Rentrée : les associations étudiantes au rendez-vous pour accompagner les nouveaux arrivants

Par Juliette Chaignon, publié le 14 Septembre 2020
6 min

Conscientes du caractère particulier de cette rentrée, les associations étudiantes ont dû s'adapter en offrant plus de soutien aux nouveaux et en réorganisant les activités d’intégration.

Week-ends d’intégration annulés, reprise des cours à distance pour certains… L’intégration des nouveaux arrivants en études supérieures est bien différente cette année. Mesures barrières et distanciation physique obligent, les associations étudiantes ont dû s’adapter pour revoir leurs événements de rentrée de bout en bout. "On s’attendait à quelque chose de grandiose, c’est sûr qu’on est totalement déçu", regrette Tony Caillot, président du bureau des élèves (BDE) SHS (sciences humaines et sociales) de l’université de Rouen (76). Qu'à cela ne tienne, les associations ont tout de même fait leur possible pour accueillir les premières années dès la rentrée.

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Un accompagnement renforcé des étudiants

Tout commence avant même l'arrivée sur le campus. La précarité frappe encore plus durement cette année, avec, par exemple, des difficultés à trouver un logement abordable. À Angers (49), la Fédération étudiante des associations angevines (Fé2A), rattachée à la FAGE (Fédération des associations générales étudiantes), a donc mis en place le dispositif "Un lit pour la nuit". Du 26 août au 31 octobre, les étudiants sans solution d’hébergement peuvent solliciter un logement temporaire chez un hébergeur volontaire.

Mais ce n'est pas tout. Dans plusieurs établissements, les démarches d’inscription ont été dématérialisées. L’association Acid des étudiants de droit et AES (administration économique et sociale) de Quimper (29) a donc épaulé les étudiants. "Il a fallu répondre à leurs questions et les aiguiller pour qu’ils comprennent le fonctionnement des différents services numériques", explique Loanne Riguet, présidente de l’association.

Le bureau d’aide aux élèves de Caen (14), mené par Lara Lemaire, s’est lui aussi mobilisé. Objectif : fabriquer 4.000 à 5.000 masques à la main pour les fournir aux étudiants du campus. "Si on y arrive, ce sera déjà très bien. Nous cherchons encore du tissu et une autre machine à coudre", précise la responsable. Le bureau des étudiants internationaux de l’école Centrale Lyon (69) a déjà fourni un masque à chaque élève étranger.

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Des intégrations qui changent de l'ordinaire

Autre enjeu crucial : faire connaissance, malgré le masque sur le nez et la distance. Les étudiants en orthophonie de Rouen ont revu leur programme. Pas de week-end de cohésion mais plutôt un jeu de piste dans Rouen. "Les étudiants arrivent de partout donc ça leur a permis de découvrir la ville", confient Anne-Gaëlle Dubois et Ophélie Roturier, les co-présidentes de l’association. À chaque lieu marqué sur la carte, des activités à réaliser en petit groupe. Et bien sûr, tous ces jeux se jouaient à distance de ses co-équipiers. "Nous avons un blind test, par exemple, et la création d’une chanson par équipe", racontent les responsables. Quant au traditionnel repas d’accueil rouennais, il s’est transformé en pique-nique à l’extérieur, "où chacun devait apporter sa propre nourriture".

À Quimper aussi, d’habitude, le blind-test faisait partie des épreuves reines de l’intégration. Cette année, il n’y aura plus un buzzer pour tout le monde, mais un pour chaque participant. Même chose pour la course d’orientation. Les équipes seront réduites de 12 à 6 aventuriers, avec des départs différés pour qu’ils ne se croisent pas sur les balises.

Pas de soirées officielles

Reste la question des soirées. À Quimper, toutes sont annulées. Même chose à l’école Centrale de Lyon, où les quelques animations se terminent à 23 heures. Dans cette école d’ingénieurs, la direction impose aussi des mesures dans les résidences. Plusieurs centaines d’étudiants de première année y logent mais seuls les étudiants d’un même étage peuvent se côtoyer et faire des soirées ensemble, chaque étage formant une "bulle" relationnelle. Tous les BDE interrogés le savent bien, ce n’est pas parce que leur association n’organise pas de soirée que les étudiants n’en font pas.

Après la fermeture de plusieurs établissements du supérieur seulement quelques jours après la rentrée, la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a appelé à la vigilance des étudiants. "Les dernières données confirment que la multiplication de nouvelles contaminations est majoritairement liée à des rassemblements privés (soirée étudiante, privatisation de bars…) associés à un relâchement des consignes sanitaires notamment des gestes barrières", assure-t-elle. "Je sais à quel point le contexte actuel est difficile pour vous tous, et tout particulièrement pour celles et ceux qui ont été privés de lien social du fait de la Covid-19 ces derniers mois. Hélas, nous pouvons tous être exposés. C’est pourquoi j’en appelle à votre engagement collectif, à votre responsabilité individuelle", rappelle la ministre.

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