Confinement : les étudiants en PASS préparent leurs examens à distance

Par Pauline Bluteau, publié le 20 Novembre 2020
5 min

Entre la mise en place de la réforme des études de santé et l’annonce du reconfinement, les étudiants en première année de PASS ne sont pas épargnés. À quelques semaines de leurs premiers examens, chacun d’entre eux tentent de s’organiser pour rester motivés… à distance.

Depuis la rentrée 2020, le parcours d’accès spécifique santé (PASS) a remplacé la PACES (première année commune aux études de santé). À en croire les étudiants, malgré un changement de nom, cette année est toujours aussi intense et source de stress. Cela était sans compter le retour du confinement qui met les nerfs et la motivation des première année à rude épreuve. Parfois livrés à eux-mêmes, difficile pour les étudiants de garder le cap…

Un rythme de travail très soutenu

À Marseille (13), Julia a un emploi du temps très chargé. Pour cette étudiante en PASS, chaque minute compte : "Je me lève à 7h30 puis je travaille de 8 heures à midi. Ensuite, je prends une heure de pause dej' et je révise jusqu’à 20 heures, je dîne et je fais une dernière session de travail de 21 heures à 23h30 environ. C’est comme ça tous les jours." Pour celle qui avait l’habitude de travailler "la veille pour le lendemain" en terminale, c’est toute une organisation qui a été à revoir pour sa première année à l’université.

Même constat pour Caroline, 19 ans, étudiante en PASS à l’université de Lille 2. Même si elle s’attendait à une telle charge de travail, la transition avec le lycée a été difficile à gérer. "Il y a un pli à prendre mais on n’a pas le choix que de travailler car les examens approchent…", estime-t-elle.

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Une réforme difficile à appréhender

Au-delà du rythme de travail, les deux étudiantes doivent aussi composer avec leur nouvelle formation et toutes les interrogations que cela suscite. Notamment vis-à-vis de leur "mineure", une nouvelle matière étudiée en première année. Julia a choisi le droit mais sans savoir comment sera comptabilisée sa note. "On est complètement dans le flou concernant la réforme, affirme-t-elle. On nous dit qu’on aura des QCM pour les examens, en fait non, et puis finalement si… On ne sait pas non plus ce qu’on doit réviser, si on doit passer du temps sur la "mineure"… Déjà que le concours est stressant, la réforme en rajoute une couche !"

De son côté, Caroline, qui a choisi la "mineure" sciences sanitaires et sociales, est plus pragmatique. "Pour être honnête, on met tous la "mineure" de côté…tout simplement parce qu’on n’a pas le temps, donc on révise en fonction des coefficients."

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Un épuisement physique et moral accentué par le confinement

Et comme si cela ne suffisait pas, la crise sanitaire et surtout le confinement n'ont rien fait pour arranger les choses. Après avoir suivi une partie de leur année de terminale à distance, les étudiantes auraient souhaité plus d’accompagnement de la part de leurs enseignants. "Je me sens vraiment délaissée, j’ai l’impression d’être tombée dans la mauvaise année", regrette Julia. En dehors des aides sociales ou numériques souvent proposées par les universités, les étudiantes se sentent désemparées. "C’est très dur de rester motivée surtout quand il pleut, qu’il fait nuit très tôt…", confirme Caroline.

Pour Julia, la solitude est également difficile à vivre : "J’ai du mal à rester concentrée derrière mon ordinateur. En cours, on a juste à échanger ne serait-ce qu’un regard avec une amie pour se sentir soutenue. Là, j’ai tendance à prendre mon téléphone et je me rends compte que ça fait 30 minutes que je ne suis plus le cours…" L’étudiante marseillaise se sent épuisée moralement et physiquement. Selon elle, il y a "des jours avec et des jours sans".

Quant à Hiba, 17 ans, l’étudiante à l’université de Lorraine à Nancy (54) ne se décourage pas. Pour ne pas perdre le rythme, elle mise sur sa prépa mais pas seulement. "Avec la promo, on a créé un groupe Discord où on peut discuter et s’organiser avec les cours. On est très soudé et je trouve qu’il y a beaucoup d’entraide", estime-t-elle. Caroline compte davantage sur le tutorat qui lui offre à la fois un accompagnement pédagogique mais aussi un moral indispensable. "C’est compliqué mais on sait que bientôt les examens seront derrière nous alors il faut tenir bon !", conclut-elle.

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