#BalanceTonStage, ces trois étudiants qui luttent contre le sexisme en entreprise

Par Gabriel Joly, publié le 23 Septembre 2020
4 min

VOUS FAITES L'ACTU. Début septembre, Agathe, Camille et Simon ont publié un guide intitulé "Petit manuel du sexisme en entreprise et comment le combattre ?". Ces étudiants en 3e année à emlyon sont à l’initiative du mouvement #BalanceTonStage pour dénoncer et sensibiliser contre le sexisme à l’encontre des stagiaires.

Agathe, Camille et Simon sont partis d’un constat : les stagiaires, souvent étudiants, peuvent facilement être victimes de sexisme car ils sont plus jeunes, présents dans l’entreprise pour une courte durée et donc "inférieurs" dans une relation de pouvoir. Cela les pousse à ne pas réagir, parfois de peur de mettre en péril leur carrière.

Une réaction à une expérience vécue

L’initiative #BalanceTonStage part d’une expérience personnelle des deux étudiantes, en stage dans une entreprise aux États-Unis. Déjà victimes de remarques dissimulées par leur manager, Camille et Agathe sont entrées en conflit avec lui lorsque la situation s’est aggravée.

"Je voulais tourner ma colère en quelque chose de positif", explique Camille qui a lancé l’initiative avec Agathe, puis Simon, qui s’est joint au groupe à leur retour à Lyon. "C’était important d’avoir le point de vue d’un homme pour avancer".

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Une initiative "locale" qui a pris de l’ampleur

Au début, la seule ambition des trois étudiants était de "créer une bulle de confiance pour libérer la parole". À partir d’entretiens réalisés dans leur école, ils ont publié des témoignages anonymes de stagiaires sur Instagram.

Infographie Balancetonstage

Ensuite, Agathe, Camille et Simon ont commencé à élaborer le "Petit manuel du sexisme en entreprise", un guide à destination des témoins et victimes de sexisme en entreprise au sein d’emlyon.

Mais finalement, à la publication du manuel en ligne, le mouvement a pris de l’ampleur au-delà de l’école. "On est dans un contexte sociétal propice pour aborder le sujet du sexisme, mais on ne pensait pas que ça prendrait autant", reconnaît Agathe en référence au mouvement #MeToo.

Toutefois, #BalanceTonStage n’a pas exactement la même vocation selon les deux étudiantes. "Le #BalanceTon est facilement identifiable mais au-delà de la dénonciation, on a aussi la volonté de sensibiliser et de répondre à cet enjeu".

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Les prochaines étapes de #BalanceTonStage

Cette différence se ressent dans les nouvelles intentions des trois étudiants. Ils souhaitent développer des formations pour avertir les étudiants de première année et les entreprises sur l’existence de ces comportements sexistes.

Agathe, Camille et Simon considèrent également que c’est à l’école de s’investir dans la gestion de ces cas car les stages font partie intégrante du cursus. À ce sujet, emlyon est plutôt réceptive : un référent sexisme doit être nommé. "La popularité du projet nous aide, car on en tire une légitimité pour faire agir l’administration", estime Camille.

Ils espèrent que d’autres écoles pourront mettre en place un manuel similaire avec des témoignages de leurs propres étudiants.

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