Classe préparatoire aux écoles d'art : une année incontournable ?

Par Séverine Mermilliod, publié le 15 Decembre 2021
4 min

De plus en plus d'étudiants passent les concours des écoles supérieures d'art alors que le nombre de places pour y étudier reste très limité. La prépa artistique est donc considérée comme une solution magique mais est-ce vraiment le cas ?

Les écoles supérieures d'art françaises sont toutes accessibles avec le bac. Or, partout, la sélection reste très rude. Face à ce constat, une multitude de prépas publiques et privées ont vu le jour.

"Aujourd'hui, 2.500 personnes souhaitent passer les Arts Déco (pour 80 places en 2021, NDLR)", rappelle Lionel Dax, président de Prép'art, une préparation privée aux écoles d'art publiques. "Ce n'est pas un passage obligé, mais environ 80% des admis dans les plus grandes écoles viennent de prépa", ajoute Anthony Musso, directeur de la classe préparatoire des Beaux-arts de Lyon et co-président de l'Appea (association des préparations publiques aux écoles supérieures d'art). Pour se démarquer, se sentir au niveau et prendre le temps de se préparer au mieux, la prépa est-elle la clé ?

Prépa ou non, tous les candidats aux écoles d'art ont leur chance

À la Haute école des arts du Rhin (HEAR), pourtant très sélective, on nuance : "Si la HEAR recrute une majorité d'étudiants issus de prépa, elle accueille chaque année de 'simples bacheliers'", explique le directeur, David Cascaro, pour qui "la motivation et la singularité" comptent plus que le reste. En 2020, plus de la moitié des admis venaient d’une prépa (principalement publique), 21% sortaient du bac et 14% s'étaient réorientés, soit plus d'un tiers d’admis hors prépa.

"On a évidemment des gens qui passent par Prép'art, Sèvres, l'Appea", reconnaît Antoine Durot, responsable des admissions de la très demandée ENSCI-Les Ateliers. Mais "il n'y a pas de profil-type du candidat reçu et on recrute sans limite d'âge", assure-t-il. Parmi les admis cette année, beaucoup d’étudiants de "bacs généralistes et arts appliqués", des "DNMADE design produit ou d'espace" pour l'entrée à bac+3, et des étudiants en réorientation.

Selon le co-président de l’Appea, la nécessité d’effectuer une prépa dépend donc "des écoles d'art que l'on prépare, et d'où l'on part". La qualité de ces prépas n’est pas non plus à négliger : certaines sont plus réputées et sérieuses que d’autres.

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Pas obligatoire, donc, et pourtant, les écoles nationales d'art sont de plus en plus nombreuses à intégrer en leur sein des classes préparatoires. C'est le cas par exemple des Beaux-Arts de Paris, Marseille ou Beaune. Elles créent aussi des 'modules' et 'ateliers' préparant aux concours, comme à Dijon ou Clermont. Ces formations promettent d'aider à réaliser des dossiers personnels, "trouver l'école qui correspond à l'étudiant, construire son projet d'orientation, préparer l'oral… ", détaille Anthony Musso de l'Appea.

Lionel Dax voit aussi dans la prépa une égalité des chances pour des candidats plus éloignés de la culture. Une diversité que veulent améliorer certaines écoles d'art : en 2022, l'ENSCI devrait faire évoluer la forme du dossier de travaux personnels, pour "faciliter la tâche à des candidats qui n'auraient aucune pratique plastique".

Rappelons enfin que l'accès aux écoles d'art ne se limite pas à l'examen d'entrée. "L'admission en cours de cursus permet à la HEAR chaque année de recruter autant d'effectifs qu'en première année", souligne son directeur.

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