Découverte

Le Contrat d’engagement jeune, un dispositif d’insertion pour les jeunes sortis du système

Dans le cadre du CEJ, les jeunes éloignés de l'emploi sont accompagnés pour, par exemple, participer à des ateliers de rédaction de CV et de lettres de motivation.
Dans le cadre du CEJ, les jeunes éloignés de l'emploi sont accompagnés pour, par exemple, participer à des ateliers de rédaction de CV et de lettres de motivation. © StockPhotoPro / Adobe Stock
Par Sarah Nafti, publié le 27 février 2024
1 min

Plus de 500.000 Contrats d’engagement jeune (CEJ) ont été signés depuis le 1er mars 2022. Ce contrat, qui remplace la garantie jeunes, assure un accompagnement renforcé et une allocation en échange de 15 à 20 heures d’activité par semaine.

"Il n’y a pas de profil type parmi les personnes qui bénéficient du Contrat d'engagement jeune, estime Mélissa Estrade, conseillère CEJ à l’agence France Travail de Castelsarrasin (82), mais elles ont besoin d’un cadre, d’entretiens réguliers pour les aider dans leurs recherches".

Avec ou sans diplôme, le CEJ permet aux jeunes ni en formation ni en emploi de moins de 26 ans - ou 30 ans s’ils ont une reconnaissance de handicap - de bénéficier d’un parcours personnalisé de 6 à 12 mois.

Réaliser 15 à 20h d'activité par semaine contre indemnités

Pendant cette période, ils s’engagent à réaliser 15 à 20h d’activité par semaine, en échange d'une indemnité qui, selon leurs ressources peut aller, jusqu’à 528 euros par mois. Mais s’ils ne respectent pas les termes du contrat, cette indemnité peut être supprimée.

Le CEJ est proposé par France Travail et les missions locales. "L’accompagnement fonctionne très bien, à la condition que le jeune soit motivé, ait envie de travailler, de participer à la définition de son projet, prévient la conseillère. C’est un partenariat, on ne leur impose rien".

Accompagner les jeunes éloignés de l'emploi

Le but du CEJ est "de faire du cas par cas, sans aller forcément au plus vite". Dans ce cadre, les jeunes accompagnés peuvent participer à des ateliers de rédaction de CV et de lettres de motivation, des ateliers collectifs sur la confiance en soi ou des prestations de théâtre, etc.

"Ce dispositif est efficient car il permet à la fois un accompagnement individuel et collectif, considère Karine Astié. Souvent, les jeunes sortis du système se retrouvent isolés. Les remettre dans un collectif permet une certaine émulation et c’est très important pour retrouver confiance en soi."

Toute reprise d’activité professionnelle, stage, intérim, compte aussi dans ces heures. "Nous proposons par exemple une immersion professionnelle sur une semaine : les jeunes passent une journée dans différentes entreprises du secteur pour découvrir de nouveaux métiers", détaille Mélissa Estrade.

A la mission locale Centre Hérault, sur les 4.000 jeunes accompagnés chaque année, 585 sont entrés en CEJ. "Le ciblage vise les jeunes moins autonomes", explique la directrice Karine Astié. Pour assurer les 15 à 20 heures d’activité, la mission locale s’appuie sur des partenaires dans différents domaines (théâtre, nutrition, santé, etc.) et travaille avec les entreprises du secteur, qui connaît un fort taux de chômage.

Accompagner les jeunes en rupture

Certains jeunes accompagnés en mission locale sont en situation de rupture, avec des problématiques sociales. Pour cela, un dispositif spécifique, le CEJ "Jeunes en rupture" a été engagé. Il est porté à la fois par la mission locale et par des associations spécialisées, afin d’assurer un double accompagnement auprès des jeunes ciblés.

Des parcours adaptés selon les territoires

La mise en œuvre des CEJ varie selon les missions locales, comme l’explique Karine Bugeja, directrice générale de Lille Avenirs, l’association qui pilote la mission locale, la maison de l’emploi et le Plie de Lille (59). "Nous sommes dans un secteur très bien doté, que ce soit au niveau éducatif, culturel ou associatif", remarque-t-elle. Cela facilite la mise en place des heures d’activité, qui peuvent être plus compliquées à assurer en milieu rural.

La mission locale a créé différents types de parcours CEJ autour de l’entrepreneuriat, de la culture ou du sport "pour répondre aux appétences de chacun et les garder motivés sur la durée".

Parmi les 15h d’activité, certaines sont réalisées en autonomie puis validées, ou non, par le conseiller CEJ qui suit le jeune. "L’un en a par exemple profité pour passer son permis, qui était indispensable dans sa recherche d’emploi".

Aller au bout des heures d'activité

Parmi les 5.900 jeunes suivis par Lille Avenirs, 1.760 sont en CEJ dont 160 CEJ jeunes en rupture. Le public accompagné est en difficulté, avec un fort taux de pauvreté : 10% sont à la rue ou en hébergement d’urgence. "Le CEJ permet de les sécuriser financièrement, mais on doit s’assurer que l’allocation n’est pas l’unique motivation".

Car tenir les 15 à 20h d’activité peut être difficile pour certains profils éloignés de l'emploi. En sortie de dispositif, "la situation est meilleure qu’en fin de garantie jeunes -le dispositif précédent, qui a pris fin en mars 2022 - car le fait que l’on puisse adapter le programme est très favorable", juge Karine Bugeja.

Parfois, surtout pour les jeunes les plus en difficulté, 6 voire 12 mois ne suffisent pas à retrouver une activité. "Mais déjà, permettre à un jeune d’avoir la capacité d’aller voir un employeur, c’est très positif", souligne Karine Astié.

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