1. Métiers de l'océanographie : plongée dans l'Aquarium de Paris
Reportage

Métiers de l'océanographie : plongée dans l'Aquarium de Paris

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À quelques pas de la tour Eiffel, l’Aquarium de Paris reçoit chaque année 600.000 visiteurs, attirés par ses milliers de poissons, de requins, de coraux et de méduses. Une centaine de salariés s’activent en coulisses, qu’ils soient biologistes, médiateurs scientifiques, administratifs, commerciaux ou spécialisés dans l’événementiel.

L'Aquarium de Paris

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  •  // © Myr Muratet pour l'Étudiant
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  • Les immenses bassins de l'aquarium

    Il faut descendre quelques marches pour accéder aux immenses bassins, remplis de végétation et d'animaux marins. Aujourd’hui, le site fait le plein. Les familles sont nombreuses, les enfants regardent avec fascination les poissons déambuler dans leurs étendues d’eau. L’un des spectacles favoris des spectateurs, c’est le monde des requins. L’aquarium en présente une petite quarantaine aux côtés de 7.500 autres poissons, appartenant à 450 espèces. Il revendique également 400 colonies de coraux. 

    Cette année, l’aquarium vise 650.000 visiteurs. Son budget annuel de 10 millions d’euros sera constitué des entrées (20 € pour un adulte, 13 à 16 € pour un enfant), mais aussi du revenu des événements et des privatisations. "Pour faire fonctionner l’établissement, c’est à la fois une industrie lourde et un véritable artisanat", déclare Alexis Powilewicz, le président et administrateur général des lieux.

  • Des méduses par milliers

    L’aquarium contient 2.500 méduses, représentant une trentaine d’espèces différentes. Plongé dans des atmosphères plus sombres, le "médusarium" est réparti en 14 bassins, qui sont entourés de bornes interactives pédagogiques, afin de faire découvrir ces animaux vieux de 600 millions d’années. 

  • Jessica, 24 ans, aquariologiste

    "À 18 ans, j’ai visité l’aquarium de Londres. En approchant les requins, j’ai eu envie de devenir aquariologiste. C’était une certitude en sortant !" 

    Après son bac, elle se tourne vers une licence de biologie, puis un master de biologie marine à l’université de Caen (14). Quelques mois après son diplôme, Jessica trouve un poste à l’Aquarium de Paris, qui est pérennisé en CDI. Pour devenir aquariologiste plongeur, elle précise qu’il faut aussi disposer d’un diplôme de plongeur professionnel.


    Son poste est polyvalent. "On s’occupe des quarantaines en cas de maladies, des nourrissages, des tests de l’eau pour vérifier, par exemple, le pH et la salinité. Notre objectif est que les animaux soient en bonne santé. Ce que je préfère, c’est le contact avec les requins, que ce soit en plongée ou en nourrissage, raconte la jeune professionnelle. Les naissances sont toujours un moment particulier : les bébés sont isolés, nous vérifions leur respiration, les pesons, les mesurons et les nourrissons différemment."

    Ici, l’un des derniers nouveau-nés : un petit requin zèbre, âgé de quelques semaines.

  • Alexandre, 30 ans, médiateur scientifique

    Le rôle d'Alexandre est de présenter les différents animaux et de répondre aux questions des visiteurs. "Nous sommes souvent face à des familles, des enfants ou des groupes scolaires. En plus d’échanger avec eux, nous leur apportons des éléments à toucher, comme des squelettes de coraux", détaille le médiateur. 

    Diplômé d’un master de biologie marine de l’université de Perpignan (66), Alexandre doit également mettre à jour les textes explicatifs près des bassins, ce qui est un travail de longue haleine.


    Face aux enfants, Alexandre parle de l’habitat des poissons, de leurs modes de reproduction, de leurs particularités, et les alerte, par exemple, sur le blanchissement des coraux. "Nous tentons de faire passer le message de l’impact humain sur l’environnement. Ce que je préfère, ce sont vraiment les relations avec les visiteurs, les échanges pour répondre à leurs questions, et ainsi les voir partir plus informés."

