1. Sélim, 33 ans : "Comment je suis devenu coach en séduction"
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Sélim, 33 ans : "Comment je suis devenu coach en séduction"

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Sélim a commencé, dès la seconde, à coacher ses camarades de classe. // © Anne-Charlotte Compan/Hans Lucas pour l'Etudiant
Sélim a commencé, dès la seconde, à coacher ses camarades de classe. // © Anne-Charlotte Compan/Hans Lucas pour l'Etudiant

Il a pour vocation d’aider les hommes à trouver l’âme sœur. Au gré d’articles, de vidéos, de séminaires et d’entretiens privés, Sélim Niederhoffer transmet à ses "coachés" l’art délicat de la séduction. Son premier livre, "Leçons de séduction : 375 secrets pour toutes les faire tomber", vient de paraître.

En 2005, Will Smith était à l’affiche de "Hitch, expert en séduction". L’acteur incarnait un coach hors du commun. Son credo ? N’importe quel homme peut séduire n’importe quelle femme. Et le personnage a fait des émules. Actuellement, les love coachs sont légion outre-­Atlantique et seulement une dizaine en France.

Sélim, 33 ans, Parisien d’adoption, est l’un d’entre eux. Bien qu’il juge irréaliste le scénario du film, dans lequel un inconnu enrobé séduit une star, il conduit ses clients à se dépasser. "Mon travail ? Aider les hommes à avoir plus confiance en eux, les inspirer, les motiver". Et ses clients ne se limitent pas à des geeks boutonneux. Viennent le consulter : des ingénieurs, des sportifs, des compositeurs, des chefs d’entreprise, des pilotes d’avion, des militaires, des mannequins…

"Une grande part de son travail repose sur l’écoute de l’autre"

Parmi les jeunes consultants, certains ont tout pour eux. Pourtant, ils perdent leurs moyens en face d’une femme. "Je leur apprends à se repositionner, à mettre en lumière leurs forces", explique notre Cyrano contemporain. "La séduction, c’est avant tout de la communication. Quand on me dit : 'Je galère en séduction' je réponds : 'En vérité, tu galères dans la vie en général.'" Selon Sélim, les problèmes découlent de soucis plus grands d’intégration et de confiance en soi. Un pan important de son travail ressemble à celui du psychologue. "Je n’ai pas la formation, je ne peux pas me dire psy, mais je suis très à l’écoute de l’autre."

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Mais le coach n’a pas un rôle passif. Sa mission est de donner des pistes vers l’amélioration de soi. "Attention, il n’est pas question de séduire à votre place !", met-il en garde. Sélim a plusieurs cordes à son arc. En premier lieu, le Web. Il est en effet rédacteur en chef de Artdeseduire.com, site leader du marché en France. Chaque jour, il y publie un article, disponible gratuitement, où sont déclinés les fondamentaux de l’art de la séduction. On peut aussi accéder à des formations en vidéos ou à des e-books payants plus poussés sur les techniques pour aborder les femmes notamment, ou à des éditions spéciales, telles qu’apprendre à draguer sur la plage en été.

"Mon but est de libérer les personnes le plus vite possible"

En second lieu, le terrain. Des ateliers le samedi matin, pour des petits groupes de quatre à cinq personnes. Enfin, les coaching privés, à raison d’environ trois par semaine. Sélim refuse de s’ériger en gourou du développement personnel et se tient à une règle : "Moins je les vois, mieux c’est. Mon but, c’est de les libérer le plus vite possible." Son maximum ? Six séances avec un "coaché". Le prix d’un tête-à-tête avec Sélim ? 150 € pour une heure.

Notre professeur en séduction s’adapte aux personnalités de chacun. "On n’enseigne pas la même chose à quelqu’un de bien intégré socialement qu’à un jeune provincial qui vient d’arriver à Paris et qui n’a pas d’appartement où recevoir !" Ainsi, après avoir longuement écouté son client, Sélim lui offre des pistes de progression. "Les gens disent que pour réussir en séduction, il faut rester soi-même. C’est vrai, mais ce n’est pas parce que je conseille à un jeune homme de jouer un peu moins aux jeux vidéo et de se mettre au sport qu’il va arrêter d’être ce qu’il est !"

"J’aime la diversité des situations"

Le rôle du coach est d’ouvrir l’esprit du client, de lui montrer que sa vision du monde et de lui-même n’est pas la seule. Et la tâche est ardue, car nombre des demandeurs de ses services peinent à se remettre en question. Aussi, "beaucoup ne comprennent pas que la séduction est une affaire de feeling davantage que de logique. “Mais si je viens vous voir, c’est que je ne l’ai pas le feeling”, lui rétorquent certains, souvent des ingénieurs hyper-cartésiens en attente d’un process technique dans tout ce qu’ils font, s’amuse Sélim. J’aime la diversité des situations dans ce métier."

