Deux ans après le début de la pandémie, la précarité étudiante reste d'actualité

Par Jade Dupuy, publié le 17 Mars 2022
4 min

#SPME2022. La pandémie a contraint le gouvernement à instaurer des aides à destination des jeunes. Des dispositifs néanmoins jugés insuffisants par les étudiants dans le besoin.

"Deux ans après le début de la pandémie, je galère toujours", se désole Thibaut, étudiant en sciences politiques, et qui connaît toujours la précarité. Après la mobilisation des étudiants, il y a un peu plus d’un an autour du mouvement "Etudiants fantômes", des dispositifs d’aides ont été mis en place pour les soutenir : les repas à un euro du Crous au mois de janvier 2021, les primes Covid de 150 euros pour les étudiants boursiers en décembre 2021 ou encore les "chèques psy" en février l’an passé.

Cassandra, responsable communication de l’association explique : "Au moment du 'buzz' de notre mouvement, nous nous sommes fait entendre grâce à notre visibilité très importante sur Twitter. Les décideurs politiques n’ont pas eu le choix que de nous écouter !"

Malheureusement, aujourd’hui, un délaissement se fait sentir. "J’ai l’impression qu’ils se sont servis des aides apportées pour endormir nos revendications", se désole la jeune femme.

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Une béquille alimentaire

Face à des dispositifs jugés "insuffisants" par Thibaut, beaucoup d’organisations et d’associations d’aides alimentaires se sont développées ces deux dernières années : épiceries solidaires, opérations de distribution de denrées alimentaires. Depuis plusieurs mois, l'association Linkee organise des distributions pour venir en aide aux étudiants précaires. "Je viens depuis plusieurs mois et je n’ai pas l’impression que les files d’attentes se sont raccourcies", constate Laurie, étudiante en deuxième année de licence à la Sorbonne.

À côté d’elle dans la queue, Thibaut explique avoir perdu son emploi étudiant pendant le deuxième confinement. "Ma propriétaire m’a avancé mon loyer pour que je puisse manger. Aujourd’hui, je dois lui rembourser. Linkee me soulage d’un poids financier." Depuis un an, l'association a pu aider 15.000 étudiants en Île-de-France.

Un soutien psychologique nécessaire

À la détresse économique s’est ajoutée la détresse psychologique des jeunes. C’est pourquoi le gouvernement a mis en place le "chèque psy" en février 2021. Il propose un suivi et un accompagnement gratuits auprès d’un psychiatre ou d’un psychologue pendant cette période difficile. Cette année, environ 20.500 étudiants ont été accompagnés partout en France par 1.200 professionnels adhérents au dispositif.

"J’ai reçu autant d’étudiants depuis trois jours, que le mois dernier. Le Crous a renvoyé un message aux étudiants de Lyon pour leur rappeler leur droit à ces chèques psy", détaille Katia Zakharia. Cette psychologue, participante au "chèque psy" à Lyon (69) constate un manque de communication auprès des potentiels bénéficiaires.

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Un dispositif mal connu par les professionnels

Cassandra, porte-parole des "Etudiants fantômes" pointe aussi un défaut d'information dans le corps médical. "Certains étudiants sont vraiment contents du dispositif mais beaucoup nous disent que les médecins généralistes ne sont pas au courant de son fonctionnement." Or, c’est par eux que les étudiants doivent passer pour bénéficier du chèque. Le dispositif s’arrêtera le 31 août 2022. Lucile, étudiante en psychologie à Paris, juge cela bien trop court pour que le dispositif soit efficace. Même si des dispositions ont été prises pour aider les étudiants, le mouvement des "Etudiants Fantômes" maintient qu’il reste "beaucoup à faire".

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