  • Morgan, 27 ans, chargé de la communication et des relations presse

    En poste depuis presque un an, Morgan est chargé de la communication et des relations presse. Après un bachelor management et marketing international à l’EM Normandie et une année passée au Canada, il se tourne vers l’INSEEC Lyon pour un diplôme de niveau master management, production et distribution des médias. Et il n’a pas trouvé ce travail par hasard. 

    "J’ai envoyé des candidatures spontanées dans plusieurs aquariums, j’avais envie de travailler auprès d’animaux. Ici, mon quotidien est varié, je fais à la fois de la communication, de la photographie, du graphisme, de la relation presse, de l’événementiel et du community management", explique-t-il. 

    Les journées sont donc bien chargées, mais pas de regret pour Morgan. "Il n’y a pas vraiment de journée type, ni de routine, je ne m’ennuie pas."

  • Jean-Pierre, 23 ans, assistant de direction

    Jean-Pierre travaille aux côtés d’Alexis Powilewicz, président de l’aquarium (à droite). Il a commencé à l'aquarium il y a presque quatre ans en tant que saisonnier, à la caisse. Il cherchait alors un contrat d’apprentissage dans le cadre de son DUT (diplôme universitaire de technologie) gestion des entreprises et des administrations. 

    "J’ai continué mes études jusqu’à la licence professionnelle management opérationnel des entreprises. Je suis maintenant assistant de direction", explique-t-il. 

    Le jeune homme a des tâches très variées : traitement des mails, réponse aux courriers, préparation des contrats de travail, encaissement des chèques, gestion des formations des personnels, de la mutuelle… 

    "C’est beaucoup de travail, car l’entreprise compte une cinquantaine de salariés à temps plein, et ce chiffre triple pendant les périodes de vacances."

  • Franck, 24 ans, commercial

    Franck, comme Jean-Pierre, est entré à l’aquarium via des jobs saisonniers. Après une année à la caisse et un contrat d’apprentissage, il est commercial en CDI depuis septembre 2017. Son marché : les CE (comités d’entreprise). 


    Il vend et organise des événements et des sorties de groupes, en direct avec les CE. "Nous proposons des privatisations, surtout au moment de Noël, avec de grands groupes. L’objectif cette année est de réaliser 500.000 € de chiffre d’affaires sur ce marché", ajoute-t-il. En période de fêtes de fin d’année, un des plongeurs peut même se déguiser en Père Noël pour faire un show dans le bassin.

    Pour de tels événements, il faut tout gérer : l’opérationnel, la relation avec les clients, la prospection, ainsi que l’aspect administratif. "Aucun jour ne se ressemble et l’aquarium est un très beau site."

  • Claire, 29 ans, sirène de l'aquarium

    Pendant les vacances scolaires, les week-ends et les jours fériés, le public assiste à un spectacle pas comme les autres : celui de Claire, la sirène de l’aquarium, qui nage et danse au milieu des poissons, avec une aisance étonnante.


    Après avoir fait de la communication et du théâtre lorsqu’elle était étudiante, la jeune femme cherche sa voie. Son idée : proposer un spectacle de sirène. Elle se lance dans ce projet, crée son costume et ses chorégraphies, puis sa société d’événementiel. Ses prestations séduisent, et la jeune sirène, passionnée de l’univers marin, travaille désormais régulièrement à l’aquarium depuis cinq ans, en même temps qu'elle prépare une thèse à l’université Sorbonne-Nouvelle. Qui porte… sur le mythe de la sirène.


    "J’adore être dans l’eau avec les poissons, je me sens dans ma bulle. Les chorégraphies demandent énormément de travail, car il faut donner l’impression d’être à l’aise dans l’eau, où l’on n’entend pas la musique", explique-t-elle.