Des associations pour aider les étudiants d'outre-mer dans leur mobilité

Par Manon Pellieux, publié le 04 Octobre 2022
5 min

Partir étudier loin de chez soi, c'est un choix difficile auquel sont confrontés les bacheliers et étudiants ultramarins. Des associations existent pour les accueillir et les accompagner lors de leur arrivée dans leur nouvelle ville étudiante, notamment en métropole.

Ils sont chaque année plus de 5.000 nouveaux bacheliers d'outre-mer à poursuivre leurs études en métropole. Commencer une nouvelle formation dans le supérieur peut déjà être intimidant, alors quand cela se passe à des milliers de kilomètres de chez soi, il ne faut pas hésiter à se faire accompagner par des associations.

Des associations pour accueillir les étudiants ultramarins

Il en existe plusieurs en métropole qui guident chaque année des étudiants ultramarins dans leur installation. C'est le cas de Solidarités Dom Tom, implantée à Montpellier (34). Chaque année, cette association organise à la rentrée un événement pour accueillir les étudiants ultramarins installés dans cette ville d'Occitanie.

"Le but est de leur présenter les dispositifs auxquels ils peuvent avoir droit pendant l'année universitaire", explique Jean-Marie Bargot, directeur de l'association. L'occasion est aussi toute trouvée pour rencontrer d'autres étudiants ultramarins fraîchement débarqués en métropole. Des repères qui peuvent être salutaires lors de la découverte de sa nouvelle ville étudiante.

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Faciliter l'accès au logement pour les étudiants d'outre-mer

Trouver un logement représente une vraie galère pour les jeunes d'outre-mer. Du fait de l'éloignement géographique, il est difficile de faire des visites rapidement et de connaître les différents quartiers d'une ville située à des milliers de kilomètres. Dans ce contexte, les associations sont aussi un soutien, notamment pour effectuer des visites à la place des étudiants, quand ces derniers ne sont pas encore arrivés sur place.

"À Montpellier, le marché locatif est tendu. Si on s'y prend en juillet, c'est très compliqué", assure Jean-Marie Bargot. Les associations sont aussi souvent en lien avec le Crous ou encore des bailleurs sociaux. Elles peuvent donc diriger les jeunes ultramarins vers des logements par le biais de leurs partenariats.

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Parfois, les étudiants se heurtent aussi à la discrimination qui leur ferme les portes de potentiels logements. "Des jeunes peuvent avoir des refus parce que les propriétaires ou les résidences ne veulent pas accepter de garants d'outre-mer", raconte Sandrien Serrant, membre de l'association Pelicarus, qui accompagne spécifiquement des jeunes de Saint-Martin.

"On a aussi eu le cas où des personnes n'acceptent pas l'avis d'imposition donné par l'étudiant, parce qu'il ne ressemble pas à celui produit en métropole. Pourtant, ils sont bien produits par l’État, mais nous n'avons simplement pas les mêmes", ajoute-t-elle.

Pelicarus conseille donc de privilégier un logement en résidence Crous pour la première année d'études. Mais encore faut-il pouvoir y accéder. Même si, à niveau d'échelon Crous égal, un étudiant ultramarin a la priorité sur l'obtention de la chambre par rapport à un étudiant de métropole, tous ne peuvent forcément y accéder, faute de logements suffisants.

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Des associations pour rompre l'isolement des étudiants ultramarins

En plus d'être un soutien administratif, les associations représentent aussi un appui psychologique et social. L'association Solidarités Dom Tom propose par exemple des cours de cuisine pour que les étudiants apprennent à se nourrir de manière équilibrée et peu chère. Elle dispose aussi d'une épicerie sociale, dont 20% des 800 bénéficiaires sont des étudiants.

"On se retrouve très rapidement seul au début, assure Jean-Marie Bargot. La saisonnalité n'est pas la même. La culture, les codes non plus."

L'association Solidarités Dom Tom de Montpellier (34) a organisé une journée d'accueil, samedi 24 septembre 2022, pour les nouveaux étudiants.
L'association Solidarités Dom Tom de Montpellier (34) a organisé une journée d'accueil, samedi 24 septembre 2022, pour les nouveaux étudiants. // © Photo fournie par l'association Solidarités Dom Tom

Une perte de repères également constatée par Sandrien Serrant. "Il faut s'imaginer qu'on a vécu sur une île toute sa vie, et qu'on se retrouve d'un coup dans une grande ville. Il faut aussi penser à la météo, l'arrivée de l'automne et de l'hiver. Beaucoup d'étudiants dépriment la première année parce qu'ils n'ont pas l'habitude de ces changements." Alors, en organisant des rencontres et des événements, ces associations espèrent mettre les jeunes d'outre-mer dans de bonnes conditions pour s'épanouir dans leurs études.

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