Sélim coache les hommes en leur dévoilant toutes les techniques pour aborder les femmes…
 Un métier qui demande beaucoup d’écoute et d’empathie. // © Anne-Charlotte Compan/Hans Lucas pour l'Etudiant
Sélim coache les hommes en leur dévoilant toutes les techniques pour aborder les femmes…
 Un métier qui demande beaucoup d’écoute et d’empathie. // © Anne-Charlotte Compan/Hans Lucas pour l'Etudiant

Pour remédier à leurs carences, il leur propose souvent une liste de livres et de films pour aiguiser leur créativité et leur imagination. Et les résultats sont encourageants. Sélim se souvient avec nostalgie de son premier "coaché", un jeune homme de 25 ans, encore vierge. Après quelques mois de suivi, il reçoit un matin un SMS de son élève : "Ça y est, Coach, je l’ai fait !"

"Nous avons une responsabilité envers les femmes"

Mais la profession d’expert en séduction a des détracteurs : des journalistes et des féministes les soupçonnent de prôner des techniques de manipulation. À cet égard, Sélim est clair. La question éthique est essentielle à ses yeux : "Si, demain, un lecteur drague ma sœur et lui fait n’importe quoi en se basant sur ce que je lui ai appris, je n’aurais pas l’air fin. Nous avons une responsabilité envers les femmes."

Il admet toutefois que les conseils qu’il partage sur Artdeséduire peuvent être récupérés par des don Juans en herbe dont l’objectif est d’enchaîner les conquêtes. La majorité des hommes qui le consultent ne cherchent pas à remplir un harem mais à trouver une copine. "Nous répondons à une demande qui est : 'Aujourd’hui, je suis seul, je suis un homme normal, et j’ai envie de rendre une femme heureuse. Mais quand elle se présentera, je veux être prêt.' Et de conclure : La femme est notre alliée, pas notre adversaire."

"La vie d’entreprise n’était pas faite pour moi"

Petit, Sélim rêvait d’être pilote de chasse ou vétérinaire, malgré une vue désastreuse et une allergie aux chats. Ce qui fait son identité, c’est le désir d’aider les gens, l’amour de l’écriture et les défis. Par challenge, il décide d’intégrer une classe préparatoire aux écoles de commerce, juste parce qu’un ami lui avait dit à quel point c’était dur. "Je ne savais même pas que cela menait à des écoles, qui en plus sont payantes !", confesse-t-il. Il entre à Grenoble École de management. Sélim n’a pas oublié la phrase du directeur, Loïck Roche : "80 % des Français vont travailler à reculons. Soyez parmi les 20 % qui apprécient leur travail."

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Négligeant la comptabilité et la finance, il complète son diplôme de GEM par un mastère achat. Puis, il travaille comme acheteur de plastique pour Schneider Electric et General Electric. "La vie d’entreprise n’est pas pour moi." Pour tromper l’ennui, il replonge dans l’écriture, via un blog Lifestyle, et se lance dans l’organisation de soirées à Paris. De quoi former son sens des lois de l’attraction dans le monde de la nuit. Au hasard d’une sortie nocturne, il rencontre Neil Strauss, auteur américain de best-sellers sur la séduction. Ce dernier est épaté par la capacité de Sélim de regrouper autant de jolies filles autour de lui et lui donne sa bénédiction pour devenir à son tour prophète de la drague en France.

La crise de 2008 est providentielle pour lui. "J’ai quitté mon entreprise avec un gros pactole qui m’a permis de créer mon activité : le site Internet lepiegeafilles.com." Si l’affaire coule au bout d’un an, Sélim est vite recruté par Artdeséduire, qu’il incarne depuis 2010. Un bateau qu’il mène animé par un seul défi : "Rester numéro un" et prendre toujours plus de risques.

Comment devenir coach en séduction

Il n’existe pas de formation spécialisée. Des études de psychologie et/ou de communication peuvent être un bon bagage, également une école de commerce pour apprendre à se vendre, ou une école d’ingénieurs pour les process et la rigueur. En France, chaque coach en séduction a son parcours propre. Mais une formation en coaching, en PNL (programmation neurolinguistique) et en analyse transactionnelle sont un vrai plus.

Le parcours de Sélim en 6 dates

1998 : en seconde, il coache déjà ses camarades en décryptant les textos des filles.
2001 : il aide ses amis dans la rédaction de leur profil et de leurs messages en ligne sur Meetic.
2007 : diplômé d’un mastère spécialisé achats et logistique internationale à Grenoble École de management.
2009 : il rencontre Neil Strauss, l’auteur du best-seller "The Game : les secrets d’un virtuose de la drague", et démarre sa carrière de coach en séduction.
2010 : devient le coach de Artdeseduire.com, le leader en France.
2017 : sortie de son livre : "Leçons de séduction : 375 secrets pour toutes les faire tomber", (Éditions Leduc.s).