Internat en pharmacie : les réformes toujours en cours depuis 2016

Par Pauline Bluteau, publié le 16 Decembre 2021
4 min

INFOGRAPHIE. Cinq ans après, les réformes du troisième cycle des études de pharmacie font encore l'objet de discussions. Pour les internes, les changements ont été enclenchés même si des précisions sont attendues pour la rentrée 2022. Le flou concerne la recherche, vouée à disparaitre mais toujours présente... L'Etudiant fait le point.

Tout a commencé en 2016 avec la publication d'un rapport sur la nécessité de faire évoluer le troisième cycle des études de pharmacie. Ce troisième cycle peut prendre des formes très différentes. En effet, après cinq ans de formation, trois voies sont possibles : un cycle court d'un an en officine ou en industrie, ou un cycle plus long de quatre à cinq ans, en internat. Au total, quelque 3.000 étudiants sont concernés par ces vastes changements.

L'objectif des réformes : uniformiser les cursus, adapter les programmes pédagogiques aux nouveaux besoins de la profession en approfondissant certaines compétences. C'est finalement par l'internat que les réformes vont débuter, à la rentrée 2017. Mais depuis, tout n'a pas été officialisé. Les étudiants restent encore dans l'attente de la suite de leur formation.

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L'internat en pharmacie : des réformes bien avancées

En se dirigeant vers l'internat, les étudiants font un choix entre trois parcours :

  • la biologie médicale ;
  • la pharmacie hospitalière ;
  • l'innovation pharmaceutique et recherche (IPR).

Alors que les discussions sont en cours pour la pharmacie en 2017, les études de médecine sont également réformées. Or, la biologie médicale regroupe les pharmaciens et les médecins. C'est donc par cette spécialité que les changements débutent. Les étudiants obtiennent le statut de docteur junior pour leur dernière année d'internat ce qui leur permet d'avoir plus d'autonomie et de responsabilités. Pendant leur internat, les étudiants peuvent aussi se consacrer à une formation spécialisée transversale (FST) autour de différentes thématiques (bio-informatique, génétique, hématologie…). C'est la seule réforme complètement aboutie aujourd'hui.

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Car du côté des pharmaciens hospitaliers, la réforme a débuté en 2019. En fin d'internat, les étudiants choisissent cette fois entre trois options :

  • pharmacie hospitalière générale ;
  • dispensation et sécurisation des produits de santé ;
  • radiopharmacie

En novembre 2022, les internes entameront donc leur quatrième année. Or, aucun texte ne vient préciser le déroulement de cette fin de formation. Notamment pour ce qui est de l'obtention du statut de docteur junior ou d'un nouveau processus de choix des stages, comme cela a été fait pour la biologie médicale. L'ANEPF (association nationale des étudiants en pharmacie de France) se dit tout de même assez sereine sur le calendrier étant donné qu'il n'y a pas de mauvaise entente entre les acteurs.

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Point d'interrogation sur la recherche en pharmacie

En revanche, depuis 2016, le sort de la recherche en pharmacie reste en suspens. La filière attire moins et ce car, chaque année, elle doit tout simplement être supprimée. Et pourtant, elle existe toujours. Seules 24 places sont ouvertes, une par faculté de pharmacie. "L'IPR est critiquée comme étant une filière par défaut. Chaque année, le nombre de place diminue et même si les étudiants n'y étaient pas favorables, depuis, ils s'y sont faits", estime Juliette Marat, vice-présidente enseignement supérieur à l'ANEPF.

L'IPR devrait disparaitre pour devenir une formation spécialisée transversale appelée "Innovation et recherche en sciences biologiques et pharmaceutiques". Elle serait ainsi accessible à tous les étudiants en pharmacie, internes ou non. La maquette reste encore à définir.

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