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Cabinet d'audit : les clés d'une candidature réussie

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Les clés pour postuler dans les cabinets d'audit. // © Phovoir // © Phovoir
Les clés pour postuler dans les cabinets d'audit. // © Phovoir // © Phovoir

Malgré la crise, les cabinets d'audit continuent à embaucher en nombre. Mais le secteur est exigeant sur les profils et les processus de recrutement peuvent être longs et éprouvants. Nos conseils pour postuler.

Porteur, le secteur de l'audit offre de belles opportunités pour les jeunes diplômés. Mais n'est pas auditeur qui veut, même avec un bac+5 en poche. L'appétence pour les chiffres et la maîtrise parfaite des tableaux Excel ne suffisent plus. L'image de l'auditeur en costume sombre et à la chemise amidonnée est bel et bien révolue.

"Aujourd'hui, les capacités à communiquer et à créer des liens sont des qualités indispensables pour tisser des relations de confiance avec les clients. Sans compter que le futur auditeur, qui passera d'une entreprise à l'autre, doit avoir une âme d'aventurier", décrypte Sylvie Bernard-Curie, associée, directrice des ressources humaines chez KPMG France.

"Ce qui suppose aussi de la curiosité, beaucoup de courage, mais également de l'engagement", insiste Jean-Marc Mickeler, associé responsable de la marque employeur chez Deloitte. Traduisez : des journées longues, voire très longues.

Profils : plus variées, mais élitistes...

Bien que les diplômés d'école de commerce restent majoritaires, les profils recrutés se diversifient. Les jeunes ingénieurs sont de plus en plus plébiscités au point que les cabinets d'audit se déplacent même au sein des établissements pour faire connaître leurs métiers. "Ils sont rapidement opérationnels et savent appréhender les aspects techniques de la gestion de projet", explique Jean-Marc Mickeler.

Les diplômés issus de formations universitaires ont également la cote. "En tête les masters finance ou CCA (comptabilité, contrôle, audit) de Dauphine, de la Sorbonne ou de Paris-Sud. Mais le master finance et stratégie de Sciences po est également apprécié", développe Isabelle Grevez, directrice du recrutement chez PwC. Chez KPMG, les universitaires représentent 30 % des embauches. "Finalement ce qui est essentiel, c'est que les candidats aient une véritable ouverture sur les métiers de la finance et sur les relations humaines", résume Sylvie Bernard-Curie.

CV : sobre et factuel

De l'avis général des "Big Four" [les 4 grands cabinets d'audit : KPMG, Deloitte, EY (ex-Ernst & Young) et PwC (ex-PricewaterhouseCooper)]. Il est idéal de postuler l'année de son diplôme. Dès janvier, pour une entrée en fonction à partir de septembre ou de novembre. "Nous recevons tous les ans une montagne de CV, et c'est sur la cohérence du parcours que la première sélection s'effectue", avertit Thierry Denjean, fondateur du cabinet Denjean & Associés. Il est important que la formation et les expériences aient un lien avec les métiers de l'audit et de la finance. En d'autres termes, la carrière se prépare tout au long de ses études. Oubliez les stages de deuxième ou troisième année dans le marketing ou la communication si vous voulez débuter dans l'audit.

Sur la forme du CV, Isabelle Grevez est terre à terre : "Le CV doit être, sobre et élégant. En deux mots : concret et factuel." Même son de cloche chez KPMG : "Le CV doit être bien structuré pour faire valoir le sérieux du parcours. D'abord, la formation, puis les expériences (comprenez les stages et les jobs) et enfin, si possible, les activités diverses, vie associative ou sportive." Petite astuce : pour mettre en valeur les stages et les jobs d'été, utilisez le corps gras plutôt que le surlignage. Enfin, cela va de soit, "aucune faute d'orthographe n'est tolérée", ajoute Sylvie Bernard-Curie.
Ces conseils valent aussi pour la recherche d'un stage, qui reste la voie royale pour intégrer un cabinet d'audit. Chez KPMG, comme chez PwC, les stages durent trois mois au minimum et à plus de 50 % ils aboutissent à une embauche.

Lettre de motivation : personnalisée et synthétique

Quant à la lettre de motivation, elle est fondamentale par sa force de conviction. "Il est impératif de la personnaliser, rien de pire qu'une lettre type copiée-collée. Ensuite, elle doit être courte et synthétique, afin de traduire les qualités de rigueur indispensables. Elle doit aussi refléter la motivation du candidat", assure Arnaud Franquinet, explique Arnaud Franquinet, directeur du développement chez Grant Thornton.

Comment ? "Il est essentiel que le candidat prouve qu'il a recueilli des informations sur le cabinet (via le site Internet) et qu'il expose ses compétences qu'il pourrait mettre au service de l'entreprise. Et non l'inverse !", répond Sylvie Bernard-Curie.

Entretiens : deux minimum

Épreuves du CV et de la lettre de candidature surmontées, viennent ensuite les entretiens. Au minimum deux dans les "Big Four", avec éventuellement un test de personnalité et/ou d'anglais. Chez KPMG, le premier entretien est un tour d'horizon très complet sur la motivation et le parcours du candidat. Il est suivi par un bilan comportemental : il est donc important d'être concret, précis, ouvert et prêt à se présenter de façon structurée. En une minute ! Essayez...

Les deux entretiens suivants sont assurés par des professionnels formés aux techniques du recrutement. Il s'agit d'échanger sur l'entreprise et sur le métier. Alors n'hésitez à poser des questions. Les recruteurs n'attendent pas de vous que vous connaissiez le métier, en revanche, ils seront sensibles à vos interrogations sur les contours du poste et sur ce que l'on attend de vous. Ces entretiens permettent de faire connaissance. Engagez la conversation sur vos centres d'intérêt et n'oubliez pas de rebondir sur les compétences recherchées en mettant en valeur vos qualités intrinsèques, en citant vos expériences personnelles par exemple.

De l'aveu de tous les recruteurs, un entretien réussi est un entretien spontané. Alors pas question de jouer un rôle. "En théorie, un entretien est une rencontre entre une entreprise et ses valeurs et un candidat. En pratique, c'est une rencontre entre deux individus. Un lien doit se tisser pour que le candidat rassure et inspire confiance", souligne Jean-Marc Mickeler.

C'est pourquoi un minimum de préparation reste indispensable. Si on vous demande "Quelles sont vos compétences que vous pourriez mettre au service de notre entreprise ?", il vous sera impossible de répondre si vous n'avez pas accumulé des informations suffisantes sur l'entreprise, sur le métier et, plus précisément, sur le poste à pourvoir. Pour en savoir plus, rendez-vous sur les sites des cabinets, ils sont riches en informations et en conseils.