Quand les universités soutiennent les projets artistiques des étudiants

Par Amélie Petitdemange, publié le 03 Octobre 2022
5 min

Quel que soit le projet artistique, de nombreuses universités proposent un accompagnement pour vous aider à le réaliser.

Théâtre, musique, danse… Les universités proposent très souvent des dispositifs de soutien aux projets artistiques. Ils sont accessibles aux étudiants de toutes les filières, artistiques ou non, et ouvrent droit à un accompagnement et à un financement.

Financer son projet artistique par l'université

La plupart des universités organisent des appels à projets pour sélectionner les projets artistiques des étudiants, qu'ils soient dans une formation artistique ou non. C'est le cas de l’université Sorbonne Nouvelle, à Paris (75), qui permet à ses étudiants de déposer leur dossier tout au long de l'année. Trois à quatre commissions se réunissent chaque année pour sélectionner des projets artistiques qui bénéficieront d'un financement spécifique pouvant aller jusqu’à 500 euros.

"Tous les étudiants ne sont pas au courant de ce dispositif alors que les montants sont intéressants. Cela ne permet pas à l’étudiant de se payer mais de financer une partie de son projet. Et nous sommes aussi là pour lui présenter les autres possibilités", explique Kévin Jaglin, responsable du service arts et culture de l'université parisienne. En plus de cet aspect financier, un étudiant recruté chaque année est aussi là pour soutenir les lauréats.

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L’université Rennes 2 (35) propose de son côté un appel à projets unique en septembre pour accompagner trois groupes d'élèves chaque année. "La sélection s’opère lors d’une discussion avec le jury, le nombre d’étudiants qui postulent est très aléatoire", pointe Morwenna German, du service culturel de l’université bretonne.

L'établissement organise également des concours — d'écriture, de photos ou de dessins selon les années — pour donner de la visibilité aux projets. "Nous sommes aussi là pour orienter les étudiants qui ont des projets artistiques. Nous les guidons s’ils ont des questions techniques, sur la rédaction d’un contrat par exemple", témoigne Morwenna German.

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Accompagner des projets artistiques

Au-delà de ces appels à projets, des universités mettent aussi en place des dispositifs centrés sur l’accompagnement. À Paris 3, le module "scènes nouvelles" se déroule durant toute l’année universitaire sous la forme d’un parcours de formation avec des intervenants professionnels.

Les étudiants apprennent comment contacter des professionnels, comment financer leur projet… Ils sont également parrainés par un artiste contemporain. "C’est un point de vue extérieur essentiel", affirme Kévin Jaglin.

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À Rennes, l'université organise un tremplin "musique actuelle" pour les étudiants de Rennes 2 et Rennes 1. Les trois lauréats bénéficient de deux journées de résidence avec un technicien son. Ils donnent ensuite un concert live et filmé dans la salle de spectacle de l’université. "À partir de la captation son, nous réalisons ensuite un EP. Ce sont souvent des groupes émergents qui n’en ont pas encore, on les aide ainsi à communiquer et à diffuser leur musique", explique Morwenna German.

"Une énorme chance" donnée aux jeunes artistes

Noa, 25 ans, a bénéficié du dispositif scènes nouvelles de l'université Paris 3 avec sa compagnie de théâtre. À la fin de l’année universitaire 2021–2022, sa compagnie a donné un spectacle, intitulé Médium, au théâtre Monfort, à Paris. "Ça nous a permis de tester la maquette du spectacle, d’avoir de la visibilité et de faire des rencontres professionnelles et artistiques", témoigne-t-elle. Tout juste diplômée d’un master en théâtre, la jeune femme a aussi bénéficié de "conseils très importants de professionnels du spectacle vivant".

Avec sa compagnie de théâtre, Noa a joué la pièce "Médium" au théâtre Monfort, à Paris.
Avec sa compagnie de théâtre, Noa a joué la pièce "Médium" au théâtre Monfort, à Paris. // © Adrien Van Hoort

Faustin et Malo ont de leur côté décroché le tremplin proposé à Rennes l’année dernière avec les autres membres de leur groupe de musique, Egone Line. Pour Malo, ce soutien a été "une énorme chance". Le concert lui a particulièrement été bénéfique. "Nous avions peu d’expérience, ça nous a familiarisés avec le public et on a gagné en professionnalisme. Nous avons aussi découvert ce qu’il se passe en amont d’un concert, toute la logistique", témoigne le jeune homme.

Faustin a apprécié les rencontres avec un professionnel, en l’occurrence un directeur artistique, qui lui a permis d’avoir "une vision plus claire de notre projet et de notre avenir". L’étudiant en musicologie aurait cependant souhaité un accompagnement plus poussé et plus régulier. "J’aurais aimé faire un point tous les mois avec le professionnel, par exemple."

Le projet a toutefois bien avancé, puisque son groupe sort un EP (mini-album) en octobre prochain.

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