ECN 2021 : "On a du mal à réaliser que c’est terminé !"

Par Pauline Bluteau, publié le 25 Juin 2021
7 min

Il y a une semaine, plus de 9.000 étudiants en sixième année de médecine ont passé les épreuves classantes nationales (ECN). Un concours déterminant pour ceux qui deviendront internes dès novembre prochain. Diane, Jeanne, Nicolas et Thomas reviennent sur cette année particulièrement éprouvante.

Il y a seulement quelques jours, du 14 au 16 juin 2021, plus de 9.000 étudiants en dernière année d’externat ont planché sur les ECN. À la fin, un classement déterminant pour leur permettre de choisir leur future spécialité et leur lieu d’affectation. Après trois jours de stress intense et une semaine d’incertitude, la pression est vraiment redescendue mercredi soir, à 18 heures. Au lendemain de l’annonce des résultats, la joie et le soulagement sont de mise pour nos quatre étudiants en médecine, Diane, Jeanne, Nicolas et Thomas, qui ne se rendent pas encore tout à fait compte de ce qui leur arrive.

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"On rafraichit la page toutes les 30 secondes"

Seuls derrière leurs écrans, et ce, dès 17 heures pour Diane, les étudiants ont vu leur stress "monter d’un coup". Après avoir réactualisé la page Internet du centre national de gestion des dizaines de fois, les résultats tombent. "Je tremblais comme pas possible et là, le site se met en maintenance, raconte Thomas, 25 ans, étudiant à Montpellier. Et puis, c’est la stupeur. On cherche notre nom et on voit notre classement. L’externat se résume en fait à un chiffre à côté de notre nom…" Même réaction pour Diane, 24 ans : "Je me suis dit que j’avais fait tout ça pour… un numéro, je n’ai toujours pas pleuré", s’amuse l’étudiante parisienne qui se classe 5.192e sur 9.032 candidats.

Jeanne a elle aussi vu son stress monter d’heure en heure. "Je me disais, 'tu crois que tu as réussi et en fait non' ! J’ai essayé de regarder des séries pour passer le temps mais c’était interminable, assure l’étudiante de 25 ans à l’université de Paris. J’ai cherché mon nom, je n’ai même pas eu le temps de fermer les yeux et de compter jusqu’à trois, je l’ai vu direct… 350e. J’ai crié, j’ai ventilé et j’ai appelé mes parents et tout le monde m’a félicitée." À Caen, Nicolas est resté beaucoup plus calme. L’étudiant de 24 ans termine 7.282e. "J’attendais sagement, les minutes paraissaient des heures et puis on réalise, on se projette, on va devenir médecin."

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Un an la tête dans les bouquins… "pour un classement"

Pour tous les étudiants en sixième année de médecine, les ECN marquent la fin de plusieurs mois très éprouvants. "En fait, on a environ 365 chapitres et 25 gros bouquins de 300 à 600 pages chacun à apprendre…", résume Diane. Toute l’année, leur emploi du temps est consacré aux révisions et uniquement aux révisions. "J’ai seulement pris trois jours au premier de l’An pour être avec des amis, explique Thomas, arrivé 1.934e. C’est d’ailleurs ce qu’il y a de plus dur : être coupé de ses proches. C’est pour ça qu’on se retrouve parfois au fond du gouffre, à se remettre en question parce qu’on se demande pourquoi on fait ça finalement."

Et à quelques jours des épreuves, difficile pour certains étudiants de garder le cap. "J’ai eu un mauvais stress, je n’ai rien pu faire pendant une semaine avant les examens", détaille Nicolas. Pour l’externe caennais, le premier jour des ECN a été très dur. "Je n’arrivais pas à me concentrer, j’ai fait des erreurs bêtes et ça m’a démoralisé et puis après je me suis dit qu’il fallait y aller !"

Pour Diane et Thomas, le lundi a semblé plutôt "irréel". "Comme on est dans notre fac, on ne se rend pas compte qu’on y est, estime l’étudiante. Je ne me sentais pas prête et puis dès qu’on lit la première question, on se concentre." "C’est là où tout se joue, les 9.000, on a tous des connaissances donc il faut tout donner", poursuit Thomas.

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Après les ECN, en route vers l’internat : fini la théorie, place à la pratique

Même quelques heures ou une semaine après la sortie des épreuves, les étudiants peinent encore à réaliser ce qui les attend désormais. "J’ai terminé la dernière épreuve avec 30 minutes d’avance, on allait rendre nos tablettes et on se regardait tous en se disant 'c'est fini', raconte Jeanne. Dehors, les étudiants, des internes, des parents nous attendaient. Je me suis pris une douche de champagne, c’était fou. J’en ai profité pour sortir tous les soirs de la semaine après parce qu’en rentrant chez moi, je ne savais pas quoi faire." "Ça fait un an qu’on baigne dedans et ça s’arrête brutalement, on redécouvre la vie !", s’exclame Thomas. Regarder des séries, sortir, voir des amis, dormir… Un beau programme attend les futurs internes. "J’ai commencé à lire des livres autre que la médecine, incroyable, et j’ai fait mes premières terrasses, enfin !", complète Diane.

En novembre prochain, tous les quatre commenceront leurs premiers pas d’interne. Probablement en médecine générale à Caen pour Nicolas et à Montpellier pour Thomas, en médecine d'urgence à Strasbourg pour Diane et en oncologie pour Jeanne. Ils pourront faire leurs vœux dès le 31 juillet prochain avant de valider leur choix définitif entre le 31 août et le 17 septembre.

Tous se disent autant excités, qu’impatients et stressés à l’idée d’entrer en internat. "Après six ans de théorie, on va vraiment apprendre notre futur métier", confirme Nicolas. "J’ai hâte de m’occuper de vrais patients, pas d’imaginer ceux qu’on a étudiés sur le papier mais là, je n’ai plus envie d’entendre parler de médecine !", plaisante Thomas. Quant à Jeanne, l’étudiante espère partir en vacances. "Je vais aussi jeter mes cahiers, je n’en aurais plus besoin maintenant !"

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