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Décryptage

Spécialités au lycée : comment s'organisent les zones rurales

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S'éloigner ou renoncer ? Pour suivre une spécialité précise au lycée, en zone rurale, il faudra parfois se décider. // © plainpicture/Goto-Foto/Neville Mountford-Hoare
S'éloigner ou renoncer ? Pour suivre une spécialité précise au lycée, en zone rurale, il faudra parfois se décider. // © plainpicture/Goto-Foto/Neville Mountford-Hoare

L'offre de spécialités de première et terminale est-il aussi important dans les lycées des zones rurales que dans les villes ? Comment choisir ses disciplines en fonction de son lieu d’habitation et de son projet professionnel ? Tour d’horizon et décryptage.

Élèves de seconde, l'heure de choisir vos trois spécialités pour l'an prochain a sonné. À la Ferté-sous-Jouarre (77), commune située entre Meaux et Coulommiers, se trouve le lycée Samuel-Beckett. Alana, élève de seconde, y est scolarisée. Son établissement propose sept spécialités sur 12, comme la majorité des lycées français.

"Au second trimestre, on nous a demandé de choisir quatre spécialités, indique-t-elle. Je les ai choisies en fonction de ce que proposait mon lycée, je ne voulais pas spécialement partir ailleurs", avoue Alana. Pour elle, ce sera langues, littératures et cultures étrangères ; mathématiques ; sciences de la vie et de la Terre et humanités, littérature et philosophie.

Au lycée Joliot-Curie, à Aubagne, pas de mauvaise surprise pour Baptiste : "Mon lycée propose toutes les spécialités scientifiques, une aubaine pour moi".

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Des échanges d'élèves

Mais en ville comme en zone rurale, pour satisfaire leur vœu d'orientation, les élèves vont devoir parfois composer avec l'offre disponible dans un secteur géographique plus étendu.

Dans certains lycées, s’il y a moins de dix élèves, la spécialité sera difficilement ouverte. "Notre proviseur souhaite interagir avec d’autres lycées, notamment à Meaux, pour ouvrir le champ des possibilités", expose Alana. Mais il faudra alors compter 30 minutes de trajet…

Au lycée Arcisse-de-Caumont, à Bayeux (14), les élèves ont le choix entre huit enseignements de spécialités. Les sciences de l’ingénieur sont proposées uniquement dans cet établissement. Les spécialités arts ; littérature, langues et culture de l'Antiquité ; biologie-écologie et SVT, en revanche, n'y sont pas représentées. Résultat : "Nos élèves qui souhaitent suivre ces enseignements devront aller dans l’autre lycée de la ville. Inversement, pour l'enseignement sciences de l'ingénieur, il faudra venir ici. Cette situation est particulière à Bayeux où il n'y a pas de sectorisation", relate Nathalie Le Cleach, la proviseure du lycée.

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Vers des couplages de spécialités ?

La crainte des enseignants et des syndicats lycéens ? Que les établissements cherchent à réaliser des couplages de spécialités, faute de délai pour s'organiser. Par exemple, il pourrait y avoir une association, maths, physique-chimie et SVT.

"Quand on sort de la ville, les lycées sont séparés d’une dizaine de kilomètres. Il y a effectivement la création d’internats pour faciliter les choses, mais les conditions ne sont pas optimales", dénonce Mattéo Comar, le secrétaire général du MNL (Mouvement national lycéen).

Le casse-tête des emplois du temps

Les spécialités représentent également un véritable challenge pour les lycées en termes d’organisation. Pour Marianne, professeure en sciences industrielles de l’ingénieur à Toulouse, "cela risque d’être compliqué pour former les classes et construire les emplois du temps. Certains élèves vont devoir faire 20 kilomètres pour trouver chaussures à leurs pieds".

À Bayeux, La Ferté-sous-Jouarre, comme dans toute la France, les élèves de seconde devront attendre le conseil de classe du troisième trimestre pour connaître leur sort.