Comment les candidats sont classés sur Parcoursup ?

Par Pauline Bluteau, publié le 24 Avril 2020
8 min

Ce n’est qu’à partir du 19 mai que les candidats recevront leurs propositions d’admission sur Parcoursup. Le temps pour les établissements du supérieur d’établir un premier classement de leurs futurs étudiants. Car quelle que soit la formation, toutes doivent passer par cette étape de sélection, y compris les écoles dont les concours post-bac ont été annulés suite au coronavirus.

Dès la fin de la procédure d’inscription sur Parcoursup le 2 avril dernier, les écoles, instituts de formation et universités ont commencé à recevoir vos dossiers. Plusieurs centaines de milliers de candidatures qu’il faut maintenant trier avant le 19 mai prochain. Administration et responsables de formation se réunissent en jury d’examen pour effectuer un classement des candidats. Un processus qui prend du temps puisque certaines formations peuvent recevoir plus de 1.000 dossiers pour seulement une trentaine de places.

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Écoles post-bac, universités, BTS, prépas… toutes concernées par le classement des candidats

À quelques exceptions près, toutes les formations se doivent de classer leurs candidats. Seules celles qui ont plus de places que de candidats peuvent s’en passer, encore que… La majorité des formations passe donc environ un mois à trier tous les dossiers reçus. C’est bien évidemment le cas des formations sélectives (DUT, BTS, prépas, écoles spécialisées…) mais aussi des universités qui doivent établir un classement de leurs futurs étudiants en licence.

C’est pour cela que lors de la phase d’admission, vous pouvez être mis en attente et devoir suivre l’évolution de votre rang. Votre position dans la liste d’attente a été au préalable déterminée (entre autres) par l’établissement.

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Une méthode automatisée, toujours très utilisée

Mais ce classement peut s’effectuer de plusieurs manières différentes selon la formation et l’établissement lui-même. Certains privilégient la méthode manuelle quand d’autres préfèrent utiliser l’outil d’aide à la décision sur Parcoursup, soit une méthode automatisée. Tout dépend du nombre de candidatures reçues par rapport à la capacité d’accueil de l’établissement.

Pour faire simple, l’outil d’aide à la décision est en réalité un "fichier" fourni aux formations pour les aider à établir un classement. Les établissements qui l’utilisent n’ont plus qu’à attribuer des coefficients pour chaque élément de la candidature (notamment les bulletins scolaires) en fonction de l’importance qu’ils souhaitent lui donner. Même si seulement 33% des formations ont utilisé l’outil d’aide à la décision en 2019, d’après la Cour des compte, 66% des candidatures ont été traitées par ce biais sur Parcoursup. La méthode automatisée est donc très répandue.

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Des coefficients difficiles à cerner

Quelle que soit la méthode choisie, les établissements restent assez peu transparents sur ces classements. Les coefficients ne sont pas publics. L’année dernière Frédéric Dardel, alors président de l’université Paris-Descartes, avait publié les pondérations appliquées à la licence de sciences de l’éducation.

La conférence des directeurs et doyens de STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) avait également donné des précisions pour uniformiser leur sélection au niveau national : à titre d’exemple, les élèves de série ES qui ont obtenu entre 12 et 14 en maths se sont vu attribuer 3 points sur les 8 maximum, et ainsi de suite pour les autres matières. Tous les responsables de STAPS se basent sur cette grille d’évaluation pour attribuer des points à leurs candidats en fonction de leur bac d’origine, des matières étudiées mais aussi de leurs compétences sportives ou d’encadrement et de la fiche Avenir.

Pour les autres formations, vous ne pouvez vous fier qu’aux éléments inscrit sur la fiche détaillée de la formation souhaitée, rubrique "Critères généraux d’examens des vœux". Cela vous donne des indices sur ce qui compte vraiment pour les établissements mais vous ne pouvez pas savoir exactement quelle pondération est appliquée.

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L’importance de la vérification "humaine"

Parmi ces critères figurent aussi des éléments plus "qualitatifs", telles que les lettres de motivation, les appréciations des enseignants ou la rubrique "Activités et centres d’intérêt". Après avoir établi un pré-classement grâce aux bulletins scolaires via l’outil d’aide à la décision, certains établissements font un deuxième tri. C’est le cas en BTS professions immobilières à Montélimar (26). La responsable de la formation, Anissa Bakkas, explique qu’elle vérifie ce pré-classement en reprenant, un à un, certains dossiers ayant obtenu entre 12 et 14 de moyenne. Ceux-là peuvent perdre jusqu’à trois points et gagner un point en fonction de leur projet professionnel, de leurs stages, de leur motivation et de leur comportement. Un point peut faire gagner 10 à 15 places aux candidats. Or, les places valent cher pour cette formation qui n’offre que 24 places pour 850 demandes.

Un nouveau classement apparaît et est passé au crible par la commission d’examen des vœux. Les enseignants doivent expliquer leurs choix. Sachant que certaines formations ont également des quotas à respecter : c’est le cas des BTS qui doivent accueillir en priorité des bacheliers technologiques. À cela il faut ajouter le secteur géographique et les quotas de boursiers qui dépendent directement du rectorat. "Nous n’avons pas la main sur tout, nous devons motiver tous nos choix, la procédure est très encadrée", confirme la responsable du BTS.

Toutes les formations ne peuvent pas établir ce deuxième classement, souvent par manque de temps ou parce que le nombre de candidats est bien trop important par rapport à la capacité d'accueil et que les responsables de formation ne sont pas assez nombreux pour effectuer ce travail.

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