Décryptage

Les huit dates clés de l’histoire de l’éducation des femmes en France

Par Thomas Leduc, Nina Waechter, publié le 08 mars 2023
5 min

VIDÉO. À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, l’Etudiant revient sur huit dates clés qui ont façonné l’histoire de l’éducation des femmes en France depuis le 19e siècle.

Les droits des femmes ont grandement évolué au cours des deux derniers siècles. Au cœur de cette évolution, l'éducation. Car c'est notamment par l'accès à l'éducation, réservée auparavant aux hommes et quelques femmes aristocrates, que la situation des femmes s'est grandement améliorée.
Retour sur huit dates clés de l’histoire de l’éducation des femmes en France.

1850 : Loi Falloux

En 1850, la loi Falloux impose aux communes de plus de 800 habitants d'ouvrir des écoles primaires pour filles. Payant et non obligatoire, l'enseignement ne concerne que les jeunes filles bourgeoises, et est surtout pris en charge par des religieuses.
Les filles et les garçons sont généralement séparés, et l'enseignement est différencié : les filles ont par exemple des travaux d'aiguille.

1861 : la première bachelière française

En 1861, alors que les jeunes filles n'ont toujours pas accès à un enseignement secondaire qui préparerait au baccalauréat, Julie Daubié est la première femme à décrocher son baccalauréat. Elle l'obtient en candidat libre à l'âge de 37 ans.

Dans les 12 ans qui suivent, il n'y aura que 14 autres bachelières.

1881 : Loi Camille Sée

En 1881, alors que l’enseignement secondaire féminin est monopolisé par l’Église, la loi Camille Sée permet la création de lycées publics laïcs pour jeunes filles. Ces lycées sont payants et ne préparent pas au bac.

1868 – 1908 : les premières diplômées

En 1868, Emma Chenu, étudiante en mathématiques, est la première femme à obtenir une licence.
En 1875, Madeleine Brès devient la première doctorante après des études de médecine. Plus tard, en 1908, Marie Curie deviendra la première professeure d'université.
L'accès à l'enseignement supérieur reste très marginal à cette période, il est réservé à une poignée de femmes issues des classes supérieures.

1892 : la soutenance de Jeanne Chauvin

Les femmes qui parviennent à accéder à un enseignement prestigieux subissent par ailleurs des contestations.
C'est par exemple le cas de Jeanne Chauvin, première doctorante en droit : pendant sa soutenance en 1892, des étudiants envahissent la salle pour protester contre ses revendications d'égalité d'accès à l'éducation.

1882 : Lois Ferry

Avec les lois de Jules Ferry en 1882, l'obligation d'instruction de 6 à 13 ans permet de donner aux filles une éducation de base. La mixité est toujours prohibée, et filles et garçons n'ont pas les mêmes programmes d'enseignement.
Selon Jules Ferry, "l’école primaire doit […] préparer les garçons aux futurs travaux de l’ouvrier et du soldat, les filles aux soins du ménage et aux ouvrages de femme".

1924 : Décret Léon Bérard

À partir de 1924, avec le décret Léon Bérard, les programmes scolaires et le nombre d'heures d'enseignement sont identiques pour filles et garçons. Cela permet aux filles de passer le bac, et donc d'accéder aux études supérieures.

1975 : la mixité généralisée

En 1975, la mixité, qui avait été progressivement mise en place depuis l'après-guerre, est généralisée à tous les degrés de l'enseignement (du primaire au supérieur). Certaines grandes écoles ne seront pourtant mixtes qu'à partir des années 1980 (Polytechnique en 1972, Saint-Cyr en 1983). Dans l'enseignement supérieur, les différentes filières sont toujours très inégalement féminisées.

Aujourd'hui, les discriminations liées au genre n'ont pas disparu, les garçons restent surreprésentés dans les filières scientifiques tandis que les femmes sont majoritaires dans certaines formations du "soin". Mais les avancées en matière d'éducation ont été un facteur clé de l'émancipation des femmes.

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