Henri, 24 ans : "Comment je suis devenu développeur web au pays du surf... et sans le bac !"

Par Etienne Gless, publié le 03 Juillet 2020
6 min

Avant d'exercer comme développeur web à Saint-Jean de Luz pour les marques de surf du groupe Boardriders (Quicksilver, DC Shoes, Roxy...), Henri Heymans a débuté sa vie professionnelle comme serveur ! Passionné d'informatique, il s'est autoformé avant de parfaire ses compétences en alternance en 2019 au sein de la Grande école du numérique et en entreprise.

Sans le bac point de salut ? Ne croyez pas cela ! De nombreux métiers épanouissants peuvent s'exercer sans ce diplôme, y compris dans le secteur du numérique.

"J'étais un peu fâché avec l'école, j'en suis sorti avec un simple CAP", confie Henri, 24 ans, aujourd'hui développeur web pour les sites de e-commerce du groupe Boardriders, propriétaire de marques de surf et autres sports comme Quicksilver, DC Shoes, Roxy ou encore Billabong. Son lieu de travail, à Saint-Jean-de-Luz (64), fait rêver les amoureux de surf et de vagues.

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Développeur web, un métier aux missions variées

"Dans le développement web, pour simplifier, il existe deux familles de métiers", explique Henri. "Côté clients, tout ce qui est visuel ; côté serveur, le traitement des données, du paiement… Pour ma part j'exerce principalement sur ce qui va être vu par les utilisateurs sur les différents sites". Le jeune homme développe les différents modules pour l'interface utilisateur ou encore des pages web pour les diverses collections des marques du groupe. "Par exemple, lorsque Roxy lance une collection et veut faire une page dédiée sur le site, les designers m'envoient leur maquette et je vais l'intégrer à notre site internet."

Henri a aussi développé des sites complets comme la version internationale de boardriders.com qui présente l'entreprise, ses marques et ses activités ou encore le site carrière et emplois qui recense les offres de poste à pourvoir. Il est également en charge de maintenir à jour et faire évoluer l'application utilisée par les vendeurs en magasin et du suivi de celle dédiée à la protection des données des utilisateurs.

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Un métier appris en partie en auto-formation

Mais Henri a débuté sa vie professionnelle après son CAP commercialisation et services en hôtel-café-restaurant comme serveur durant deux ans. "Je ne voulais pas en faire mon métier pour la vie. Un ami développeur m'a parlé de son métier, qui m'intéressait mais je pensais qu'il fallait être une tête en maths. Il m'a suggéré de casser mes clichés sur le métier et j'ai commencé à me former seul", confie-t-il.

Le web propose en effet beaucoup de ressources pour s'initier et se former seul à l'informatique et au numérique. Henri s'inscrit ensuite dans une formation en 2017–2018, mais en sort un peu déçu. "Elle s'est révélée davantage une introduction au développement web qu'une préparation à un métier. Le public était trop large, entre les parfaits débutants et les gens qui étaient déjà un peu formés". Le jeune homme de 24 ans continue de construire seul son parcours en suivant pendant cinq mois des cours payants sur le site de formation en ligne OpenClassrooms. "Ecouter quelqu'un parler sans pratiquer ne me convient pas. Le gros des compétences je les ai acquises seul sur internet".

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En quête d'une alternance pour gagner en expérience

Pour mettre ses connaissances en pratique et gagner de l'expérience, Henri se met en quête d'une alternance et s'inscrit en 2019 chez O'Clock, une école du web qui a reçu le label de la Grande école du numérique*. Il y suit une formation de concepteur/développeur d'applications web et mobile.

"J'ai cherché un employeur durant deux mois. Je me suis présenté chez Boardriders avec mon CAP de serveur. J'ai montré les technologies que je maîtrisais et les projets que j'avais réalisés en me formant tout seul. J'ai prouvé ma motivation et je correspondais aux valeurs de l'entreprise. C'est sur mes compétences déjà acquises et ma motivation que j'ai été recruté en contrat de professionnalisation, bien plus que sur mon diplôme."

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L'alternance tremplin pour l'emploi

Henri commence sa formation en décembre 2018 avant de décrocher son contrat en alternance un mois plus tard. Il est en effet possible de suivre trois mois sa formation avant d'avoir trouvé un employeur. A noter qu'aujourd'hui, le délai a même été temporairement allongé à six mois en raison de la crise économique de 2020.

Alternant chaque semaine deux jours en école et trois jours en entreprise, la formation suivie par Henri durant huit mois a rempli son objectif de professionnalisation : "Après la formation j'ai été recruté en CDD en février 2020 avec un salaire mensuel de 2.100 € brut, ce qui est très bien en région, même si on gagne plus à Paris". Néanmoins, plus que le salaire, Henri exerce un métier choisi qui le passionne. "En me réorientant, je me suis révélé plus motivé, plus curieux et beaucoup plus focalisé sur mon travail, mon métier n'est pas un simple gagne-pain", se réjouit le jeune développeur web.

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