1. Etudes de santé : le coût de la rentrée augmente
Décryptage

Etudes de santé : le coût de la rentrée augmente

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En 2019, les étudiants en médecine devront débourser une somme conséquente pour étudier. // © Adobe stock / weyo
En 2019, les étudiants en médecine devront débourser une somme conséquente pour étudier. // © Adobe stock / weyo

Un étudiant en quatrième année de médecine devrait débourser 3.471 € pour faire sa rentrée 2019. Et les plus jeunes, inscrits en PACES, 5.465 € de frais, soit 8,93% de plus par rapport à 2018. L’association représentative des étudiants en médecine (ANEMF) dénonce le coût des prépas privés qui alourdit l’addition.

Étudier la médecine a un prix et il continue de grimper ! Ainsi, si vous vous apprêtez à intégrer la PACES, première année commune aux études de Santé, prévoyez un budget de 17.033 euros annuel, contre 16.164 l’année dernière. C’est ce qui ressort de l’indicateur de coût de la rentrée 2019 que vient de publier l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF). Sont concernés les non-boursiers, ne vivant plus au domicile familial. L’étude évalue également les postes de dépenses d’un étudiant-type de quatrième année (DFASM1) et celui-ci devrait débourser 3.471 euros (+ 6,84%), pour la rentrée.

Les plus jeunes, inscrits en PACES, doivent prévoir 5.465 € de frais de rentrée (scolarité, matériel pédagogique…), soit 8,93% de plus par rapport à 2018. Somme à laquelle il faut ajouter 964 € mensuels de dépenses courantes (loyer, transport…), un chiffre en hausse de 3,68% par rapport à l’année dernière.

Les prépas privées alourdissent l'addition

Qu’est ce qui fait grimper l’addition ? Selon l’organisation étudiante, c’est le coût des organismes privés préparant au concours très sélectif de la PACES qui empochent en moyenne 3.978,77 euros par élève dans les régions et 5.459,71 en Île-de-France. Ce qui équivaut, selon celle-ci, 155 fois les frais d’inscription aux tutorats étudiants mis en place par les facultés en régions, et 299 à Paris. La majorité des tutorats sont gratuits, et quand l’inscription annuelle est payante, le tarif moyen en région est de 25,66 €.

"Les prépas privées ne sont pas obligatoires. Mais elles font du lobbying, même dans les lycées, affirme Vincent Borgne, le vice-président de l’ANEMF chargée des affaires sociales. Alors qu’on peut réussir en médecine sans passer par celles-ci".

Devenir pharmacien, ça coûte plus cher aussi
Combien dépensera un étudiant faisant sa rentrée en deuxième année de pharmacie ? 2.436 euros, soit 2,6% de plus par rapport à 2018, selon une étude de l’ANEPF (Association nationale des étudiants en pharmacie de France). Le coût du matériel pédagogique, (la blouse, les lunettes de laboratoire, les spatules etc.) a notamment été pris en compte.
Quant aux étudiants de 5e année préparant le concours de l’internat, ils débourseront 2.795 euros. Ils doivent acheter des annales, notamment et prévoir des frais de déplacement jusqu’au centre d’examen à Rungis. "Il n’y a pas de dispositifs d’aide mis en place pour des étudiants dont les budgets rétrécissent de plus en plus. Beaucoup ont besoin de travailler pendant leurs études. Il faut trouver les moyens d’aider les plus précaires", avance Gautier Davrainville-Simonato, le président de l’ANEPF. Selon l’association, plus de six étudiants sur dix ont recours au salariat. 17,72% des étudiants en pharmacie se déclarent en fortes ou très fortes difficultés financières.

En quatrième année, les référentiels de spécialités grèvent le budget. Ils sont nécessaires à la préparation des ECNI (épreuves classantes nationales), permettant aux étudiants de choisir leur spécialité en fonction de leur classement en sixième année. Avec 1.329,32 € à débourser, c’est le premier des pôles de dépense en matériel pédagogique. "La solution consiste à mettre à disposition de l’ensemble des étudiants la version numérique de ces ouvrages gratuitement sur la plate-forme SIDES", avance Vincent Borgne. Par ailleurs, la plate-forme SIDES (système inter-universitaire dématérialisé d’évaluation en santé), est alimentée par toutes les facultés de médecine et elle permet à chaque étudiant de deuxième cycle de s’entraîner pour préparer les examens.

Deux formations concurrentes

D’après l’enquête de l’ANEMF, pour la préparation des ECNI aussi, les prépas privées viennent en concurrence de la plateforme SIDES. "De plus, en Île-de-France, des organismes privés proposent des services similaires aux conférences d'entraînements des universités, et leur coût moyen est de 938,33 €. Des organismes similaires sont aussi présents en régions, mais pas dans toutes les villes, avec un coût moyen de 776,25 €, qui s’ajoute aux frais de l’étudiant".

Lire aussi : PACES : le tutorat, une prépa privée ou les deux ?

Ces frais sont à remettre dans un contexte de début de formation en alternance en quatrième année, avec une rémunération d’environ 100 € par mois. Qu’est-ce qui pourrait soulager la précarité statutaire et financière des étudiants hospitaliers ? Un alignement sur la rémunération des étudiants stagiaires soit 300 € net par mois si l’on définit une demi-journée de travail par une durée de quatre heures, selon l'ANEMF. Celle-ci espère bien faire bouger les lignes alors qu’après la réforme de la PACES, le second cycle devrait passer au bloc, à son tour, pour un gros lifting.

Les étudiants sages-femmes n'échappent pas à la hausse
Le coût de la rentrée 2019 pour un étudiant sage-femme en deuxième année (DFGSMa 2) s’élève à 2.314,66 € hors Île-de-France, et 2.608,05 € en région parisienne. C’est ce qui ressort d’une enquête de l’ANESF (Association nationale des étudiants sages-femmes). C’est la première fois que l’organisation enregistre une telle hausse (+3,17%) en quatre années consécutives d’analyse de ce coût. Comment expliquer cette croissance ? "Les frais de transports prennent une part importante dans le budget d’un(e) étudiant(e) sage-femme en licence, explique l’ANESF. En effet, un(e) étudiant(e) sage-femme qui rentre en deuxième année de licence, n’entre pas dans le cadre du statut d’étudiant(e) hospitalier(e) et ne pourra bénéficier des indemnités forfaitaires de transport, et devra donc prendre les déplacements qu’il ou elle effectuera au cours de sa licence à sa charge".