Imane Ouelhadj prend la tête du syndicat étudiant UNEF

Par Amélie Petitdemange, publié le 04 Mars 2022
4 min

L'étudiante en sciences politiques se mobilise pour l’accès à tous à l’enseignement supérieur, une augmentation du budget de l’enseignement supérieur et entend poursuivre la lutte contre la précarité.

"Je clôture avec émotion un mandat de quatre ans fort en batailles syndicales", a déclaré la présidente du syndicat étudiant UNEF, Mélanie Luce, en annonçant sa démission lors d’une conférence de presse, mardi 1er mars. Elle souhaite se consacrer à ses projets personnels et à la préparation du concours CRFPA pour être avocate, couramment appelé le "barreau".

Seule candidate en lice, Imane Ouelhadj, étudiante en sciences politiques à l’université de Nanterre (92), a été élue présidente ce vendredi 4 mars. La jeune femme de 23 ans avait rejoint l’UNEF en 2018 dans son université, avant d’intégrer le bureau national en 2020. Après avoir milité contre la précarité des étudiants, pour une réforme des bourses, ainsi que pour l’élargissement du repas universitaire à un euro et la réouverture des universités pendant la crise sanitaire, Imane Ouelhadj a occupé le poste de vice-présidente en charge des questions sociales.

"Le début de mon mandat s’inscrit dans des perspectives de mobilisations importantes pour les droits des étudiants. Nous sommes à l’approche d’une élection présidentielle qui rebat les cartes et, malheureusement, les programmes des candidats s’inscrivent dans la continuité d’une casse de nos droits", a affirmé la jeune femme.

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Les trois priorités de la nouvelle présidente de l'UNEF

L’étudiante a ensuite dressé les trois priorités de son mandat. Elle se saisira tout d’abord de l’accès pour tous à l’enseignement supérieur. "Étudier, c’est déjà galérer", a-t-elle lancé, fustigeant la sortie d’Emmanuel Macron sur les frais d’inscription à l’université et le plan "Bienvenue en France" qui prévoit d’augmenter les frais pour les étudiants à l’étranger. "Étudier est un droit fondamental, tout le monde doit y avoir accès. Il y a déjà une sélection sociale. Plus on augmentera les frais, plus elle sera renforcée."

L’UNEF milite par ailleurs pour une augmentation du budget alloué à l’enseignement supérieur et à la recherche. "Il faut urgemment débloquer des fonds pour créer des places supplémentaires en licence et en master", plaide Imane Ouelhadj, qui souhaite l’ouverture de 130.000 places dès la rentrée 2022. Elle espère ainsi enrayer le problème des jeunes sans affectation sur Parcoursup ou sans master à l’issue de leur licence.

Enfin, son troisième cheval de bataille sera la lutte contre la précarité. La nouvelle présidente de l’UNEF "tire la sonnette d’alarme" et interpelle les candidats à la présidentielle sur cette question. "Cela devra être une priorité du prochain gouvernement à la rentrée", a-t-elle martelé. L’UNEF défend notamment une allocation d’autonomie pour "permettre aux étudiants de vivre décemment, et non de faire la queue des heures dans des distributions alimentaires".

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Lancer le chantier de la réforme des bourses sur critères sociaux

En attendant la mise en place de cette aide, elle demande la réforme du système de bourse pour qu’il ne repose plus uniquement sur les revenus des parents. "C’est infantilisant et problématique car cela plonge des étudiants dans une précarité extrême", explique la nouvelle présidente.

Elle rappelle par ailleurs que l’échelon maximum de bourse (573 euros par mois) est moitié moins élevé que le seuil de pauvreté en France. L’UNEF demande ainsi 100.000 boursiers supplémentaires et une augmentation de 100 euros par mois et par échelon.

La feuille de route de la nouvelle présidente sera débattue lors du 87e congrès de l’UNEF, du 31 mars au 2 avril.

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