1. Cet ingénieur a créé un robot pour les enfants exceptionnels
Portrait

Cet ingénieur a créé un robot pour les enfants exceptionnels

Envoyer cet article à un ami
Ladislas a créé son robot et monté sa strat-up dès la fin de sa formation à l'École de biologie industrielle de Cergy (95). // © Bertrand Desprez pour L'Étudiant
Ladislas a créé son robot et monté sa strat-up dès la fin de sa formation à l'École de biologie industrielle de Cergy (95). // © Bertrand Desprez pour L'Étudiant

LES JEUNES ONT DE L'AVENIR - Passionné de robotique et d’informatique, cet ingénieur a développé pour les enfants autistes un robot en forme de bulle pour les faire sortir de la leur. Un projet né en 2011, à l’École de biologie industrielle de Cergy.

“Pourquoi pas Brio ? Comme ça on dira que l’enfant a réussi avec Brio”, lance Ladislas de Toldi, en montrant son robot en forme de bulle – “pour faire sortir les enfants qui sont dans la leur”. En juin, le jeune homme de 27 ans hésitait sur le nom à donner au deuxième prototype développé par sa start-up ; finalement, il portera le nom de celle-ci : Leka.

S’il a pu réaliser une nouvelle boule interactive aux grands yeux d’animal de compagnie, qui “bouge, change de couleur, vibre, et dont le mouvement et sa fréquence, ainsi que l’intensité lumineuse et sonore sont paramétrables”, c’est grâce à un prêt Scientipôle de 60.000 €, décroché en janvier dernier.

Testé auprès des enfants

Leka SAS compte aujourd’hui six personnes, dont Marine Couteau, “la première à me rejoindre sur ce projet, en 2014”, précise l’entrepreneur. C’est elle qui a testé le premier robot, Moti, auprès d’enfants comme Hugo, 17 ans, “qui souffre de troubles sensoriels quand il est trop stimulé et qui a montré un grand intérêt pour l’objet”, raconte Ladislas, vidéo à l’appui.

Comme lui, “en France, un enfant sur 100 est exceptionnel”, aime à dire Ladislas pour parler des enfants touchés par un “trouble du spectre autistique”. “Et ils sont même un sur six aux États-Unis, où ils sont mieux détectés”, renchérit l’ingénieur.

Un outil pour les éducateurs

Tout a commencé en 2011, dans le cadre d’un projet d’innovation et de création d’entreprise en troisième année à l’École de biologie industrielle de Cergy (95), initié par un professeur de design ayant un enfant autiste. Depuis, la route a été longue. Seul à développer son robot dans un incubateur pendant huit mois lors de son stage de fin d’études, Ladislas a connu un passage à vide en 2013. “Beaucoup de stress. J’ai fait un break de deux mois”, reconnaît-il.

Il lui a fallu ensuite gagner la confiance des éducateurs, “qui ont d’abord perçu le robot comme un remplaçant, avant de se rendre compte qu’il s’agissait d’un outil”. Aujourd’hui, son robot est déjà précommandé par des parents et des IME (instituts médico-éducatifs). Il coûte 700 €. En comparaison, le robot de compagnie Aldébaran Nao vaut dix fois plus cher.