière, qui ont pour objectif de diversifier le parcours et le profil des étudiants de la filière santé. Les décisions définitives ne sont pas prévues pour tout de suite. Le ministère de l'Enseignement supérieur prévoit de faire le bilan des dispositifs les plus pertinents au cours de l'année 2022, au terme de la période de test.

Le terme est un peu barbare : l’universitarisation vise à inclure les formations paramédicales (notamment en soins infirmiers) et de maïeutique au sein de l’université. Mise en place à compter de la rentrée 2018, elle comprend plusieurs objectifs, dont la simplification des modalités d’admission, la mise en place de formations aux nouveaux métiers, ainsi que le développement de la recherche. Comme le précise le ministère de la Santé, le but est également "de faire en sorte que les étudiants en santé […] bénéficient des mêmes droits et des mêmes services que les étudiants inscrits dans un cursus LMD (licence, master, doctorat)".

Un lifting du troisième cycle de pharmacie

La rénovation du troisième cycle de pharmacie devrait entrer en vigueur dès septembre 2019. Cette réforme d'ampleur aura des répercussions sur le premier et le deuxième cycles de pharmacie.

Concernant la deuxième année, les doyens et l’ANEPF (Association nationale des étudiants en pharmacie de France) souhaitent que le stage d’initiation en officine passe de six à quatre semaines. Ces deux semaines en moins seraient alors reportées sur les deux stages d’application qui composent la troisième et quatrième année. Selon nos informations, cette modification du programme pourrait concerner les étudiants qui intégreront la deuxième année de pharma à partir de la rentrée 2019.

Lire aussi : Pharmacie, de l'amphi aux officines

Autre changement hautement probable : l’obligation pour chaque étudiant en pharma de construire, dès la deuxième année d’études, un "projet d’orientation professionnel". Et ce afin de choisir un métier et une spécialisation en connaissance de cause. Pour ce faire, les élèves-pharmaciens seraient, par exemple, amenés à se rendre aux forums des métiers et à rencontrer des professionnels du secteur de la santé.

L’un des principaux objectifs de cette réforme est de redorer l’image de l’officine. "Il y a dix ans, 70 % des étudiants optaient pour cette filière. Aujourd’hui, ce taux est tombé à 40 %", compare Bernard Muller, le président de la Conférence des doyens. Pour faire remonter la cote de popularité de cette spécialité, la sixième année du cycle court ("officine" et "industrie"), qui est aujourd’hui une année non diplômante, pourrait ainsi être sanctionnée par un DES (diplôme d’études spécialisées). Les prochains mois permettront d'y voir plus clair sur tous les changements à venir.

Étudiants en santé, priorité bien-être !

En mars dernier, l’ANESF (Association nationale des étudiants sages-femmes) lançait une enquête nationale sur le bien-être des étudiants en maïeutique, dans la foulée des alarmantes données chiffrées publiées en septembre 2017 par une autre association étudiante, la FNESI (Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers).
Alerté par ces différents constats, le gouvernement a commandé un rapport (remis en avril prochain), avec comme objectif de s’attaquer au stress dont sont victimes les étudiants en troisième cycle issus de la PACES, ainsi que les étudiants en soins infirmiers, orthophonie, orthoptie, psychomotricité et ergothérapie.