Une journée dans les pas d’une étudiante sage-femme

Par Pauline Bluteau, publié le 20 Avril 2021

VIDÉO. Savoir s’adresser aux patientes, donner les bons conseils, adopter les bons gestes, repérer les risques… À l’occasion d’un atelier au centre hospitalier de Lille, Céline, étudiante en deuxième année de maïeutique nous en dit un peu plus sur son futur métier de sage-femme.

Fini les révisions des cours théoriques, il est l’heure de passer à la pratique. Ce jour-là, neuf étudiants de deuxième année de maïeutique à Lille (59) découvrent pour la première fois le centre Présage. Un centre de simulation qui permet aux futurs sages-femmes de s’entrainer sur des mannequins plus vrais que nature sur les bons gestes à adopter, que ce soit en salle de naissance ou en maternité.

"C’est super stressant en fait…", chuchotent les étudiants en découvrant la chambre aménagée pour l’occasion et la patiente dont ils devront s’occuper pendant cet atelier. À l’intérieur, tout semble bien réel : le mannequin "respire" et "cligne des yeux", le chariot de soins contient gants, sondes, perfusions, aiguilles, tensiomètre, thermomètre… Rien n’est laissé au hasard. Et c’est justement tout l’objectif de cet atelier : par binôme, les élèves sont confrontés à un scénario, plus ou moins difficile, qui leur permet d’allier théorie et pratique.

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Se confronter à la réalité… sur un mannequin

Stéphanie Robitaille et Virginie Philippe, les deux sages-femmes enseignantes ont tout prévu. Dans la salle de simulation, les étudiants évoluent et prodiguent les soins à la patiente-mannequin sous l’œil de Stéphanie Robitaille, qui a le rôle de facilitatrice. "Je peux les aider s’ils ne savent pas se servir du matériel ou s’ils ne le trouvent pas mais je ne peux pas leur donner les solutions." Derrière une vitre, Virginie Philippe joue le rôle de la patiente et dialogue en direct avec le binôme de soignants. Dans une salle annexe, les autres élèves peuvent visionner et écouter ce qu’il se passe.

À la lecture de leur scénario, les futurs praticiens repèrent tout de suite les risques, les pathologies et anticipent les besoins. "On sait que notre patiente a des risques de phlébite et comme elle vient d’accoucher, il faut s’assurer qu’elle peut mobiliser ses jambes", détaille Céline. En duo avec Célia, les deux étudiantes entrent dans la chambre, plus ou moins sûres d’elles. Immédiatement, la patiente leur fait comprendre à plusieurs reprises qu’elle a de fortes douleurs, ce que les étudiantes n’avaient pas prévu. "On va vous donner du Doliprane… et du Spasfon… Vous pouvez prendre les deux en même temps, mais c’est quoi la dose déjà ?" Une fois leurs soins prodigués, les jeunes femmes doivent "appeler" la maïeuticienne référente, jouée une nouvelle fois par Virginie Philippe. "C’est exactement ce qu’elles devront faire en stage, la sage-femme s’assurera qu’elles n’ont rien oublié lors de l’examen", confirme Stéphanie Robitaille.

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Après chaque session, l’heure est au bilan. "Qu’est-ce que vous en avez pensé ? Les autres, est-ce que vous auriez fait pareil ?" L’occasion de revoir ensemble les situations qui n’ont pas été comprises ou les erreurs commises. "Vous n’avez pas utilisé vos gants du tout et faites attention à respecter l’intimité de la patiente, on ne sait jamais si quelqu’un entre au même moment", pointe Virginie Philippe. Des oublis qui sont aussi là pour rappeler les bases. "Quand vous ne savez pas, n’hésitez pas à demander", recommande la sage-femme. Autant de conseils qui devraient d’ailleurs permettre aux étudiants de se sentir plus sereins lors de leurs futurs stages. "Désormais, les examens post-accouchements ne doivent plus avoir aucun secret pour vous !", s’exclame Stéphanie Robitaille, sous les rires des élèves très satisfaits d’avoir mené à bien ce premier atelier.

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