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Reportage

Pré-rentrée à Sciences Po : créer un esprit communautaire

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230 étudiants entrent en première année à Sciences Po Lyon en septembre 2019. Ils seront répartis entre les campus de Lyon et de Saint-Etienne. // © Amélie Petitdemange
230 étudiants entrent en première année à Sciences Po Lyon en septembre 2019. Ils seront répartis entre les campus de Lyon et de Saint-Etienne. // © Amélie Petitdemange

#RécitsdeRentrée Episode 2. Entre le 26 août et le 6 septembre 2019, les étudiants admis à Sciences Po sont accueillis dans leur campus pour une semaine de pré-rentrée. Objectif : créer un sentiment d’appartenance et les préparer à de nouvelles méthodes de travail.

Ce mercredi 28 août, les 500 étudiants du campus parisien de Sciences Po sont accueillis avec un discours du directeur de l’établissement, Frédéric Mion. "Vous êtes très loin de deviner à quel point vous deviendrez des intimes des inconnus qui sont à votre droite ou à votre gauche", lance-t-il à l’amphithéâtre. "Soyez curieux les uns des autres : votre premier apprentissage sera celui de vos camarades".

Dès leur semaine de pré-rentrée, du 26 au 30 août, les "première année" sont plongés dans l’esprit Sciences Po. "Nous voulons créer rapidement un esprit de promo. Il ne suffit pas d’avoir de belles idées, il faut savoir les promouvoir, et on sait les promouvoir quand on est bien dans sa peau", affirme Gilles Fleury, directeur du campus parisien de Sciences Po.

Créer un esprit de corps

L'ambiance est similaire à Sciences Po Lyon, qui accueille 230 étudiants pour une semaine de pré-rentrée à partir du 2 septembre. "Entrer à Sciences Po Lyon, ce n’est pas entrer dans n’importe quel Sciences Po", annonce Renaud Payre, directeur de l’IEP de Lyon.

Après le discours du directeur, Christèle Dumas, vice-trésorière de l’association Sciences Po Lyon alumni prendra la parole pour "créer un esprit communautaire dès le premier jour". Elle les enjoint à rejoindre l’association, qui organise notamment des afterworks, pour se faire un réseau, avoir accès aux gens de l’école depuis l’étranger, accéder à des offres de stage et d’emploi

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Si la construction d’un réseau et l’engagement associatif sont partie intégrante de Sciences Po, le travail est aussi au rendez-vous, insistent les intervenants. "Les "première année" peuvent être aveuglés par toutes les activités et associations. Mais à Sciences Po Lyon, où la majorité des élèves font un DE (Diplôme d’Etablissement) en plus de leur parcours, on dépasse les 30 heures de cours hebdomadaires. Ajoutez à cela environ deux heures de travail personnel par heure de cours"", affirme le directeur de l’IEP.

Passer à la vitesse supérieure

L’objectif de ces semaines de pré-rentrée est donc de faire la transition entre le lycée et les études supérieures. "Ce sont des gens qui avaient des facilités au lycée, il va falloir qu’ils passent à la vitesse supérieure et changent de méthodes de travail. Au lycée, ils étaient pris par la main. Là, la semaine est peu remplie, ils doivent se gérer seuls et apprendre à aller au-delà", explique de son côté le directeur du campus parisien de Sciences Po, Gilles Fleury.

"Ici, les échelles qui permettent de calculer l’excellence sont redéployées. Il faudra donc redéployer d’efforts. Le premier semestre est le plus difficile : on découvre des disciplines, des codes et une autonomie inconnus", ajoute Frédéric Mion, le directeur de Sciences Po.

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Message reçu du côté des étudiants, qui ont cependant eu des échos différents. "A écouter les profs et l’administration, on va travailler du matin au soir dans une petite chambre. D’après les "2ème année", ce sont des vacances toute l’année et beaucoup d’associations. C’est sûrement entre les deux", résume Thibauld De Géa, 17 ans.

"Il y aura plus de travail de groupe mais la même charge de travail", assure Lou-Anna Dénarié, qui entre à Sciences Po Lyon. "On a déjà les méthodes de travail", abonde son voisin de table, Yann Grillot-Aubert. Comme la moitié des étudiants qui ont intégré Sciences Po Lyon, ces étudiants ont en effet déjà validé un an en études supérieures, en l’occurrence une licence d’histoire conçue pour préparer aux concours des IEP.

Transition écologique

A Paris comme à Lyon, qui sont deux IEP distincts, la rentrée est placée sous la même thématique : l’urgence climatique.

Sur le campus parisien de Sciences Po, la traditionnelle leçon inaugurale est assurée par le sociologue et philosophe Bruno Latour, qui axe sa conférence sur notre empreinte écologique et les défis auxquels nous allons faire face pour sauver la planète. Le lendemain, l’exercice oratoire proposé aux premières années, une simulation de controverses, aura pour thème la biodiversité.

A Sciences Po Lyon, le directeur annonce l’ouverture d’un nouveau cours dès cette rentrée 2019, sur l’urgence climatique et la transition écologique.

Cette volonté de s’adapter à une génération préoccupée par l’urgence climatique est bien accueillie par les étudiants. "Je trouve ça génial, ce sont des questions qui m’intéressent. Ce que j’aime dans les sciences politiques, c’est de questionner l’actualité en se basant sur le passé", souligne Sara Souici, 18 ans. La jeune femme entre en 1ère année à Sciences Po Lyon après une double licence Histoire-Sciences politiques à l’Institut Catholique de Paris.

La grande majorité des étudiants entrent à Sciences Po sans avoir encore une idée claire de ce qu’ils voudront faire plus tard. Pour eux commencent cinq ans d’études pluridisciplinaires, dont un an à l’étranger. A Paris, le directeur de Sciences Po prévient : "votre admission à Sciences Po est tout sauf un point d’arrivée, c’est un point de départ. Jour après jour, vous devrez nous prouvez que vous avez mérité cette place".